L’hypothèse extraterrestre (6) est une explication par défaut quand
aucune explication terrestre ne tient la route. Elle ne nie pas les
impostures, canulars et méprises. Son rejet a priori est suspect, son
échec est curieux, en effet il suffit d’une observation en béton pour
la justifier, les sceptiques doivent prouver que toutes les
observations relèvent de la méprise ou du canular. Il est vrai qu’ils
disposent d’une foule d'explications naturelles, rationnelles et
rassurantes, exploitables à la demande selon le lieu, l'heure et la
température au sol ; leur nombre rassure. Chaque cas, s’il ne peut être
étouffé à la source, est traité isolément et immédiatement expliqué par
l’une d’elles voire plusieurs. Et on se contente de l'explication,
comme si possibilité valait preuve, même si le témoin est choqué, a une
conjonctivite aiguë ou que l'herbe a été brûlée en rond. L'hypothèse
extraterrestre est rejetée au nom du principe le plus dévalorisé de
l'histoire des sciences : C'est impossible donc faux. L’inconnu quand
il se manifeste ne peut que nous paraître magique.
La dernière-née des hypothèses fantastiques est l'hypothèse psychique
(7), phénomène né de l'inconscient collectif humain ou d’un psychisme
étranger, sans support physique ou à support physique imperceptible par
nous, parce que d'un autre niveau d'organisation, gazeux, moléculaire,
quantique, etc. Le phénomène psychique réel semble agir sur la matière,
l’espace - temps, le cerveau et serait alors susceptible de s'amalgamer
aux phénomènes paranormaux dont la réalité est niée par les sceptiques
et évidente pour les croyants. Certains refusent alors l’ovni de peur
d’ouvrir la porte à la pataphysique.
Les soucoupistes se sont lancé, eux aussi, dans un fouillis
d’hypothèses sur l’origine et la nature de ces visiteurs venus d’une
planète galactique. En réalité on ne sait qui ils sont, ni d’où ils
viennent, ni même s’ils existent ou sont des robots ou des hologrammes.
Contre l’objection de l’éloignement, on invoque des raccourcis
spatiotemporels compatibles avec la Relativité et la Quantique, des
trous noirs, fontaines blanches, trous de vers, ou un court-circuit par
un univers jumeau, la téléportation et la rematérialisation. Plus
important que de disserter sur leur nature et leur origine, serait de
s’assurer de leur présence et de percer leurs motivations et leurs buts.
On veut bien écouter les espaces stellaires à la recherche de
civilisations intelligentes, lancer des sondes au delà du système
solaire, mais il est exclu qu’elles en fassent autant. Telle est la
curieuse logique des scientifiques à qui les ovnis donnent des boutons.
Cherchez ailleurs et de préférence dans votre gros cerveau mal fait. Il
n’y a pas d’exemple de refus aussi borné, à l’étude d’un phénomène
aussi patent, protéiforme et potentiellement dangereux. C’est un
abandon de poste devant l’ennemi.
Les causes d’absence de prise en charge du phénomène
D’après le rapport Sturrock 1997, elles sont au nombre de quatre :
- il n’y a pas de fonds publics de recherche (on ne va pas mettre de l’argent à chercher ce qui n’existe pas !) ;
- il n’y aurait pas de données valables à étudier (surtout si on ne les cherche pas !)
- le sujet n’est pas scientifiquement correct (je ne vais pas risquer
ma carrière et me mettre en quarantaine pour quelque chose qui refuse
de se mettre sous mon microscope) ;
- le rapport Condon est censé avoir réglé le problème ; en fait ce
rapport n’a rassuré que ceux qui ne l’ont pas lus (Greslé). On a retenu
les conclusions lénifiantes, mises astucieusement en tête de ce pavé de
1000 pages, où l’on trouve au milieu de fastidieuses explorations
psychanalytiques des témoins, 7 % d’observations inexplicables mais,
incantation, qu’on expliquera un jour.
En fait, la principale cause, celle qui explique toutes les autres, est
la peur de l’inconnu, du prédateur cosmique, du supérieur, la peur
suprême, refoulée dans l’inconscient, celle qui fait rire et nier la
réalité. L’hypothèse exobiologique est la plus traumatisante, elle
remet en question notre hégémonie d’espèce, notre physique, notre
conception du monde et même la routine, notre confort intellectuel.
Tout cela n’est pas rien, surtout pour le scientifique qui croit avec
Darwin avoir prouvé l’inexistence de Dieu et de toute transcendance. Le
dépit et la peur suffisent à expliquer leur réaction épidermique,
brutale, définitive.
Conclusion
Imaginons qu'une civilisation hominoïde plus évoluée, en science et en
technique, au cerveau encore plus gros et vraiment sapiens, vienne nous
sonder. Voyant les individus de l'espèce la plus organisée de la
planète, incapables de réguler une expansion démographique, cancer de
la biosphère, occupés en permanence à s'entre-tuer en gros et en
détail, à injecter CO2, gazole, amiante, SH2, Cl, etc. dans l'air
qu'ils respirent, PCB, DDT, plastiques, pseudohormones et pesticides
dans l'eau qu'ils boivent et les aliments qu'il mangent, à vider les
océans de toute vie et à raser leurs forêts d'oxygène ;
- si son éthique n'était pas, comme la nôtre, la surconsommation,
l'enrichissement, la compétition, la démesure, mais la connaissance, la
sagesse, la coopération, la mesure ;
- ils en concluraient que la terre est habitée par une foultitude
d'espèces animales et végétales à la convivialité intraspécifique et à
l'écologie interspécifique jusque dans la prédation, sauf une,
dominante, l'espèce la plus sotte et la plus dangereuse, pour elle,
pour la biosphère terrestre aujourd'hui, et peut-être pour la biosphère
cosmique demain ;
- ils nous refuseraient l'épithète d'humains, et hésiteraient entre espèce dévoyée et sous-animaux.
Le silence est révolu, la peur exorcisée par trop de rire et de déni
scientifique. Le matériel accumulé dans le désordre pendant ce temps
perdu nous attend.
Jacques Costagliola
http://adelmon.free.fr/specificite_ufologie.htmlhttp://www.ldln.net/index.php?lien=article3
Pour faire un trackback sur ce billet : http://benzemas.zeblog.com/trackback.php?e_id=417856