L'équation de Frank Donald DrakeEst-il
raisonnable de penser que d'autres civilisations extra-terrestres
existent ? Si oui, combien peut-il y en avoir dans la galaxie ? Et dans
notre voisinage proche ? L'équation de Drake (du nom de Francis Drake,
son inventeur) est une tentative pour répondre à ces questions de
manière scientifique.

Frank Donald Drake (docteur) (1930)
Drake
naît le 28 mai 1930 à Chicago. Toujours intéressé par la science, il
passe des heures avec ses amis à mener des expériences avec des
moteurs, des radios, et du matériel de chimie. A mesure qu'augmente sa
compréhension de l'astronomie et de la véritable taille de l'univers,
Drake commence à se poser la question de l'existence d'autres planètes
et de la vie sur celles-ci. L'idée lui semble raisonnable. Cependant,
de par les convictions religieuses de ses parents et de ses
professeurs, il n'est jamais à l'aise pour évoquer le sujet de la vie
extraterrestre.
Après
le collège Drake entre à Cornell pour étudier l'électronique. C'est là
qu'il se passionne vraiment pour l'astronomie et finit par trouver
quelqu'un d'autre qui examine la possibilité de la vie sur d'autres
planètes. En 1951, il assiste à une conférence de Otto Struve, à la fin
de laquelle ce dernier qu'il y a des indices probants que des systèmes
planétaires se soient formés autour de la moitié des étoiles de la
galaxie. Struve en vient à considérer que la vie peut certainement
exister sur d'autres planètes. Drake, enfin, à trouvé quelqu'un qui
partage ses idées : En l'espace de quelques moments dans une salle de
conférence, Struve avait élevé le nombre de planètes dans la Galaxie
que nous connaissons à plus de 99 milliards environ.
Après
le lycée il passe 3 ans dans la Marine pour rembourser ses études.
Grâce à son diplôme d'électronique il finit comme officier en
électronique sur l'USS Albany où il acquiert une expérience incompable
de l'utilisation et la réparation des derniers équipements
électroniques de pointe.
Drake à Green Bank en 1960
Après
son passage à la Marine, Drake entre à Harvard pour étudier
l'astronomie optique. Cependant, la seule place disponible cet été-là
est en radio-astronomie. Drake y est finalement particulièrement adapté
car capable de réparer et adapter les équipements nécessaires. Il y
reste jusqu'en 1958, où il obtient sa licence. Cette année-là il trouve
une place au NRAO, où 2 ans plus tard, de avril à juillet 1960, il mène
son projet OZMA, la première recherche de signal extraterrestre.
http://www.rr0.org/DrakeFrankD.html
La fameuse équation de Drake

Pour
trouver une estimation raisonnable du nombre de civilisations
intelligentes dans notre galaxie, l’astronome américain Frank Drake, né
le 28 mai 1930 à Chicago, a mis au point une équation comportant de
nombreuses inconnues sur lesquelles les chercheurs débattent encore
aujourd’hui. L’histoire de cette équation extraordinaire commence en
1959 lorsque deux physiciens publièrent un article dans la prestigieuse
revue scientifique britannique Nature. Cet article, intitulé «
Searching for Interstellar Communications », exposait l’idée audacieuse
que des radiotélescopes suffisamment sensibles pouvaient sûrement être
en mesure de capter des signaux radio en provenance d’éventuelles
civilisations intelligentes situées dans de lointains systèmes
stellaires. Les deux physiciens suggéraient que ces messages venus des
profondeurs du cosmos pourraient être émis sur la longueur d’onde bien
spécifique de 21 centimètres (1400 mégahertz). Cette longueur d’onde de
21 centimètres n’avait pas été choisie au hasard, elle caractérise, en
effet, l’émission de l’hydrogène neutre qui est l’élément le plus
répandu dans l’Univers. Dans le cadre de ces idées novatrices en
matière de communication entre civilisations éloignées, il semblait
logique de penser que ces civilisations utilisaient ce point (appelé
aussi “le point d’eau”- voir le livre d’Emmanuel Davoust ) de repère
universel du spectre radio. Décidé à vérifier l’exactitude de
l’hypothèse des deux physiciens, le radioastronome Frank Drake devint,
en 1960, le premier scientifique à effectuer une recherche systématique
de signaux intelligents en provenance d’autres systèmes stellaires.

Utilisant
le radiotélescope de 26 mètres de diamètre de l’Observatoire National
de Radioastronomie de Green Banks, Drake écouta deux étoiles proches
similaires au Soleil : Epsilon Eridani et Tau Ceti. Située à 10.5
années-lumière du Soleil dans la constellation de l’Eridan, de Type K2
et de magnitude apparente de 3.7, Epsilon Eridani est une étoile naine
de couleur orangée. Le satellite IRAS a détecté de grandes quantités de
poussières autour de cette étoile, ce qui semble être l’indice qu’il
existe un système planétaire en formation. Plus récemment (août 2000),
une planète de la taille de Jupiter a été détectée à une distance de
3.2 UA (480 millions km) de l'étoile. Rappelons que l’UA, ou Unité
Astronomique, correspond à la distance qui sépare la Terre du Soleil,
soit environ 150 millions de kilomètres. ( à droite : Frank Drake )
Située
dans la constellation de La Baleine (Cet), à 11,9 années-lumière du
Soleil, de magnitude apparente 3,49, Tau Ceti est la vingtième étoile
la plus proche. Elle est aussi terriblement attrayante puisque, malgré
un éclat absolu de moitié inférieur à celui du Soleil, elle partage
avec notre étoile de nombreuses caractéristiques. Avec l’écoute de ces
deux étoiles proches était né le projet Ozma (d’après le personnage
principal du livre Ozma of Oz, de L. Frank Baum’s). Comme il fallait
s’y attendre, le Projet Ozma ne fournira aucun indice d’une présence
étrangère dans ces deux systèmes stellaires, mais il marque le début de
la passionnante aventure de la recherche de civilisations
extraterrestres dans notre Galaxie. Après l’expérience infructueuse
d’Ozma, Drake organisa une réunion avec un groupe de scientifiques de
haut niveau pour débattre des perspectives et des inconnues propres à
la recherche d’une forme de vie extraterrestre intelligente. En
novembre 1961, un petit groupe de passionnés composé de
radio-techniciens, d’astronomes et de biologistes, se réunirent pendant
deux jours à Green Banks.
