Monsieur Henri précise qu'il est, ainsi que son épouse, très soigneux pour son jardin, maniaque même.C'est pourquoi, après que les Gendarmes eurent prélevé les échantillons sur les plants d'amarante, il préféra retirer les fleurs du massif.
"Toutes les plantes que j'ai retirées sont des plantes d'automne qui étaient vertes, qui n'avaient plus leur cycle pour la décoration...". Monsieur Henri apporte quelques éléments supplémentaires sur le pied d'amarante desséché :"Aucun des pieds n'était pourri, on aurait pu dire que celui de la plante, non, c'était un pied comme les autres, vivant en terre, il était complètement déshydraté au niveau de l'air, l'aérien était déshydraté, mais au niveau, le pied, les racines, étaient comme les autres...".
VI - ANALYSE DU DISCOURS ET DU COMPORTEMENT DU TEMOIN - VI.1 - INTRODUCTION -En complément à l'analyse des données à caractère physique et des éléments descriptifs recueillis lors de cette enquête, nous proposons ici une analyse du discours et du comportement du témoin, d'un point de vue psychologique.
Cette étude est orientée par le souci de déterminer la part plus ou moins importante de la subjectivité du témoin dans le contenu de son témoignage d'observation.
En regard des premières informations obtenues par le GEPAN, avant le début de l'enquête, divers éléments paraissaient déjà de nature à susciter des questions quant à cette part de subjectivité :
L'observation très rapprochée, a duré longtemps, avec un unique témoin, dans un site pourtant très urbanisé.
Le témoin dit souhaiter une grande discrétion quant à son témoignage, mais a cependant été, de lui-même, en parler à la Gendarmerie, en acceptant la rédaction du P.V.
C'est pourquoi les données supplémentaires obtenues pendant l'enquête, concernant le vécu de l'observation rapportée, ainsi que la position du témoin par rapport à cette expérience d'observation, ont particulièrement retenu notre attention.
Sur ce point, l'enquête s'est déroulée en deux étapes :l'entretien enregistré sur place avec le témoin, et peu après, l'envoi d'un questionnaire complémentaire, afin d'obtenir d'autres informations sur le cadre de référence de Monsieur Henri et de son épouse, celle-ci étant absente le jour de l'enquête. Avant de passer à l'analyse du discours, précisons que les principales données liées à cette étude sont présentées plus loin, dans la partie VI.A.
VI.2 - PRÉSENTATION DU TÉMOIN -- Age : 30 ans.
- Profession : Chercheur en biologie cellulaire.
- Situation de famille : Marié.
- Maladie :
Monsieur Henri ne signale avoir été victime d'aucune maladie grave.
Il ne prend habituellement aucun médicament ni somnifère.
- Croyance religieuse : Catholique pratiquant.
- Intérêt pour le "phénomène OVNI",
la science-fiction :Monsieur Henri dit ne pas être "Polarisé" par cette question, qu'il laisse "aux spécialistes".
Il fait seulement référence aux informations apportées par les média et dit ne pas posséder d'ouvrages dans ce domaine, ni dans celui de la science-fiction.
Il se décrit plutôt comme "le petit naturaliste de l'ancien temps" qui aime collectionner les papillons et jardiner.
Cette description de lui-même se complétera par le fait que cette personne est très sensible à l'ordre et à la propreté.
Nous avons pu le constater en nous rendant chez lui : sa maison, son jardin, son atelier, ne laissaient pas l'impression du désordre. Tout était soigneusement rangé, Monsieur Henri nous indiquant que sa femme partageait ce souci, notamment pour le jardin.
VI.3 - ANALYSE DU DISCOURS -- Cohérence inter/intra témoignage(s) -
La comparaison entre le texte du P.V., les différentes versions du témoignage fournies à la Gendarmerie et au GEPAN, ne fait pas apparaître de contradiction ou de "vide" important dans les différents récits de l'observation.
En outre, la reconstitution des déplacements supposés du témoin pendant son observation a montré une bonne cohérence d'ensemble (cf. V.4).
Pour ce qui est du témoignage fourni au GEPAN par le témoin, on n'a pas relevé de contradiction manifeste dans le discours.
- Attentes -D'après les données recueillies, nous savons que le témoin n'est pas particulièrement intéressé par le "phénomène OVNI", ni par les thèmes de science-fiction.
De plus, son épouse ayant la même attitude que lui dans ce domaine, Monsieur Henri ne risque pas d'avoir subi une influence susceptible de conditionner de quelque façon l'observation dont il témoigne.
- Attitude du témoin pendant l'enquête - Signalons que le témoin a coopéré avec la Gendarmerie.
Concernant l'enquête GEPAN, Monsieur Henri est tout d'abord exact à notre rendez-vous.
Il exprime sa satisfaction sur la réalisation de l'enquête, son étonnement quant à la rapidité d'intervention, et tient à coopérer au maximum avec nous ( un service rendu "entre scientifiques" ).
Le témoin libérera davantage de temps que prévu, par rapport aux horaires contraignants de son activité professionnelle, pour participer sur place à l'enquête.
Il répondra aisément à nos questions, et se montre légèrement culpabilisé de ne pouvoir nous accorder plus de temps, à cause de son travail et des obligations familiales liées au week-end suivant de la Toussaint.
Enfin, Monsieur Henri répondra plus tard avec soin au questionnaire complémentaire.
- Mode d'investissement, par le témoin, de l'observation rapportée -On entend par mode d'investissement, la façon dont le témoin se positionne par rapport à son expérience du 21 octobre ( à quel registre, fantasmatique ou descriptif, accorde-t-il consciemment ou non la plus grande part ? Quel sens donne-t-il à son expérience, quel type d'exploitation en fait-il ?... ).
- Prédominance du registre descriptif - La lecture du P.V. de Gendarmerie et l'écoute du discours de Monsieur Henri rendent perceptible une nette mise en valeur du registre descriptif, pour l'ensemble du discours tant sur un plan quantitatif que qualitatif.
En effet, la place accordée à la description très précise de la trajectoire, de la position et surtout de l'aspect du Phénomène Aérospatial Non-identifié si elle constitue l'essentiel du contenu du P.V., à l'exclusion d'informations sur les réactions et l'interprétation possible du témoin est presque autant présente dans le discours de Monsieur Henri au GEPAN.
