Ovni: Ce site sérieux présente avec pédagogie et pragmatisme, les éléments historiques les plus solides sur le phénomène Ovni et ses grandes implications.
On
a vite fait de dire: c'est puéril. Ce qui est puéril, c'est de se
figurer qu'en se bandant les yeux devant l’Inconnu, on supprime
l’Inconnu. (Victor Hugo. Contemplation Suprême)
Si
nous l'avons choisi, c'est parce qu'il illustre fort bien l'état d'une
certaine réflexion à cette époque, et témoigne de l'enthousiasme et de
la pugnacité de ce chercheur qui a marqué de façon déterminante
l'ufologie, en étant même, si l'on peut dire, l'un de ses
géniteurs.Aimé Michel était avant tout un défricheur, un casseur de
cailloux, laissant à d'autres le soin de poursuivre les recherches sur
les voies qu'il avait désignées. Après avoir, pendant une vingtaine
d'années, été l'un des acteurs de pointe de la recherche ufologique (il
fut à l'origine du Collège Invisible), il s'en retira au début des
années 70, arguant que d'autres que lui étaient mieux à même de
continuer le travail, et éprouvant une certaine lassitude devant
l'impénétrabilité du phénomène.
Honnête avant tout, il faisait
remarquer peu avant sa mort qu'après trente ans d'études, tout ce qu'il
savait avec certitude sur les soucoupes volantes pouvait tenir sur un
timbre-poste.
Un article d'Aimé Michel paru dans la revue Planète en 1963 (n°10 de mai-juin).
Pour
l’immense majorité du public, le problème des soucoupes volantes se
présente actuellement, en 1963, de la façon la plus simple du monde:
les soucoupes volantes sont une fumisterie, ceux qui en voient sont des
farceurs ou des illuminés, et le problème n'existe pas. Je prendrai
donc ici le problème en cet état, m'adressant par hypothèse au lecteur
dont le siège est fait et qui ne consentira à parcourir cet article que
par indulgence. Je lui demanderai seulement l’effort d'un peu
d'attention et un esprit critique en éveil.
Le problème des
soucoupes volantes vient en tête du bataillon des damnés, des exclus de
la science, dont parlait Charles Fort. En notre pays du moins; car aux
Etats-Unis et en U.R.S.S., pour ne citer que ces deux pionniers de la
science moderne, des organismes officiels ont reçu la mission d’établir
des fiches, de dresser des statistiques, de tracer des courbes pour
tenter de trouver une explication, quelle qu'elle soit, aux rumeurs
persistantes concernant l'apparition de mystérieux objets dans le ciel.
La clameur qui montait de toute part a paru suffisamment forte pour que
des gens sérieux s'efforcent d’en saisir le sens. En ouvrant ce dossier
en France, j'ai seulement le sentiment de me substituer à d'autres
chercheurs disposant de moyens d'investigation plus puissants que les
miens et qui peut-être auraient dû, à l'instar de leurs collègues
étrangers, aller jeter un coup d’œil de ce côté. Cette revue est celle
des ouvertures de la science; elle s'efforce de comprendre la
connaissance lorsqu'elle est en marche et non simplement lorsqu'elle
est arrêtée. Pour la raison même qu’elle a choisi délibérément cette
position marginale pleine d'inconfort, elle est plus qu'aucune autre
férocement opposée aux fausses sciences. Je m'en tiendrai dans cette
étude à la règle qu'elle s'est donnée pour explorer le domaine immense
de l’inconnu: l'utilisation rigoureuse de la méthode scientifique.
Celle-ci donne à celui qui y recourt un premier droit: le droit de
poser des questions, toutes les questions.
Le problème des mondes habités
Et d'abord, la soucoupe volante est-elle possible?
Poser
cette question, c'est se demander si compte tenu des connaissances
actuelles de l’astronomie, de la biologie et de la physique, et de cela
seul, il est contradictoire, possible ou vraisemblable que des engins
artificiels, produits d'une technologie non humaine, soient aperçus
dans les parages de notre planète.