Curieusement,
Drake n’a jamais admis la réalité des ovnis et encore moins l’idée
qu’ils pourraient être des vaisseaux spatiaux fabriqués par ces
civilisations évoluées avec lesquelles il cherche justement à
communiquer. Malgré tout, nous reconnaissons que l’équation de Drake
est d’une certaine façon fascinante. En cassant une grande inconnue (N)
en une série d’inconnues plus petites, cette formule mathématique a
donné à la recherche de signaux radio extraterrestres une base
scientifique sérieuse.
Introduction
La
recherche de formes de vies extraterrestres est devenu un sujet
d’actualité autant pour les scientifiques que pour les hommes du monde
entier.
En
1960, le physicien Francis Drake, proposa une équation mathématique
visant à évaluer, plutôt que calculer, le nombre de civilisations
intelligentes et en mesure de communiquer, dans une Galaxie donnée.
Cette équation est en relation directe avec le paradoxe de Fermi, qui
tente de comprendre pourquoi, au vu de la relative jeunesse de notre
étoile, le Soleil comparé à d’autres existant dans l’Univers, nous
n’avons toujours pas eu de contact avec des civilisations
extraterrestres.
Le but de l'équation.
Cette
équation est destinée à donner une idée des chances de succès du projet
SETI. Elle permet en effet de déterminer le nombre de civilisations
intelligentes et en mesure de communiquer se trouvant dans notre
Galaxie.
Elle permet notamment d'aider
les personnes présentes à la conférence de 1961 à déterminer les
questions fondamentales auxquelles il convient de donner des réponses
quant au succès de SETI. Il s'agit en grande partie d'idées déjà
abordées par Cocconi et Morrison en 1958.
L'équation de Drake est telle que :
N = R* x fp x ne x fl x fi x fc x L
Les termes de l'équation.
N
représente le nombre de civilisations "observables", intelligentes, et
en mesure de communiquer, présente dans la Galaxie, à savoir, pour
nous, la Voie Lactée.
R* représente le nombre d'étoiles naissant chaque année dans la Galaxie.
Il s'agit du terme le moins discuté.
fp est la fraction de ces étoiles possédant un système solaire, soit des planètes gravitant autour d'elles.
ne est le nombre moyen de ces planètes potentiellement aptes à abriter des formes de vies, donc similaires à la Terre.
Ce
terme dépend principalement de nos connaissances des étoiles et des
zones propices à la vie, il n'est donc pas évident de le déterminer.
fl est la fraction de ces planètes ayant pu développer une forme de vie.
Nous
n'avons à ce jour qu'un seul exemple de planète où les conditions pour
que la vie puisse se développer ont été réunies. Il est cependant
probable que Mars ait développé une forme de vie primitive des
milliards d'années auparavant .
fi est la fraction de ces planètes ayant pu développer une forme de vie intelligente.
fc est la fraction de ces formes de ces planètes capables de communiquer.
Soit le nombre d'espèces intelligentes qui developperont une technologie les rendant à même d'en contacter d'autres.
L est la durée de vie moyenne d'une civilisation.
Les différents résultats.
Les valeurs utilisées par Drake en 1961 sont :
R* = 10/an
fp = 0.5
ne = 2
fl = 1
fi = fc = 0.01
L = 50 années
On obtient alors :
N = 10 * 0.5 * 2 * 1 * 0.01 * 0.01 * 50 = 0.05
Les scientifiques, de nos jours, sont souvent en désaccord sur les valeurs possibles des paramètres de l'équation.
On
peut obtenir des valeurs de N supérieures en acceptant que 10% des
civilisations seront un jour capable de communiquer, que leur durée de
vie sera de 100 000 ans, ce qui représente une très courte durée
comparée à celle de leur système planétaire.
R* = 20/an
fp = 0.1
ne = 0.5
fl = 1
fi = 0.5
fc = 0.1
L = 100 000 années
N = 20 * 0.1 * 0.5 * 1 * 0,5 * 0.1 * 100 000 = 5000
Avec des raisonnements différents, on peut aussi obtenir des résultats particulièrement intéressants.
Si l’on considère par exemple que :
R* = 20/an
fp = 0.5 car environ la moitié des étoiles forment un système planétaire
ne = 1 car dans notre système, nous n’avons comme exemple que la Terre
fl = 0.2 ce qui représente une planète sur 5
fi
= 1 sachant que la sélection naturelle tend vers une complexification
de la vie et implique que les espèces douées de la plus grande faculté
d’adaptation survivront
fc = 0.5 valeur choisie arbitrairement,
sachant que jusqu’à présent, l’Homme ait été le seul à mettre en place
une technologie de communication
On obtient alors :
N = 20 * 0,5 * 1 * 0,2 * 1 * 0,5 * L
Soit N=L.
En
ces termes, le nombre de civilisations extraterrestres est égal au
nombre d’années durant lesquelles une civilisation peut survivre.
Maintenant à vous d'essayer avec vos propres termes :
Calcul du nombre de civilisation communicante dans notre
Galaxie
Conclusion
En
appliquant à chacun de ses termes différents raisonnements, donc
différentes valeurs, on peut obtenir au pire des valeurs de N allant
de 1 à 10^9 (un milliard) civilisations extraterrestres, et cela
seulement pour la Voie Lactée. Notre seule présence réfute toute valeur
de N inférieure à 1, voire nulle.
Plusieurs
variables ont été mieux comprises, donc évaluées avec plus de
précision, au cours du temps, mais beaucoup demeurent approximatives.
Jusqu'ici, cette énigme n'a toujours pas été résolue avec certitude.