Le désir d'exactitude conduit le témoin à employer un vocabulaire étendu pour qualifier l'aspect du phénomène, par exemple ( cf. "surfacé, lissiel" ) et l'aide à détailler ses propres déplacements pendant l'observation.
De même, Monsieur Henri peut donner une durée très précise à son expérience du 21 octobre.
Nous tenterons plus bas de donner un sens à l'insistance de ce registre dans le discours.
Par contre, le registre fantasmatique est moins apparent, ce qui se révèle par une certaine difficulté du témoin à prendre seul, à son compte son observation. Nous évoquons ici le déplacement du "je" au "on, vous" et aux tournures impersonnelles, repérables dans certains fragments du discours.
( cf. "vous vous demandiez vraiment ce que c'était... une foule de choses qui vous apparaissent en tête... le petit truc qui arrive dans votre jardin... on avait l'impression, on voit ceci, on pense plein de choses... ça faisait l'impression... il est à dire qu'après ce furent un mélange d'étonnement..." ).
Ce déplacement peut s'interpréter par la situation de parole du témoin vis-à-vis des enquêteurs ( où il peut désirer se démarquer de l'insécurité liée à un récit trop inhabituel ).
D'autre part, observons que le versant interprétatif et imaginaire n'est pas développé par le témoin du moins si l'on s'en tient au discours recueilli.
- Le registre interprétatif -Notons que l'activité du témoin avant l'observation ne suppose pas l'attente, chez lui, d'une expérience inhabituelle le concernant ( "activité normale calme du jardinage" ).
A partir du début de son observation Monsieur Henri va progressivement interpréter le phénomène en s'en tenant tout d'abord à des significations les plus réalistes possibles :
un "avion", un bolide quelconque proche d'une météorite ( "quelque chose qui allait vraiment tomber dans la terre" ), puis, en éliminant les objets connus ( ballon-sonde ), il l'interprète ensuite comme un engin militaire, et enfin, comme "une soucoupe volante".
C'est sa perception qui modifie l'interprétation, donc ses sentiments, et non un jugement à priori sur le phénomène, en terme d' "OVNI" :l'écart entre l'idée qu'il se fait d'un engin militaire et ce qu'il voit lui fait abandonner cette hypothèse ( "pas de cônes sensibles, de tiges... tout le secteur soucoupe volante, oui, il y a une soucoupe volante, ou un truc bizarre dans mon jardin" ).
L'évolution de ses affects de la peur panique à la prépondérance du désir d'observation, pourrait s'expliquer à la fois par "l'impression de neutralité absolue", qu'on peut entendre dans son sens physique et psychologique ( neutre = inoffensif )* et par son activité professionnelle de chercheur ( observer ce qui est nouveau et qui fascine ( cf. "un bel objet" ) ) et ce qui l'y a conduit, du point de vue de sa propre structure psychique ( en schématisant : désir de voir de près pour comprendre ).
* A rapprocher de "mers pacifiques" ( cf. VI-5 ).
Si le mythe "OVNI/extra-terrestre" est présent dans l'interprétation finale qui persiste ( cf. les associations de pensées au moment de l'enquête par questionnaire : "humains d'autres galaxies..." ), il semble seulement dériver des informations apportées par les média, en ne renvoyant qu'à un imaginaire social contemporain, peu investi par Monsieur Henri :
il dit ne pas s'intéresser au phénomène, ne pas avoir d'ouvrages sur la question, et ne développe pas ces thèmes.
De plus, on notera la persistance d'une capacité d'interrogation par rapport au sens qu'il donne ensuite à l'objet de son observation :
"il faut remettre les choses à leur plus simple, plus juste valeur...J'en sais rien, je me pose des problèmes...pourquoi ici, pourquoi pas là ?..."et la tentative de Monsieur Henri pour élucider ces questions ( cf. quelques analyses de plants d'amarante à son propre laboratoire -- cf. VII )
Enfin, la place réduite de l'expression des fantasmes au moment de l'observation ( "l'impression..." "de quelque chose qui allait sortir de là-dedans... quelque chose qui n'était pas vivant mais..." ) puis quasiment nulle par la suite, * tend à prouver que le discours de Monsieur Henri est davantage soumis au principe de réalité qu'à la recherche d'un bénéfice imaginaire de son expérience.
- Mode d'exploitation de l'expérience d'observation - L'écoute des données fait apparaître, dans le désir de discrétion plusieurs fois répété par le témoin ( "j'ai pas besoin de publicité... je ne pense pas en parler à d'autres personnes... ), une capacité à contenir les effets d'une expérience d'étrangeté, que celle-ci ait eu ou non un support dépendant d'une réalité "objective".
A l'inverse d'un discours de type mythomaniaque ou psychotique, on ne constate pas la nécessité absolue de parler d'un vécu extraordinaire porteur d'une valorisation sociale ( cf. les paroles du témoin "c'est arrivé comme ça, c'est reparti autrement... Je n'aimante pas ce phénomène..." ), ou susceptible d'être un prétexte pour développer des sentiments de persécution.
Rappelons que l'expérience rapportée par Monsieur Henri n'a pas produit, selon lui, de transformations profondes dans sa conception de la vie ni dans son mode de vie. Le fait qu'il ne désire pas que sa relation à l'autre ( parents, collègues et amis ) en soit modifiée** conduit le témoin à n'en parler qu'à son épouse et aux "spécialistes" ( Gendarmes et enquêteurs du GEPAN ), ce qui révélerait la présence d'une capacité critique quant aux effets négatifs possibles de son propre discours.
Or, nous savons que ceci est loin d'être la caractéristique essentielle du discours pathologique.
* Rappelons, toutefois, ce que les Gendarmes nous ont signalé à la fin de l'enquête juste avant notre départ de la Brigade : après avoir déposé, Monsieur Henri leur avait confié que, vers la fin de son observation, "il avait dit bonjour en plusieurs langues" à l'adresse du phénomène.
** L'explication du témoin "pour ne pas les ( famille et amis ) inquiéter, ni modifier quoi que ce soit chez les autres" semble sous-entendre une projection chez l'autre d'une préoccupation propre au témoin.