L'équation de Drake permet néanmoins de diviser une grande inconnue en
une série de plus petites, ce qui permet de mieux se focaliser sur
chacun des facteurs.L'équation de Drake n'est donc pas une loi, ni même
précisément une théorie, mais plutôt une piste de réflexions.
http://www.supinfo-projects.com/fr/2005/equation_drake/conclusion/
http://ovniinvestigation.free.fr/LES%20DOSSIERS.htm
Formule de Drake (ou la paramétrisation de l'ignorance)La chance de détecter des extraterrestres, ou la réévaluation de l'équation de Drake
Traduction du texte de Govert Schilling (Adapté
de Sky & Telescope de Décembre 1998. Mis à jour et augmenté par Sky
& Telescope de Mai 1999.). Govert Schilling est un écrivain
astronome d'Utrecht, Pays-Bas. Son livre (Twin Earth: The search for
life in other planetary systems) a été publié en 1997.
La
recherche d'une forme de vie extraterrestre est devenue un sujet
d'actualité parmi la communauté scientifique des astronomes, des
biologistes et du grand public en général. Mais peu de personnes se
souviennent que ce domaine bien particulier de la recherche
scientifique à pris son envol il y a 40 ans.
En 1959, des
physiciens publiaient un article dans la revue britannique Nature. Cet
article, Searching for Interstellar Communications, débattait de l'idée
que des télescopes radio pouvaient devenir suffisamment sensibles de
manière à capter les signaux radio d'éventuelles civilisations évoluant
autour d'étoiles distantes. Les deux chercheurs suggéraient que de tels
messages pourraient être émis sur une longueur d'onde bien
particulière, de 21 centimètres (1,420.4 mégahertz). Cette longueur
d'onde n'a pas été choisie au hasard. Elle caractérise l'émission de
l'hydrogène neutre, l'élément le plus commun dans l'Univers. Il
semblait alors aux scientifiques logique que d'autres civilisations
avancées utilisent ce point de repère judicieux du spectre radio.
Sept
mois plus tard, en avril 1960, le radioastronome Francis Drake devenait
la première personne à effectuer une recherche systématique de signaux
intelligents en provenance du cosmos. Utilisant le radiotélescope de 25
mètres de diamètre de l'Observatoire National de Radioastronomie de
Green Bank, il écouta ainsi "en cachette" deux proches étoiles
similaires à notre Soleil, Epsilon Eridani et Tau Ceti. Son projet
"Ozma" (d'après le personnage principal du livre "Ozma of Oz", de L.
Frank Baum's), était bon marché, simple, mais infructueux.
Francis
Drake, convaincu de l'existence d'une forme de vie extraterrestre
depuis son enfance dans les années 30 à Chicago, ne pouvait pas
s'imaginer que le genre humain soit la seule civilisation peuplant
l'Univers. En 1992, il publia un livre "Is Anyone Out There ?"
Après
l'expérience d'Ozma, Drake a organisé une assemblée avec un groupe de
scientifiques de haut niveau pour débattre des perspectives et des
pièges de la recherche d'une forme de vie extraterrestre intelligente
(actuellement abrégé en SETI).
En novembre 1961, dix
radiotechniciens, astronomes et biologistes se réunirent durant deux
jours à Green Bank. Le jeune Carl Sagan était là, tout comme le
chimiste de Berkeley Melvin Calvin (qui apprit durant ce meeting qu'il
avait reçu le prix Nobel de chimie). C'est en préparant cette réunion
que Francis Drake mit au point son équation :
N = R x fp x ne x fl x fi x fc x L Aujourd'hui,
cette chaîne de lettres et de symboles se trouvent sur des Tee-shirts,
des timbales et des autocollants. Elle est cependant plus simple qu'il
n'y paraît. Cette équation exprime le nombre (N) de civilisations
"observables" qui existent dans notre galaxie, la Voie Lactée, comme
une simple multiplication de plusieurs éléments qui nous sont inconnus.
R, est le taux d'étoiles naissantes chaque année dans la Voie Lactéefp, est la fraction de ces étoiles qui possèdent un système solaire ne, est le nombre moyen de planètes similaires à notre Terre (aptes à abriter une forme de vie) fl, est le taux des planètes habitables sur lesquelles une forme de vie a pu évoluer fi, est le taux des planètes où une évolution biologique produit effectivement une forme de vie intelligente fc, est le taux de ces formes de vie intelligentes capables de communiquer à travers l'Univers L, est la durée de vie moyenne d'une civilisation capable de communiquer à travers l'Univers (en années). L'équation
de Drake est aussi directe que fascinante. En cassant une grande
inconnue en une série de petites, précisant mieux chacun des facteurs,
cette formule donne par la même occasion à la recherche SETI une base
sérieuse pour l'analyse scientifique des données. Astronomes et
biologistes ont bien essayé de résoudre cette énigme, sans jamais y
parvenir. A première vue, fournir une bonne estimation de la solution
semble assez facile, mais dans la réalité, trouver le nombre de
civilisations communiquantes n'est pas si facile que ça. Plusieurs
variables ont été affinées au cours des dernières années, mais au moins
trois demeurent encore inconnues.
Le taux de formation d'étoiles
dans notre Galaxie (R) est approximativement d'une par an. Le facteur
suivant, fp est probablement inférieur à 1 : chaque étoile ne peut pas
avoir de système de planètes. Par contre, si une étoile abrite
effectivement un système planètaire, il semble plausible que deux ou
trois de ses planètes et lunes auront de l'eau liquide et seront
potentiellement appropriés pour l'émergence de la vie, surtout si le
produit de fp et ne est proche de 1.