- Place de la preuve dans le discours - De lui-même le témoin parle très peu des éléments pouvant donner davantage de crédit à son témoignage, comme s'il estimait que sa parole suffisait ( "je n'ai pas besoin de donner une preuve..." ), et, fait intéressant, parle très peu, de lui-même, de la présence de la trace sur les plants d'amarante.
Remarquons également qu'il était suffisamment sûr de son expérience d'observation pour accepter d'en parler à la Gendarmerie, sur le conseil de son épouse, alors qu'il ne sait pas encore qu'il y a des traces dans son jardin, puisque, selon lui, il ne les découvre que le soir, à son retour de la Gendarmerie.
D'autre part, si une dénégation s'exprime à propos du problème posé par l'absence de photo à produire ( "j'ai raté ( la photo ), le problème est pas là" ), et si Monsieur Henri regrette, après-coup, d'être le seul témoin ( "ce qui m'embête, c'est que je suis seul à l'avoir vu" )*, il semble que le désir d'accréditer son récit passe par l'insistance dans la précision du témoignage ( cf. la description du phénomène et des déplacements de Monsieur Henri et les croquis qu'il réalise ).
C'est dans cette optique que pourrait prendre sens l'insistance avec laquelle le témoin parle de la durée de l'observation.
Ainsi, le fait de dire qu'il a pensé à regarder sa montre au début et à la fin de son observation ( peut-être en effet un réflexe de chercheur ), pourrait signifier l'assimilation inconsciente de son témoignage au compte-rendu d'une observation expérimentale où la part de subjectivité est, sinon écartée, du moins contrôlée.
* Ceci peut s'expliquer par la panique ressentie au début de l'observation par le fait que Monsieur Henri Pesse que ses voisins sont absents à cette heure là et par la prédominance du désir d'observation.
Enfin, soulignons que la certitude éprouvée par le témoin quant à la réalité de son expérience d'observation ( "c'est un fait réel, je l'ai vu" ) ne va pas jusqu'à une attitude de refus devant les doutes exprimés, au début, par les Gendarmes.
VI.4 - SOURCES D'INFORMATIONS -Entretien enregistré avec le témoin.
Réponses au questionnaire complémentaire.
Procès-Verbal de la Gendarmerie ( voir en II ) et entretien à la Brigade.
VI.5 - EXTRAITS DES DISCOURS RECUEILLIS -- LE DISCOURS DU TÉMOIN -
- AVANT L'OBSERVATION -
"Activité normale, calme, du jardinage et préparation de l'extérieur de la maison avant l'hiver, ceci avant l'apparition de l"'engin"." "J'étais en train de préparer des vasques pour les nettoyer... après avoir regardé par terre, j'ai regardé le ciel".- PENDANT L'OBSERVATION -
"(j'ai vu) ... comme un avion... et puis, de plus en plus cet appareil venait vers le jardin... j'avais l'impression que ça allait tomber de, de l'autre côté du toit de la maison..., c'est descendu au-dessus de l'herbe... j'étais complètement, heu, je peux pas vous dire, c'est une panique..., une trouille, j'ai eu un truc... je me suis reculé... et j'ai cru que c'était quelque chose qui allait vraiment tomber dans la terre... ça tremble, je vous assure, c'est de la peur, vous vous demandiez vraiment ce que c'était... Il y a une foule de choses qui vous apparaissent en tête... un truc de guerre, une bombe... c'est pas un ballon-sonde. Quand l'appareil était déjà là, j'avais regardé ma montre... l'appareil est resté, il n'a pas bougé du tout... j'ai regardé l'appareil... je suis revenu jusqu'au milieu du jardin... Pas de cônes sensibles, de tiges d'antennes, ça représentait pas l'imagerie qu'un petit coin du cerveau Possède... Tout le secteur soucoupe volante, il y a une soucoupe volante ou un truc bizarre dans mon jardin... j'ai raté (la photo), le problème est pas là... je suis arrivé à 40 ou 50 cm de l'objet ... tout à fait stable, il ne se passait rien, c'est l'objet inerte, de neutralité absolue qui était dans l'air... ni chaud ni froid... je me suis même accroupi... je l'ai pas touché mais c'est tout ça, ça fait partie d'une crainte humaine toute simple... il y avait l'humain, ça, la solitude... J'avais la langue au fond de la bouche parce que ça, on est, c'est l'imprévu... c'est pas le fait divers de tous les jours, c'est pas le petit truc qui arrive dans votre jardin comme un ballon de football ; et puis moi j'ai observé toujours ça... (la partie supérieure) ça faisait l'impression qu'il y avait une espèce de masse jolie, bleue verdâtre, couleur des mers pacifiques ... on avait l'impression qu'il y avait quelque chose qui allait sortir de là-dedans, c'est tout, et j'ai l'impression que c'était quelque chose qui était pas vivant mais... c'est pour moi avoir été dedans. Je sais très bien ce que j'ai vu, ce que j'ai ressenti... un bel objet, quelque chose de joli...".- APRES L'OBSERVATION -
"J'y ai passé l'après-midi, bon, l'après-midi ça a tourné. Ca tourne tout seul dans son petit coin, on voit ceci, on pense plein de choses... il est à dire qu'après ce fût un mélange d'étonnement, de stupéfaction et d'interrogation surtout. Un léger stress et surtout mon cœur battait fort du fait de tous ces évènements. Hormis ceci, je n'ai rien ressenti d'autre... pendant 3 jours des tracasseries par rapport au sommeil... Ni l'auditif ni le derme ni les sphincters, non, du point de vue biologique rien n'a bougé". - INTERPRETATION A POSTERIORI -
- 2 Remarques :Cette expérience ne rappelle à Monsieur Henri aucun évènement particulier selon lui.
Dans le P.V. de Gendarmerie, l'interprétation du phénomène par le témoin se réduit - via l'intervention éventuelle du vocabulaire des Gendarmes - à l'emploi du mot "engin".
"Il faut remettre les choses à leur plus, plus simple, à leur plus juste valeur. C'est arrivé comme ça, c'est reparti autrement... je me rends devant une réalité qui est naturelle, heu, semi-naturelle ou pas, pas naturelle du tout ; moi, je suis un humain, un quidam de tous les jours là-dedans, heu, j'en sais rien... je me pose des problèmes.. Pourquoi ici qui est le plus petit (jardin)? pourquoi ici , pourquoi pas là ?... pourquoi pas la campagne ?... Pourquoi dans l'air ?...est-ce qu'il y en a plusieurs en France, j'en sais rien, est-ce que on, on vous en a parlé ?... Je n'aimante pas ce phénomène ni ces problèmes... on peut tout imaginer, je vous assure que j'en sais rien... si vous voulez, pour moi ni pour les autres, j'ai pas besoin de donner une preuve pour... en tant que, entité humaine, je, ça, c'est une certitude à vie. Bon, les autres, je sais pas ce qu'ils pensent, mais moi, je, je, c'est un fait réel, je l'ai vu ......ce qui m'embête (répété plusieurs fois), c'est que je suis seul à l'avoir vu... seul à porter une espèce de tribut... je pense avoir approché au maximum la réalité quant aux dimensions et aux formes" (à propos du croquis) - Par rapport aux plants d'amarante arrachés :"Ne croyez pas que c'était pour détruire... ne croyez pas que... bien après ils nous ont dit-il faut rien toucher, bien après les prélèvements dans le jardin".- A propos de la durée de l'observation : "J'ai regardé ma montre... est-ce que c'est une habitude de regarder sa montre, on s'en sert dans son travail pour voir aux caisses... ça a fait... 20 minutes, 20, c'est pas une vingtaine de minutes, c'est 20 minutes" ( répété souvent pendant l'entretien ). "Je suis affirmatif ayant regardé l'heure"(cf. P.V.).- Association de pensées à propos du phénomène : "Soucoupes volantes (OVNI) humains d'autres galaxies, d'autres civilisations". - Désir de discrétion :"J'ai pas besoin de publicité... je ne pense pas en parler à d'autres personnes, c'est-à-dire famille et amis ; pour ne pas les inquiéter, ni modifier quoi que ce soit chez les autres".- Incidences sur le vécu actuel :"Ma façon de vivre ou ma conception de la vie ne furent nullement altérées et ceci jusqu'à ce jour".- DISCOURS DE L'ÉPOUSE DU TÉMOIN -
Absente pendant l'enquête Madame Henri a accepté de répondre au questionnaire complémentaire à propos de ses réactions au récit de l'observation, de sa propre interprétation du phénomène évoqué par son mari et de son degré d'intérêt pour le phénomène OVNI en général.
( Avant de la citer, relevons une phrase de Monsieur Henri au sujet d'un commentaire de son épouse "Ma femme qui me dit en rigolant... : les puissances étrangères se sont posées dans le jardin" ).
- REACTIONS -
"Très grand étonnement, forte inquiétude pour mon époux, légère insécurité pour notre demeure".- INTERPRETATION -
"Étrange, pourquoi chez nous et non ailleurs. Quel intérêt de venir dans le jardin ?".- INTÉRÊT POUR LE PHENOMENE OVNI -
"Aucun intérêt pour les OVNI. Tout du moins très faible... C'est surtout la radio ou la télé qui nous apporte des réponses par-le biais des spécialistes".- NOTE SUR LE DISCOURS DES GENDARMES -
Nous n'avons pas relevé dans le discours des Gendarmes de termes particulièrement significatifs d'une interprétation du phénomène fortement influencée par le mythe "OVNI/extraterrestre".
S'est surtout exprimé un grand étonnement par rapport au contenu du témoignage rapporté qui a d'abord été mis en doute, puis, finalement ris au sérieux à cause d'une part, de la similarité des versions du témoignage fournies par Monsieur Henri et d'autre part, de la présence des traces sur les plants d'amarante.
Signalons que les Gendarmes disent avoir remarqué l'émotion du témoin lors de sa déposition.
VII - PRÉLÈVEMENTS D'ÉCHANTILLONS VÉGÉTAUX -Deux séries de prélèvements d'échantillons ont eu lieu sur la zone qui, selon le témoin, fut surplombée par le phénomène.
- 1ère série - Les 22 et 27 octobre 1982 par la Gendarmerie.
- 2ème série - Le 29 octobre 1982 par le GEPAN.
VII.1 - COLLECTE DE LA PREMIÈRE SÉRIE D'ÉCHAnTILLONS -Dès le lendemain de l'observation du phénomène et de la constatation par Monsieur Henri d'une anomalie sur des fleurs dans son jardin, la Gendarmerie de V3 a procédé à un recueil d'échantillons.
Les indications fournies par le témoin, ainsi que la nette apparence visuelle d'une différence d'aspect de quelques plants d'amarante ont facilité cette collecte. En effet, le haut de quelques tiges de ces fleurs était totalement desséché. Les feuilles présentaient un aspect de déshydratation prononcé, certaines étant complètement enroulées, recroquevillées sur elles-mêmes. Les queues de renard, nom commun donné habituellement aux amarantes en raison de leur couleur rousse, bordeaux, étaient devenues brunes, terre de Sienne.
De plus, la grappe de fleurs flétries était pliée sur la tige centrale ( voir planche 3 ).
Le 22 octobre 1982 dans la matinée, la Gendarmerie a prélevé la totalité du haut des tiges ( tige, feuilles, fleurs ) concernées.
Les échantillons ont été immédiatement conditionnés, c'est-à-dire placés dans des sachets plastiques étanches, fermés et scellés.
Nous avons attribué à ces échantillons la référence n°24.
D'autres plants dégradés ont parallèlement été prélevés et disposés en vrac dans des sachets plastiques mais ouverts. Nous avons conditionné ces échantillons le 29 octobre 1982 et leur avons attribué les numéros 21 et 22.
En dehors de cette zone où les échantillons furent prélevés, la Gendarmerie a procédé dans le massif de fleurs à d'autres prélèvements, en choisissant des plants apparemment non dégradés :
PLANCHE N° 3 : PHOTOS PRISES PAR LA GENDARMERIE LE 22 OCTOBRE 1982

VUE DU JARDINET SENS NORD-EST --> SUD-OUEST

FLEURS LE LONG DU MUR COTE NORD-EST - FLEURS DESSÉCHÉES

FLEUR AU FOND DU JARDINET COTE EST - FLEURS DESSÉCHÉES
- Échantillons numéros 23 et 25 prélevés le 27 octobre et mis en sachet sous scellés (voir figure 10).