Les optimistes, soutiennent
que la vie se formera partout où elle peut (fl=1), que le cycle de
l'évolution énoncé par Darwin favorise finalement l'apparition de
l'intelligence (fi=1), et qu'aucune civilisation intelligente ne peut
exister longtemps sans découvrir l'électricité et la radio et ressentir
le besoin de communiquer. Dans ce cas le plus optimiste, l'équation de
Drake aboutit à N=L (c'est-à-dire à la durée de vie moyenne d'une
civilisation technologique). si L est égal à 10.000 années, il y aurait
en théorie autant de civilisations bavardes dans notre Galaxie ! Cela
suppose que cette évolution ne se produit qu'une seule fois durant les
milliards d'années de vie d'une planète.
Ce chiffre
signifierait qu'il y a une civilisation émettrice pour 40 millions
d'étoiles, raison suffisante pour s'orienter vers le ciel et commencer
leur recherche. Si ces civilisations ont été dispersés au hasard
partout dans la Voie Lactée, la plus proche se situerait probablement à
environ 1.000 années-lumière de nous. Une conversation bilatérale
nécessiterait un temps égal à une grande partie de l'histoire humaine,
mais une émission à sens unique serait très audible.
Cependant,
40 années de recherche SETI ont échoué dans la tentative de trouver
quelque chose, et ce malgré que les ouvertures de radiotélescopes, les
techniques de réception et les capacités informatiques se soient
énormément améliorées depuis le début des années 60. Les paramètres
pris en compte dans la traque des signaux radio (les fréquences
possibles, les localisations dans le ciel, les puissances de signal,
etc) sont tellement larges que nous n'avons pu en explorer qu'une
infime partie. Mais nous avons découvert, au moins, que notre galaxie
ne grouille pas d'émetteurs puissants étrangers émettant
continuellement dans notre direction sur la longueur d'onde de 21
centimètres. Personne ne pouvait dire cela en 1961.
Avons-nous
surestimé les valeurs d'uns ou plus des paramètres de l'équation de
Drake. La durée de vie moyenne d'une civilisation intelligente est-elle
trop courte ? Ou les astronomes ont-ils laissé échapper quelque chose,
un paramètre plus subtil ?
Réévaluons l'équation de Drake en
analysant chaque terme séparément. R, le nombre d'étoiles engendrées
chaque année par la Voie Lactée, est en effet approximativement de 1
(les astronomes en sont tout à fait sûrs). En fait, les astronomes ont
récemment déterminé que le taux de formation d'étoiles était beaucoup
plus élevé il y a plusieurs milliards d'années et que celles
susceptibles d'abriter dans leur système planétaire une vie
intelligente sont nées à ce moment-là. Donc une valeur de R=3 ou 5
pourrait être plus réaliste.
Cependant, astronomes et biologistes sont beaucoup moins certains des termes suivants dans l'équation.
Combien de planètes ? fp La
deuxième variable est fp, la fraction des étoiles qui ont des systèmes
planétaires. De récentes découvertes font apparaître que beaucoup de
jeunes étoiles sont entourées d'un disque de poussière, amenant à la
formation de planètes. Avec de tels astres évoluant autour d'étoiles
similaires à notre Soleil, ces découvertes confirment ce que
soupçonnaient déjà les astronomes : les planètes sont assez courantes.
Ces
"disques protoplanétaires" ont été détectés par différentes
observations dans l'infrarouge, et dans le visible par le télescope
spatial Hubble avec les photographies de la nébuleuse d'Orion, une des
régions les plus prolifiques en étoiles dans la Voie Lactée
aujourd'hui. Toutes ces observations laissent supposer qu'au moins 50 %
des étoiles nouvellement nées sont accompagnées de planètes. De
récentes observations dans les ondes submillimétriques ont montré de
nombreux disques de poussières ténus autour d'étoiles plus âgées,
comprenant notamment une des premières cibles de Francis Drake, Epsilon
Eridani.
Beaucoup de ces disques sont en fait en forme de
beignet. Selon certains théoriciens, les trous centraux pourraient être
provoqués par des planètes en phase de formation par accrétion des
poussières et du gaz de la partie intérieure du disque.
Quant
aux détections de planète réelles les équipes les plus productives de
chasseurs de planètes extrasolaires ont trouvé qu'environ 5 % des
étoiles semblables au Soleil (non binaires) possèdent un système
planétaire ( autour desquelles ils ont recherché jusqu'ici). Cela
donnerait donc une valeur de 0,05 pour fp. Cependant, il faut savoir
que les techniques de recherche actuelles détectent seulement des
planètes massives qui se trouvent dans des orbites très serrées. Seuls
des astres aussi massifs que Jupiter sont actuellement catalogués avec
certitude. Des systèmes solaires comme le nôtre ne peuvent pas encore
être reconnus. Dans ces conditions restrictives, le taux actuel retenu
de 5 % des étoiles (de type Soleil)possédant un système planétaire
pourrait vraisemblablement décoller dans la prochaine décennie pour
atteindre 50, voir 100 %. Ainsi, que nous disent de fp ces nouvelles
observations ? Bien que nous n'ayons pas encore de valeur finale, il
est maintenant clair que le facteur fp est substantiel et n'est pas un
goulot d'étranglement dans l'équation de Drake.
Combien de bonnes planètes ? neCe
facteur représente le nombre moyen de mondes évoluant autour d'une
étoile de type solaire et qui rassembleraient l'ensemble des conditions
nécessaires au développement de la vie. Dans son livre publié en 1992,
Francis Drake se rappelle que les participants à la rencontre de Green
Banks avaient conclu que la valeur minimum de ne devait être comprise
entre un et cinq. Autrement dit, chaque système planétaire devait
abriter imperceptiblement au moins un endroit de type environnement
terrestre, et en conséquence il pourrait aisément y avoir trois, quatre
ou cinq mondes hospitaliers par système planétaire.
Cette vue
optimiste se basait sur la supposition que notre système solaire soit
typique. Aujourd'hui, Mars et Europe (lune de Jupiter) sont considérées
comme des sites propices à une biologie balbutiante. Il résulte de ce
constat qu'il y a trois "Terre" possibles dans notre système solaire,
selon la définition de l'équation de Drake. Cependant, les planètes
extrasolaires détectées ces dernières années nous ont enseigné une
leçon d'humilité. Notre système solaire, avec son lot de mondes et de
lunes variés, évoluant selon des orbites calmes, circulaires et
stables, semblerait être plus une exception que la règle.