- NOTA - Au cours de l'entretien Monsieur Henri nous a indiqué qu'il avait réalisé, à partir d'échantillons d'amarante prélevés par ses soins, une analyse succincte.
Pour cela il a utilisé une loupe binoculaire du Laboratoire de biologie cellulaire où il travaille habituellement.
Il s'est limité au constat suivant "les fleurs et feuilles étaient complètement desséchées, déshydratées..."Sachant que les Gendarmes prélevaient des échantillons pour une analyse auprès de laboratoires spécialisés et ne voulant pas en parler dans son entourage professionnel, il n'a pas entrepris de pousser davantage son action.
VII.2 - COLLECTE DE LA DEUXIÈME SÉRIE DE PRÉLÈVEMENTS -Le volet de l'enquête menée par le GEPAN relatif aux effets et traces physiques éventuelles, comprenait une partie de collecte d'échantillons de végétaux.
Ces échantillons ont fait l'objet de deux types de prélèvements : - Prélèvements en rapport avec les effets mécaniques constatés sur la surface du jardin engazonnée
- Prélèvements sur les massifs floraux.
- Prélèvements en rapport avec les comportements mécaniques constatés sur la surface engazonnée du jardin.
Ces prélèvements ont été réalisés le 29 octobre 1982 à 14 heures, selon la méthode suivante à partir d'un centre O selon 4 axes orthogonaux en progression géométrique de 20 cm à 160 cm, soit 15 prélèvements (voir figure 10).
- Les échantillons d'herbe sont conditionnés dans des sachets plastiques étanches numérotés.
| DISTANCE | N° DE PRÉLÈVEMENT |
| 20 cm | 2 - 6 - 10 - 13 - |
| 40 cm | 3 - 7 - 11 - 14 - |
| 80 cm | 4 - 8 - 12 - 15 - |
| 160 cm | 5 - 9 - |
TABLEAU DES DISTANCES AU CENTRE (Prélèvements n°2 à 15)
- Collecte des autres types de végétaux.
La collecte et le conditionnement sont réalisés dans les mêmes conditions :
- choix du type de prélèvement (branches, feuilles, herbe etc...)
- Prélèvement par sectionnement (ciseau, scalpel)
- Conditionnement par ensachage (sac plastique étanche, fermé, scellé).
POSITION DES PRÉLÈVEMENTS (voir figure 11)
- N° 16 -- Branche de troène argenté, arbuste le plus grand du jardin.
- N° 17 -- Branche et feuilles de pompon jaune, arbuste.
- N° 18 -- Branche feuilles et fleurs d'amarante. Pied arraché par le témoin quelques jours avant notre arrivée.
- N° 19 et 20 -- Branche d'amarante. Prélevée dans le petit chemin qui longe le jardin. ( Ces plants sont beaucoup plus petits que ceux qui se trouvaient dans le jardin ).


VII.3 - TRANSPORT ET CONDITIONNEMENT -La première série de prélèvements des 22 et 27 octobre, a été conditionnée en sachets plastiques et conservée par la Gendarmerie dans un réfrigérateur (bac à légumes) à une température de + 4 à + 5°.
La seconde série prélevée le 29 octobre 1982, conditionnée dans des sacs plastiques étanches, a été placée directement dans des bonbonnes à azote liquide pour faciliter son maintien en basse température pendant le transport à Toulouse.
Le 30 octobre au matin l'ensemble des échantillons de végétaux a été placé dans un congélateur et maintenu en permanence à une température de -30°.
- LISTE DES TYPES DE VÉGÉTAUX CONSERVES EN BASSE TEMPERATURE -
| N° | TYPE | N° | TYPE |
| 1 | HERBE | 16 | TROÈNE ARGENTE |
| 2 | HERBE | 17 | POMPON JAUNE |
| 3 | HERBE | 18 | AMARANTE |
| 4 | HERBE | 19 | AMARANTE |
| 5 | HERBE | 20 | AMARANTE |
| 6 | HERBE | 21 | AMARANTE |
| 7 | HERBE | 22 | AMARANTE |
| 8 | HERBE | 23 | AMARANTE |
| 9 | HERBE | 24 | AMARANTE |
| 10 | HERBE | 25 | AMARANTE |
| 11 | HERBE | | |
| 12 | HERBE | | |
| 13 | HERBE | | |
| 14 | HERBE | | |
| 15 | HERBE | | |
VIII - DONNEES COMPLEMENTAIRES -
VIII.1 - RENSEIGNEMENTS MÉTÉOROLOGIQUES -Les données à caractère météorologique prennent souvent une grande importance dans les cas où sont présentes des traces physiques visibles sur l'environnement.
Pour cette enquête, il était nécessaire de connaître les informations météorologiques pour deux raisons :
- Par rapport à l'observation dans le ciel du phénomène ( visibilité, température, nuages, brume ).
- Pour l'évaluation de l'influence des conditions météorologiques sur les traces physiques ( pluie, gel, etc...).
Les données à caractère météorologique sont fournies sous forme de tableaux.
Nous avons choisi de donner les informations à partir du jour de l'observation jusqu'au surlendemain de l'enquête, le jour de l'observation étant signalé par un * .
- ANALYSE DES DONNÉES METEOROLOGIQUES -
Monsieur Henri nous a signalé lors de notre entretien que le 21 Octobre "il faisait une belle journée d'automne, le ciel était dégagé, légèrement brumeux le matin, avec le soleil qui brillait".
Si nous nous reportons aux tableaux météorologiques de la station de V2 nous nous rendons compte qu'effectivement la journée du 21 octobre correspondait tout à fait à cette déclaration, notamment la couverture moyenne qui passe rapidement de :
- 8/8 à 9 H. TU, à
- 2/8 à 12H. TU, et
- 0/8 à 15H. TU,
évolution qui correspond à la disparition des brumes et brouillards matinaux.






Indications complémentaires pour l'interprétation des tableaux qui précèdent
État du sol
1) humide
2) mouillé ( eau stagnante en mare, petites ou grandes )
Vent
Direction en rose de 36 ( correspondance des directions d'ou souffle le vent et des chiffres du code 00 - 36) ( dizaines de degrés )

Vitesses
Elles sont en mètres seconde, pour avoir ces vitesses en km/h, multiplier par 3,6.
Principaux symboles utilisés
Brume : visibilité comprise entre 1 et 5 km
Brouillard : visibilité inférieure à 1 km
Pluie
Bruine
Rosée
VIII.2 - CARTE DU CIEL -Nous avons procédé à l'établissement d'une carte du ciel ( figure 12 ) le 21 octobre 1982 à 12H30 locale.
Monsieur Henri nous a précisé dans son témoignage qu'il avait aperçu le phénomène dans un azimut qu'il a désigné à 132°.

De plus, il aperçoit le soleil sur sa droite et le phénomène dans sa phase d'approche réfléchissait le soleil.
Cette indication est tout à fait cohérente avec les données de la carte du ciel ( soleil dans l'azimut 183° environ, site 30° environ ).
VIII.3 - CIRCULATION AÉRIENNE -
Une demande de renseignements sur la circulation aérienne a été faite aux autorités civiles et militaires.
L'aéroport de V2 est un aéroport civil et militaire. Le trafic civil y est faible : 1 vol quotidien aller-retour vers PARIS, plus quelques vols d'affaires.
Le CODA ( Centre d'Opérations de la Défense Aérienne ) nous a communiqué les tracés d'enregistrements vidéo radar pour le secteur de V2, le 21 octobre 1982 entre 12H33 et 12H55.
Ces enregistrements n'indiquent aucune anomalie notable sur le secteur.
Un tracé indique l'acquisition entre 12H40 et 12H55 locale de quelques (5) plots intermittents non confirmés, c'est-à-dire trop irréguliers pour indiquer un déplacement réel.
C'est un phénomène très banal et fréquent en détection radar.
VIII.4 - EFFET COURONNE SUR DES TIGES D'HERBE -A l'occasion de discussions avec des chercheurs de divers laboratoires une information intéressante a pu être recueillie à propos du comportement de tiges végétales soumises à un champ électrique vertical intense :
lorsque l'intensité est suffisamment forte, l'effet de pointe ( resserrement des lignes de champ autour d'une brusque dénivellation ) provoque une libération des ions qui se traduit par l'établissement d'un courant électrique et les tiges s'orientent spontanément dans le sens du champ :
elles se redressent. Au vu du compte-rendu de la présente enquête, Monsieur Chauzy, du Laboratoire de Physique de l'Atmosphère de l'Université Paul Sabatier, nous a fourni le rapport suivant :
"Au cours de la description des effets constatés sur l'environnement du phénomène observé, le témoin remarque que les brins d'herbe situés sous le phénomène se soulèvent à la verticale au moment du départ.Dès la disparition, il constate que ces brins d'herbe sont revenus dans leur position initiale".1 - Hypothèse -"Parmi les phénomènes physiques susceptibles de provoquer l'effet observé l'apparition, au moment du départ d'un champ électrique intense semble pouvoir être retenue.En effet, il a été observé, au laboratoire, un comportement tout à fait semblable d'une touffe de gazon soumise à l'influence d'un champ électrique élevé."2 - Estimation de l'intensité du champ électrique nécessaire l'obtention du phénomène observé -"L'étude effectuée en laboratoire sur l'influence d'un champ électrique intense sur une touffe de gazon a permis de constater que les brins d'herbe ne subissent un effet mécanique que s'ils sont le siège d'une émission de courant électrique par effet de pointe ( ou effet couronne ). Cette émission de courant n'a lieu que lorsque le champ électrique environnant dépasse une valeur de seuil principalement déterminée par la longueur des brins.
"Une étude expérimentale de la relation existant entre ce champ de seuil et la hauteur des pointes provoquant l'effet couronne a été menée.
Les résultats obtenus permettent d'affirmer qu'un champ électrique d'une intensité minimale de 30 KV/m est nécessaire pour provoquer une émission de courant par effet de pointe sur des herbes d'une hauteur moyenne de 15 cm ( valeur citée dans le témoignage ).
Il faut insister sur le fait que cette valeur de 30 KV/m constitue bien un minimum probable.
L'effet observé de soulèvement des brins d'herbe peut nécessiter un champ électrique bien plus élevé que cette valeur."
3 - Remarques découlant de l'hypothèse -"Si l'hypothèse de l'apparition d'un intense champ électrique est retenue, plusieurs remarques doivent être formulées concernant l'ensemble de l'événement."3.1 - Le champ électrique éventuellement responsable du soulèvement des herbes n'a pu exister qu'au moment du départ du phénomène.
En effet, d'une part le soulèvement ne s'est produit qu'à ce moment là, d'autre part le témoin s'est approché jusqu'à 0,50 m du phénomène sans ressentir la moindre influence, alors que le champ moyen auquel il aurait été soumis aurait, dans ces conditions, dépassé 60 KV/m.
3.2 - L'apparition éventuelle de ce champ électrique au moment du départ doit avoir eu une influence importante sur le massif d'amarante.
En effet, d'après le plan figurant dans le témoignage, le phénomène est situé à environ 16 cm du massif d'amarante.
Donc, si le potentiel de l'engin a dépassé la valeur de 30 KV au moment du départ ( valeur nécessaire à l'apparition d'un champ électrique de 30 KV/m au niveau du gazon ), le champ électrique au niveau du massif d'amarante a atteint ou dépassé une valeur de 200 KV/m.
Cette intensité aurait pu provoquer un important effet de pointe avec émission, par la végétation, d'un courant électrique intense.
Il n'est évidemment pas possible d'affirmer que cette émission ait été responsable du dessèchement des amarantes du massif, mais l'indice est à considérer."
IX - ANALYSES BIOCHIMIQUES -Ces analyses ont été confiées au Centre de Physiologie Végétale de l'UNIVERSITÉ PAUL SABATIER ( Toulouse Rangueil ).
Le test qui suit à été rédigé par deux chercheurs de cet organisme, Messieurs ABRAVANEL et JUST.
A la suite de l'observation d'un phénomène aérospatial non identifié dans les conditions décrites dans les chapitres qui précèdent nous avons été amenés à analyser certains composés des prélèvements effectués sur les lieux de l'observation.