Combien de planètes habitables sur lesquelles une forme de vie a pu évoluer ? fl
Les
cercles scientifiques semblent beaucoup moins intéressés aujourd'hui
par la valeur de fl (qui caractérise le nombre de planètes habitables
sur lesquelles une forme de vie a pu évoluer), qu'elle ne l'était par
le passé. Les composants moléculaires primordiaux et fondamentaux à
l'apparition de la vie (hydrocarbures organiques complexes et même
acides animés), sont abondants dans l'Univers. Ils ont été découverts
dans des météorites, des comètes et dans des nuages de gaz et de
poussières interstellaires. Il y a énormément plus de quantités
d'acides aminés dans l'espace interstellaire que dans la biosphère
terrestre. Bien que ces hydrocarbures et autres acides aminés ne soient
pas des organismes vivants, il y a un petit doute sur l'évolution
prébiotique qui trouverait son origine au sein des nuages sombres
interstellaires.
Le plus significatif sont les récentes
découvertes surprenantes de micro-organismes qui seraient apparus sur
Terre seulement quelque temps (géologiquement parlant) après les
derniers impacts dévastateurs ayant provoqué l'ébullition des océans il
y a environ 3,8 milliards d'années. Apparemment, les conditions
nécessaires à l'apparition de la vie restent encore assez inexplicables
et le resteront quelque temps encore, à moins de donner aux
scientifiques un laboratoire de la taille de la planète et des millions
d'années afin d'étudier la Terre telle qu'elle se trouvait quelques
instants après sa formation. Si le processus était rare ou difficile,
on ne s'attendrait pas à ce que ce soit arrivé à la première occasion
possible sur notre planète natale, mais un peu plus tard dans son
histoire. Les biologistes débattent maintenant de la possibilité selon
laquelle la vie a pu apparaitre plusieurs fois sur Terre isolément. Il
y a des raisons de penser que tous les être vivants aujourd'hui ont une
ascendance commune, mais que d'autres lignées indépendantes auraient pû
se former et être anéanties plus tôt. Si la vie se forme partout où
elle peut, alors la valeur de fl est vraisemblablement de 1.
Intelligence fi (en cours de traduction)Cela
nous laisse avec trois inconnues. Quelle est la probabilité d'évolution
de l'intelligence (fi) ? Quel degrès de certitude pouvons nous avoir
que des extraterrestres intelligents émettront avec la radio (fc) ? Et
quelle est la durée de vie moyenne de civilisations émettrices (L) ?
Ces facteurs biologiques et sociologiques dans l'équation sont soumis à
un débat scientifique plus grand et à une gigantesque incertitude.
Selon beaucoup de biologistes, il est naïf de supposer que l'évolution
sur une autre planète doive nécessairement aboutir à l'intelligence
Comme nous la comprenons. Dans son best-seller "Wonderful Life", le
paléontologiste Stephen Jay Gould (Université de Harvard) affirme,
"Nous devons probablement notre propre existence à ... la Bonne
fortune. Homo sapiens est une entité, pas une tendance." L'évolution
est imprévisible et chaotique. Gould a fait remarquer à maintes
reprises que si nous pouvions rembobiner la bande d'évolution
biologique sur la Terre et recommencer, il est impossible que les
hommes apparaîtraient de nouveau sur la scène.
D'autres
ripostent, bien sûr, que nous ne cherchons pas d'humains. Personne ne
s'attend à trouver des hommes parmi les étoiles (pas de vertsen tous
les cas). La question est plutôt de savoir si n'importe quelles formes
de vie développent la capacité d'employer des outils, manipuler
l'information, et d'organiser des sociétés assez grandes et assez
complexes pour découvrir les principes de l'électronique. Pour les
optimistes cela ressemble à une différence seulement dans le degré, pas
dans le genre, des niveaux d'intelligence et du comportement constant
qui sont apparus indépendamment dans les espèces largement divergentes
d'animaux sur la Terre, des singes à la pieuvre. Mais Gould note qu'il
n'y a aucun modèle complet dans l'évolution, aucune direction préférée.
Notre notion que l'augmentation de diversité biologique est
nécessairement accompagnée par une augmentation de capacités mentales
peut être erronée. Si certains des animaux récemment développés sont
plus grands et plus adroits que n'importe quel animal apparu plus tôt ,
cela pourrait juste être un hasard extraordinaire. Human levels of
planning and technology may be even more so. There are no firm
indications that increased intelligence is an inevitable product of
biological evolution.
Il n'y a pas d'indications fermes que
l'augmentation de l'intelligence soit un produit inévitable de
l'évolution biologique. Pour quelques biologistes et les partisans du
SETI, l'expression "la survie du mieux adapté" implique qu'une
intelligence plus grande augmente inévitablement la chance d'une espèce
de survivre et de se répandre par la sélection naturelle. Mais le
biologiste renommé Ernst Mayr (Université de Harvard) soutient que
beaucoup d'astronomes et physiciens sont beaucoup trop optimistes
concernant l'apparition d'intelligence. "Les physiciens ont toujours
tendance à penser de façon plus déterministe que les biologistes," a
écrit Mayr dans l'édition de mai 1996 de The Planetary Report. "Ils ont
tendance à dire que si la vie est née quelque part, il se développera
aussi l'intelligence en temps voulu. Le biologiste, d'autre part, est
impressionné par l'invraisemblance d'un tel développement." Assez
singulièrement, les optimistes et les pessimistes basent leurs
revendications sur la même observation - à savoir que la technologie
est apparue sur cette planète après 4 milliards d'années. Les
pessimistes (ou les réalistes, comme ils préféreraient être appelés)
comme Mayr voient cela comme la preuve de l'improbabilité
d'intelligence comme donnée évolutionnaire.
Pour les
optimistes, il renforce leur croyance en l'existence de civilisations
extraterrestres. Cette divergence provient en partie des différentes
formations intellectuelles des spécialistes . Pour un biologiste,
quelque chose qui est arrivé une fois en 4 milliards d'années est
terriblement rare. Les astronomes prennent une vue plus large : quelque
chose qui est arrivé une fois dans moins de la durée de vie d'une seule
planète semble raisonnable pour les planètes généralement. Les
optimistes font remarquer que la Terre a plus d'un milliard de bonnes
années devant elle avant d'être cuite par le Soleil s'étendant. Les
partisans comme Drake ne veulent pas accepter notre unicité, parce que
cela nous mettrait sur un très non-Copernicien piédestal . Évidemment,
fi est le facteur le plus controversé dans l'équation. Quelques
scientifiques croient qu'il est presque certainement proche de zéro ;
d'autres sont convaincus qu'il est proche de un. Il semble n'y avoir
aucun terrain d'entente. La question de l'inévitabilité d'intelligence
est actuellement la plus polarisée de la discussion concernant SETI.
Catastrophes planétairesMême
si l'intelligence est une conséquence probable de toute évolution, la
valeur de fi sera probablement très inférieure à 1, résultat basé sur
de récentes données concernant la stabilité des systèmes solaires et
des climats planétaires. Une planète propice à l'avènement de la vie ne
proposera pas tout au long de son existence des conditions identiques.
Des
simulations réalisées par ordinateur (par Fred Rasio et Eric Ford, du
Massachusetts Institute of Technology) démontrent que des planètes
similaires à la Terre seraient incapables de réchapper de la "lutte à
la corde gravitationnelle" dans un système planétaire où évolueraient
deux ou plusieurs géants comparables à Jupiter. Les effets
gravitationnels engendrés par de tels astres éjecteraient les planètes
du système en question ou les expédieraient en direction de son soleil.
Inversement,
les systèmes sans planètes géantes pourraient aussi avoir des
conséquences sinistres pour l'évolution de la vie en leur sein. Des
simulations informatiques (réalisées par George Wetherill, Carnegie
Institution of Washington) indiquent que la forte masse de Jupiter agit
comme un puissant aspirateur gravitationnel dans le système solaire,
efficace puisqu'il limite fortement les risques de voir la Terre
percutée par un astéroïde ou une comète en les dispersant. Sans la
présence de Jupiter, le taux actuel d'impacts possibles sur la Terre
serait mille fois supérieur. avec des collisions vraiment
catastrophiques (comme celle survenue il y a 65 millions d'années,
cause de l'extinction des dinosaures), arrivant tous les 100.000 ans.
Cela réduirait d'autant les chances d'un progrès évolutionnaire d'une
forme de vie simple vers des formes plus intelligentes.
Des études
dynamiques (réalisées par Jacques Laskar et Philip Robutel, Bureau des
Longitudes, Paris) montrent aussi que des planètes telluriques
connaissent des variations chaotiques d'inclinaison orbitale qui
pourraient mener à des changements climatiques drastiques.
Heureusement, les tendances chaotiques de la Terre sont amorties par
l'interaction du système des marées induit par la Lune. Sans un
satellite suffisamment important, la Terre pourrait connaître des
variations de son axe d'inclinaison semblables à Mars, probablement
importantes de 20° à 60°. Cela causerait des variations extrêmes dans
les modèles des saisons.
Les estimations de tous ces éléments
seraient susceptibles de bouleverser et d'influencer l'évolution de la
vie, et réduiraient les chances de celle-ci d'engendrer une forme
d'intelligence. Pour les biologistes, de tels événements promouvraient
l'émergence de nouvelles espèces, versatiles et s'adaptant. Paul F.
Hoffman (Harvard University) et trois collègues ont proposé en 1998 que
la série de périodes glaciaires extrêmes que la Terre a connues il y a
760 et 550 millions d'années a certainement provoqué la glaciation de
chaque surface océanique, même au niveau de l'équateur. Ces deux ères
auraient conduit à la remarquable explosion de nouvelles formes de vie
du Précambrien. Les grandes périodes d'extinctions massives, dont
témoigne le passé géologique de la Terre, ont toujours été suivis d'un
rétablissement rapide, engendrant de nouvelles espèces qui n'existait
pas auparavant. Notre propre espèce, citée comme un exemple possible
d'évolution conduite de stress menant à l'adaptabilité et
l'intelligence, ferait suite à une période glaciaire. Une planète avec
un faible axe d'inclinaison pourrait en fait précipiter les choses.
Mais
des crises planétaires trop extrêmes ou trop fréquentes élimineraient
tout ou maintiendraient la vie à un faible niveau d'évolution. En tout
cas, notre existence semble maintenant être le résultat accidentel de
quelques coïncidences astronomiques, ce qui en 1961 paraissait
inimaginable.
Le nombre de civilisations extraterrestres capables de communiquer avec nous : fc Supposons
que des intelligences extraterrestres sont rares, mais existent bien.
Pourrions-nous nous attendre à ce qu'ils communiquent avec nous au
moyen d'ondes radio ? Quelle fraction de civilisations est capable (et
d ésireuse) d'émettre d'une façon que nous pouvons détecter ? Autrement
dit, quelle est la valeur de fc. Les partisans du projet SETI ont
tendance à penser qu'elle est grande : tôt ou tard, toute civilisation
technologique découvre que les ondes radio sont un moyen efficace de
communiquer sur des distances astronomiques, et qu'elle voudra faire
ainsi.
Pourrait-il y avoir une forme naïve d'anthropocentrisme
dans cette opinion? Est-il raisonnable d'attendre que des êtres d'une
autre planète, aussi intelligents et pleins de ressources soient-ils,
décident de bâtir de puissants radiotélescopes ? Peut-être
n'apprécions-nous pas à sa juste valeur la diversité de l'évolution
biologique, ou ne prenons-nous pas suffisamment en compte la portée des
sciences et des technologies qui restent inexplorés. Peut-être les
ondes radio restent-elles désespérément primitive en comparaison de
quelque chose que nous devons encore découvrir.