N'ayant pas eu la maîtrise d'œuvre des prélèvements et, pour saisir au mieux des phénomènes transitoires ayant pu influencer le métabolisme de la plante, nous nous sommes limités à l'analyse de deux prélèvements effectués par la Gendarmerie Nationale le 22/10/82 ( soit 24 h après l'observation ) dans un massif d'amarante dont une partie présentait des signes objectifs de dessèchement.
Nous tenons à préciser dès maintenant que si les résultats que nous donnons sont fiables, l'interprétation éventuelle ne peut qu'être sujette à caution étant donné le délai écoulé entre le prélèvement et la mise en oeuvre du dosage.
A la lumière de ces résultats nous serons ultérieurement amenés à proposer un mode d'échantillonnage qui permettra de mieux cerner le problème.
IX.1 - NATURE DES PRÉLÈVEMENTS -les échantillons analysés proviennent de la première série d'échantillons recueillis par la Gendarmerie le 22/10/82 disposés en vrac dans des sachets plastiques et conditionnés par le GEPAN sous le n°22 le 29/10l82 pour la plante flétrie et sous le n°23 le 27/10/82 pour la plante témoin.
Ces échantillons se présentent sous la forme d'extrémités de tiges portant la hampe florale, les racines étant exclues.
Alors que le n°23 avait conservé sont aspect normal ( feuilles et tiges vertes, fleurs Colorées ), le n°22 exposé au phénomène était desséché.
Signalons l'abondance de graines apparemment mâtures dans la plante flétrie.
Un essai de germination de ces graines n'a à ce jour, donné aucun résultat tant chez le témoin que chez la "flétrie".
IX.2 - RESULTATS DES ANALYSES -la comparaison des teneurs en eau des deux échantillons a donné une valeur de 80% pour le témoin contre 40% pour la plante flétrie ; aussi, avons-nous rapporté les résultats au poids de matière sèche afin d'avoir des valeurs comparables.
2.1 - Acides organiquesLa méthode d'isolement et de dosage des acides n'a pas permis de mettre en évidence des différences notables entre les deux échantillons.
ll y a peu d'acides organiques mais ceci peut être dû à la conservation défectueuse des prélèvements.
Par contre, ces deux échantillons contiennent des quantités importantes d'acides minéraux, surtout dans les feuilles de la plante flétrie ( cf. fig.13 ).

Fig.13 - Analyse qualitative des acides des organiques par chromatographie.Par ordre décroissant de leur abondance, on trouve les acides sulfurique, phosphorique, nitrique et chlorhydrique.
Les variations entre les deux prélèvements pourraient s'expliquer par une fumure azotée du sol, voire par un drain d'eaux usées passant à proximité de la plate-bande.
2.2 - OsesUne fois de plus, l'état de conservation des échantillons nous a empêché de réaliser une analyse quantitative et nous nous sommes limités à une analyse qualitative par chromatographie.
Comme il est normal à la saison du prélèvement, les feuilles se sont vidées de bon nombre de métabolites au profit des fleurs où s'accumulent normalement les réserves pour la constitution des graines.

Fig.14 - Répartition des oses dans les fleurs des plantes témoins et flétries.Il apparaît ( Cf. fig.14 ) une augmentation de la teneur en oses de la fleur flétrie, avec surtout une accumulation de saccharose et de polyoses ( stachyose, raffinose ) alors que dans le témoin, c'est le maltose qui domine. Ces différences peuvent être reliées à la richesse en graines de la fleur flétrie du fait de l'abondance des formes de transport et de réserves des oses.
2.3 - Acides aminés libres Partant de l'hypothèse de la parfaite identité des pieds d'amarante avant l'apparition du phénomène, nous avons déterminé les acides aminés par rapport au poids de matière sèche pour diminuer l'influence éventuelle d'une perte en eau irrégulière au cours de la conservation.
Par ailleurs, nous avons accordé une plus grande attention aux résultats observés à ce niveau, car la teneur en acides aminés est souvent une constante d'une espèce déterminée et dépend surtout de la richesse en azote du sol.
Un phénomène extérieur normal, à variation lente, infléchit progressivement le métabolisme des acides aminés alors qu'un phénomène transitoire, ou bien n'aura aucune influence parce que trop rapide ou bien aura un effet intense parce que détruisant des mécanismes cellulaires fondamentaux.
- Acides aminés libres des feuillesLes feuilles de la plante flétrie n'ont subi aucune variation de la quantité totale d'acides aminés.
Toutefois, il faut noter d'importantes variations individuelles, en particulier au niveau de l'acide aspartique (Asp) [plus 900% chez le témoin], l'acide glutamique (Glu) [moins 30% chez le témoin], de la glutimine (Gln) [moins 50%], de l'asparigine (Asn) [absente chez la "flétrie"], de l'acide gamma-aminobutyrique (gamma-NH2) [30 fois plus chez le témoin] et de la proline (Pro) [8 fois moins chez le témoin] (cf. figure 15).
En fait, en première approximation, comme le total Asp+Asn+Glu+Gln est sensiblement le même dans les deux cas ( 1095 pour le témoin contre 950 pour le "flétri" ), on peut admettre que ces variations ne sont pas significatives et traduisent simplement une différence dans les formes de réserve et de transport de l'azote au moment du prélèvement.
L'élévation de la teneur en proline (Pro) libre peut être due à une lyse des parois cellulaires comme le confirmerait alors l'élévation de la teneur en glycine (Gly).
Par contre, la chute de l'acide gamma-aminobutyrique semble plus intéressante car elle pourrait provenir soit d'une décarboxylation de l'acide glutamique (Glu) et ce métabolisme serait absent chez les feuilles flétries, soit d'un développement bactérien dû à de mauvaises conditions de conservation mais alors on comprendrait difficilement que les témoins aient été, seuls, mal conservés.
- Acides aminés libres des fleurs (graines exclues)
Nous avons trouvé trois fois plus d'acides aminés dans les fleurs témoins, que dans les fleurs "flétries" ; en outre le pourcentage relatif de chaque acide aminé n'est pas conservé.
La différence est donc bien réelle mais s'explique éventuellement par un drainage des acides aminés vers les graines matures dans les plantes "flétries" alors que les graines des fleurs témoins sont en cours de maturation.