Avec fi et fc
complètement indéterminé, nous sommes laissés avec le dernier terme de
l'équation de Drake : L, la durée de vie (de fonctionnement) moyenne de
civilisations communiquantes. Ici aussi, les optimistes et les
pessimistes ont des opinions bien différentes.
Les optimistes
pensent qu'une société intelligente, stable, pourrait durer des
dizaines de millions d'années, si ce n'est éternellement. Cela
atténuerait certainement l'effet de goulot d'étranglement (cité plus
haut) dans l'équation. De plus, une espèce d'une grande longévité
aurait le temps de s'étendre à beaucoup d'étoiles, multipliant sa
présence. Les pessimistes, prenant l'exemple de l'espèce humaine,
doutent d'un tel scénario. Pour eux, bien que l'homme ait inventé la
technologie radio il y a seulement quelques décennies, la race humaine
a été sur sur le point de se détruire à plusieurs occasions (guerre
technologique et pollution). La même puissance technique qui permet la
communication interstellaire permet aussi l'autodestruction rapide.
Mais
d'autres personnes ont déclaré que l'animal humain (par opposition à la
civilisation humaine), serait presque dans l'impossibilité de
s'auto-détruire. Les individus sont trop répandus géographiquement et
trop capables (dotés d'assez de connaissances) ; les poches d'individus
trouveraient des solutions pour survivre à n'importe quelle drame
imaginable, guerre nucléaire ou catastrophe écologique. Ces survivants
pourraient repeupler la Terre en un millier d'années, et une deuxième
civilisation technologique se développerait plus facilement que la
précédente. Peut-être cela se produira-t-il plusieurs fois.
Peut-être
la plupart des arguments avancés par les pessimistes découlent-ils
d'une observation réelle : la Terre n'a pas déjà été envahie par des
extraterrestres (contrairement à quelque opinion populaire). C'est une
observation plus profonde qu'il ne pourrait sembler.
Une
civilisation âgée de plusieurs centaines de millions d'années
disposerait d'assez de temps pour s'étendre à chaque planète de la
Galaxie, même aux vitesses lentes prévisibles avec notre propre
technologie. La colonisation de nouveaux territoires semble être une
caractéristique universelle des êtres vivants. Et encore, la Terre ne
donne aucun signe d'avoir été colonisée par une technologie supérieure
dans son histoire. On connaît cela comme le paradoxe de Fermi, d'après
le physicien nucléaire Enrico Fermi qui très tôt dans les années 1950 a
demandé :
"Où sont-ils ?"(Les
partisans des ovni pourraient répondre que nous sommes déjà envahis.
Mais des scientifiques et autres investigateurs prudents se sont
penchés avec sérieux sur ce sujet et n'ont rien trouvé de probant qui
confirmerait ces théories. Plus de 50 ans après sa naissance,
l'ufologie reste stérile et n'a abouti sur aucun résultat tangible).
Les
optimistes ont répondu au paradoxe de Fermi de plusieurs façons.
Peut-être qu'une culture vraiment civilisée se détourne-t-elle de
l'impérialisme, ou peut-être que les expéditions impériales s'arrêtent
d'elles-mêmes après l'annexion de quelques milliers de planètes.
Peut-être vivons-nous dans un secteur inintéressant de la galaxie
(l'équivalent d'un région rurale des Etats-Unis). Ou peut-être ces
extraterrestres se sont-ils installés autour de nous, mais qu'ils
obéissent (comme dans Star Trek) à une directive principale de "non
ingérence" afin de ne pas interférer dans notre évolution : c'est
l'hypothèse "zoo". A moins qu'au contraire un voyage interstellaire ne
soit beaucoup trop coûteux en terme d'efforts et d'énergie, que ces
civilisations aient eu mieux à faire avec leurs ressources comme
d'examiner l'Univers par l'astronomie et les ondes radio.
Ou
peut-être que le fait que les extraterrestres ne soient pas campés dans
votre chambre à coucher signifie vraiment que nous sommes seuls dans la
Voie Lactée. Peut-être que la plupart des galaxies est soit
complètement stérile soit entièrement colonisée.. Dans ce dernier cas,
nous pouvons très bien nous attendre à recevoir un signal originaire
d'au-delà la Voie Lactée.
"Le succès ne peut pas être prévu" Pouvons-nous
toujours croire que N = L ? Probablement pas. En ce qui concerne N = 0
? Pour beaucoup de personnes, cela est fondamentalement inacceptable,
mais bien sûr l'univers n'est pas obligé de vivre en accord avec nos
espoirs et espérances. Peut-être y-a-t'il quelque vérité dans le dicton
qui dit que rien n'arrive seulement une fois. Peut-être que des
civilisations étrangères existent et que certaines essayent de
communiquer via des transmissions radio. Mais leur nombre pourrait être
très, très petit.
Dans la préface de "Is anyone out there ?"
Drake a écrit qu'il a voulu "préparer des adultes pensants au résultat
de l'activité de la recherche actuelle (la détection imminente de
signaux d'une civilisation extraterrestre). Cette découverte, dont
j'attends vraiment d'être témoin avant l'année 2000, changera
profondément le monde." Ceci a été écrit pendant les jours impétueux où
les recherches radio maintenant interrompues de la NASA étaient sur le
point de démarrer.
En juillet 1996, à la cinquième conférence internationale de bioastronomie de Capri, en Italie, Drake a avoué :
"peut-être étais-je un peu trop optimiste. Le succès ne peut pas être prédit." Cocconi et Morrison l'avaient déjà dit ainsi dans leur article de Nature en 1959 :
"la probabilité de succès est difficile à estimer, mais si nous ne cherchons jamais, la chance de succès est zéro."En
attendant, l'équation de Drake reste l'icône la plus connue d'un des
efforts les plus prévisionnels de l'espèce intelligente terrestre : la
recherche des habitants du vide sombre du cosmos et pour une
perspective plus large, plus vraie sur notre place dans l'espace et le
temps et sur la signification de la vie. La formule a bien servi cet
effort en fournissant une base raisonnable pour la recherche, en
concentrant notre attention sur les questions vraiment importantes et
en définissant un but clairement visible. Nous sommes sur une longue
voie avant d'atteindre ce but.
Nous avons mis plusieurs
décennies à connaître la valeur du paramètre R et nous sommes
maintenant aux prises avec le deuxième, fp. Cela nous laisse avec deux
points d'interrogation de taille moyenne et trois grands - et beaucoup
de spéculation. Mais peut-être que l'équation de Drake ne doit pas être
résolue après tout. Sa valeur réelle peut être cachée dans ces points
d'interrogation stimulants. L'incertitude et la curiosité tiendront la
recherche en haleine pour les années à venir. Peut-être que la
récompense réelle pour SETI ne doit pas ne rapporter qu'un résultat
"oui ou aucun", mais nous aider à en découvrir plus sur nous.
Tout
comme les paramètres fi et fc, la valeur de L nous est complètement
inconnue. L, qui représente le taux de la durée de vie moyenne d'une
civilisation capable de communiquer par ondes radio. Ces facteurs,
autant scientifiques que sociologiques, sont dans l'équation de Drake
un grand sujet d'incertitude et font l'objet de nombreux débats. Pour
beaucoup d'astrobiologistes, il serait assez naïf de supposer que
l'évolution d'une forme de vie sur un autre monde doive nécessairement
donner naissance à une forme d'intelligence telle que nous la
connaissons sur Terre. L'évolution est imprévisible et surtout très
chaotique. Nous devons garder à l'esprit que nous ne sommes pas
l'aboutissement ultime de l'évolution de l'Homo Sapiens et que bien
malgré nous, nous continuons à évoluer. Pour beaucoup de scientifiques,
nous devons l'apparition de l'espèce à de nombreux facteurs, et il
n'est vraiment pas certain que si nous repartions de zéro, le résultat
soit identique. Bien entendu, la recherche ne se focalise pas sur la
recherche d'Homme extraterrestre. Peu de personnes s'attendent à
trouver des Hommes parmi les étoiles.
Le problème est que si
une forme de vie quelconque évolue si intelligemment qu'elle devient
capable d'utiliser des outils, de manipuler l'information et de
s'organiser en société pour finalement découvrir les principes qui
régissent son environnement, il nous faudra prendre en compte certains
paramètres. Ainsi sur Terre, l'Homme est issu du singe et non pas par
exemple de la pieuvre ce qui prouve que différents niveaux
d'intelligence et de comportement peuvent émerger indépendamment et que
des espèces totalement différentes n'évolueront pas dans le même sens.
Pour de nombreux scientifiques il ne fait aucun doute qu'il n'y a aucun
modèle général de l'évolution capable d'en dessiner la finalité.
Notre
notion de penser que l'accroissement de la diversité biologique
aboutisse nécessairement à l'augmentation de nos aptitudes mentales est
un grand tort. Si certains animaux plus jeunes sont plus grands, plus
intelligents que n'importe quelles autres formes plus anciennes, c'est
uniquement dû au hasard. Dans le cas de l'homme, il est indéniable que
plus nous évoluons, plus nos capacités intellectuelles se développent,
mais rien ne nous laisse penser que l'augmentation de notre
intelligence soit le signe inévitable de l'évolution biologique.
Certains biologistes et autres partisans du SETI estiment qu'une plus
grande intelligence permet à une espèce de survivre et de se développer
par la sélection naturelle. Mais d'autres personnes pensent que nous
sommes trop optimistes au sujet de l'émergence d'une forme de vie
intelligente extraterrestre. Le plus étrange, c'est que les optimistes
et pessimistes basent leurs conclusions sur les mêmes observations.
C'est-à-dire sur notre propre exemple. Les pessimistes, qui préfèrent
être appelés les réalistes, ne voient dans notre développement que des
improbabilités, alors que pour les optimistes, notre développement
renforce leur croyance dans l'existence de civilisations
extraterrestres. La Terre a plus d'un milliard d'années de vie plus ou
moins tranquille devant elle avant que le gonflement du Soleil ne
provoque une hausse des températures si brutale que toute vie sous la
forme telle que nous la connaissons actuellement soit détruite. C'est
plus de deux fois le temps nécessaire aux simples créatures rampantes
pour sortir de la mer pour finalement conquérir la terre.
Si
l'émergence d'une quelconque forme d'intelligence était si difficile et
tellement rare, les optimistes estiment qu'elle ne serait probablement
pas arrivée si tôt par rapport à l'évolution de notre planète. On peut
donc logiquement s'attendre que d'ici plusieurs millions d'années, des
créatures émergeront et seront dotées d'une intelligence peut-être
complètement différente de la nôtre. Cet argument repose entre autres
sur l'émergence rapide des micro-organismes sur la jeune Terre. Les
pessimistes répondent que nous ne connaissons pas réellement les
conditions que connaîtra la Terre à plus longue échéance. Son climat
apparemment stable peut très bien résulter d'une série de hasards
chanceux s'étalant sur plusieurs milliers d'années. Si nous sommes
apparus si tard par rapport au laps de temps qui s'est écoulé
jusqu'aujourd'hui, et que nous sommes là à considérer la question,
suggère simplement que l'apparition de l'intelligence soit un événement
très improbable. Aussi étrange que cela puisse paraître, les deux camps
acceptent les principes énoncés par Copernic qui clame que le genre
humain n'a besoin d'aucune position particulière dans le temps et dans
l'espace pour évoluer. Les sceptiques disent qu'il est
anthropocentrique de croire que le même type d'intelligence humaine est
apparu partout dans l'univers. Drake, lui, n'est pas disposé à accepter
notre unicité parce que cela placerait Copernic sur un piédestal.
http://exobio.chez-alice.fr/drake.htm