Figure 15 - nombre de nano-moles d'Acides Aminés/100 mg de poids sec.

2.4 - Acides minés protéiques C'est le niveau où l'effet d'un phénomène extérieur doit être le moins visible puisque pour influer sur la synthèse protéique il faut une modification au niveau du codage de l'ADN.
Comme le montre la figure 16, la seule différence notable concerne le taux légèrement plus élevé d'hydroxyproline (HYP) dans les feuilles et de proline dans les fleurs des plantes "flétries" ; ceci révélant probablement une réponse à un stress d'origine parasitaire ou consécutif à une blessure ou à un excès d'engrais :
tous ces facteurs pouvant entraîner une lyse des parois cellulaires.
IX.3 - DISCUSSION -Les résultats donnés ci-dessus appellent un certain nombre d'observations : - Comme dans toute analyse, la maîtrise du mode d'échantillonnage et de conservation des échantillons est essentielle pour assurer toute leur valeur aux conclusions tirées des résultats analytiques.
Dans notre cas, tenant compte des méthodes que nous utilisons couramment, nous avons choisi les échantillons 22 et 23 car ils nous paraissaient les plus proches du phénomène dans le temps, et nous espérions mettre en évidence des différences marquées.
En réalité, il est connu depuis longtemps qu'une conservation au froid à +4°c suivie d'une congélation à -30°c est insuffisante pour arrêter les activités enzymatiques et donc fixer le prélèvement.
Nous suggérons, par conséquent, deux méthodes ( il en existe d'autres ) qui nous semblent présenter toutes les garanties de rigueur scientifique malgré les servitudes qu'elles représentent :
- Congélation immédiate du prélèvement dans l'azote liquide, transport dans ce milieu puis lyophilisation de l'échantillon ; on conserve ainsi les métabolites et les activités enzymatiques.
- Prélèvement d'un cube de terre comprenant les végétaux et expédition dans un emballage du modèle de ceux utilisés par les pépiniéristes.
Cette méthode, qui comporte aussi le prélèvement témoin, présente l'avantage de maintenir la plante en vie et de permettre d'éventuelles études au niveau cellulaire.
- L'analyse des résultats conduit à formuler beaucoup plus de questions que de réponse.
Il faudrait, en particulier, définir les paramètres de l'environnement des plantes considérées ( durée de l'éclairement, nature du sol, fumures et traitements éventuels, maladies, etc...).
Au vu des relevés de la station météo proche qui signalait la veille ( journée du 20 octobre ) une température relativement basse ( <0°c ) et des brumes ou brouillards légers, on peut supposer que certaines parties du massif d'amarante qui est adossé à une grille aient subi l'influence de ces conditions climatiques et que le dessèchement des feuilles soit ainsi expliqué.
- Dans l'état actuel de conservation des prélèvements, il n'est pas possible d'utiliser la biochimie végétale d'aspect pour expliquer la différence d'aspect observée entre plantes témoin et "flétrie".
X - CONCLUSION -Pour essayer de résumer les éléments essentiels de cette enquête, il faut tout d'abord noter que les conditions d'observation, telles qu'elles sont rapportées par le témoin, auraient été très bonnes :
En plein jour, durant plusieurs minutes, à proximité immédiate, avec examen sous plusieurs angles, latéralement et en hauteur, etc... La non-identification du phénomène par le témoin ne semble pas, dans ce cas, pouvoir résulter de confusions superficielles, de détails ; s'il a fait une méprise, elle ne peut qu'être énorme, fondamentale, absolue.
Parallèlement l'analyse du discours et du comportement de cette personne, telle qu'elle a été faite en VI, n'a rien révélé qui puisse être considéré comme symptomatique d'une propension particulière à une distorsion aussi profonde de la perception ou de la mémorisation. A ce stade, aucun indice raisonnable ne permet de rejeter le témoignage. En retour l'unicité du témoin interdit toute analyse de cohérence inter-témoignage, qui eût fourni un certain degré de confirmation. D'autres voies ont été explorées par exemple en essayant d'interpréter certains détails du témoignage ( une hypothèse peut-être intéressante a été fournie en VIII.4 ) ou en procédant à des analyses biochimiques sur l'environnement, mais ce dernier point n'a guère apporté de résultats tangibles en raison de conditions défavorables de prélèvement et de conservation : les plants avaient été déterrés peu après et les premiers prélèvements n'avaient pas été conservés à assez basse température : aucune conclusion n'a pu être tirée de ces analyses.
Une fois de plus deux niveaux de problèmes sont apparus d'une part les techniques de prélèvements et de conservation, d'autre part les possibilités d'interprétation claire et non ambiguë des résultats obtenus. Bien que le premier niveau conditionne le second, il ne le détermine pas entièrement. Même lorsque les prélèvements ont pu être faits dans des conditions adéquates, les interprétations restent délicates en raison du manque d'études systématiques visant à caractériser les déséquilibres physiologiques. Il suffit pour illustrer cette idée de rappeler l'enquête 81/01 ( Note Technique n° 16 ). Pour rendre une telle démarche productive, il faut aussi entreprendre un programme d'études de caractérisation des perturbations.
Bien sûr, ceci permettra d'abord de reconnaître des phénomènes classiques qui auront été préalablement simulés. Mais si on est confronté à un phénomène véritablement original ayant produit des perturbations non encore référencées ?
Le problème ne se posera alors plus vraiment au niveau de l'interprétation du cas particulier, mais plutôt à celui de l'analyse comparative des données répétées : dans le cas d'un phénomène nouveau, sa répétitivité sera une condition essentielle de la recherche, et sa fréquence devrait rythmer les progrès. Le moins que l'on puisse dire c'est que parmi les cas étudiés par le GEPAN et qui pourraient éventuellement rentrer dans cette catégorie ( enquêtes 81/02, 81/01, 82/06 dans les Notes Techniques 11, 16 et 17 ), les différences sont très grandes : forme, couleur, consistance apparente, bruit, etc..., presque tout diffère. Rien ne permet d'affirmer qu'il s'agisse de phénomènes analogues et encore moins d'un même phénomène qui se répète.
© CNES
http://www.ldi5.com/ovni/sepra/nt17.php
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