a) Les enseignements de l’Astronomie
Sur le point qui nous intéresse, cette science nous donne les précisions suivantes:
La Terre, où est apparue la seule vie que nous connaissions directement, est une des neuf planètes du Soleil. Nous
ne savons pas si la vie existe sur les huit autres, sauf en ce qui
concerne Mars, où les analyses spectrophotométriques de l’Américain
William Sinton au Mont-Palomar ont prouvé, en 1958 et 1960, la nature
organique des taches sombres variant au sol avec les saisons
martiennes; conjuguées avec les résultats polarimétriques du Français
Audoin Dollfus sur les mêmes taches sombres, les analyses de Sinton ont
pour la première fois dans l’histoire donné la preuve d'une vie
extra-terrestre. En effet, les plages sombres de Mars présentent un
ensemble de caractères appartenant à la vie et à elle seule: leur
nature chimique est organique, elles se régénèrent au printemps, elles
poussent au-dessus du sol, et leur évolution saisonnière est en rapport
avec la présence de l’eau. Le système solaire comporte donc au moins
deux planètes vivantes: la Terre et Mars. D'autre part, le Soleil
n'est qu'une étoile parmi les deux cents milliards d'étoiles environ
que compte notre galaxie. II appartient à la classe spectrale G,
relativement nombreuse (au moins plusieurs milliards dans notre seule
galaxie). C'est une étoile à rotation lente, et nous savons maintenant
que toutes les étoiles à rotation lente (une sur dix certainement, et
peut-être une sur quatre) ont des planètes. Il y a donc dans notre
système galactique au moins vingt milliards et peut-être cinquante
milliards d'étoiles dotées d'un système planétaire. Ceci est une
évaluation statistique, mais les spécialistes de l’astrométrie
(Hölmberg, Schlesinger, et surtout Van De Kamp) ont mis en évidence par
des méthodes directes la présence de corps planétaires autour d'une sur
six environ des étoiles les plus rapprochées de nous, astres tout à
fait quelconques par ailleurs. Enfin (et nous verrons tout à l’heure
l'importance de cette donnée astronomique), les étoiles ont des âges.
Certaines sont en voie de formation.
D'autres, comme le Soleil,
ont un âge moyen (environ huit ou dix milliards d'années). D'autres
enfin, surtout dans les amas globulaires, sont très vieilles: jusqu’à
vingt et même trente-cinq milliards d'années. Les étoiles jeunes sont à
rotation rapide, les autres généralement à rotation lente, ce qui
montre que la formation d'un système planétaire autour des étoiles est
un événement normal de leur longue vie. L’étude de l’âge de la Terre et
des météorites confirme d'ailleurs que les planètes de notre système
solaire se sont formées peu après le Soleil lui-même.
b) Les enseignements de la Biologie
La
vie terrestre est omniprésente: au fond des océans, à la surface du
sol, dans l’air, dans le froid des pôles aussi bien que sur l'équateur,
dans les sources sulfureuses, dans les cavernes. dans l'eau presque
bouillante des geysers, dans le pétrole, et jusque dans l’eau lourde
des piles atomiques. Elle s'adapte a tous les milieux, pourvu que la
température n'y excède pas cent degrés. Elle vole, elle rampe, elle
nage, elle s'enracine, elle se parasite elle-même, elle organise les
plus extravagantes symbioses.
Cette effarante diversité est une
première présomption en faveur de son universelle adaptabilité et, par
conséquent, de sa présence partout où les conditions ambiantes le
permettent.
Mais la découverte de la vie sur Mars transforme la
présomption en certitude. Frank Salisbury, professeur de botanique à
l’Université de Colorado, a étudié pendant des années les organismes
terrestres supposés pouvoir subsister dans le milieu martien: ni les
mousses ni les lichens, chers à la vulgarisation de naguère et même à
certains astronomes actuels peu informés de biologie, n'ont résisté à
ses observations et à ses expériences. Seules certaines algues
s’accommoderaient peut-être des conditions de la planète rouge: mais,
d'un autre côté, des algues ne rendent pas compte des faits observés
sur Mars.
La vie martienne, dit Salisbury, est donc autre chose,
ce qui est bien confirmé par l’identification des acétaldéhydes dans
les régions sombres par Sinton. Non seulement, donc, la vie terrestre
s'accommode de toutes les conditions terrestres, mais la première vie
extra-terrestre avec laquelle la science ait établi un contact
expérimental apparaît d'emblée comme très différente de tout ce que
nous connaissons et capable de subsister dans des milieux délibérément
aberrants à nos yeux.
Sur Mars, une vie hautement adaptée
L’observation
des variations saisonnières sur Mars montre de plus que la vie y est
hautement adaptée. Elle évolue en effet au printemps avec une
foudroyante rapidité (de Vaucouleurs), envahit les déserts (Antoniadi,
Phocas), change d'année en année (Antoniadi, Slipher), efface en
quelques jours l’effet des grandes tempêtes de poussière jaunâtre
(Öpik). Tout cela, pour le biologiste, traduit une organisation
complexe, fortement adaptée et différenciée, et par conséquent une
évolution ancienne ayant abouti à un vaste système en équilibre,
comparable, par ses effets globaux, à celui au milieu duquel nous
vivons. Certes, nous n'en voyons, à soixante millions de kilomètres de
distance, que l’aspect végétal, et il ne peut en être autrement:
transportés sur Mars, les instruments des astronomes que je viens de
citer ne verraient, eux aussi, que les forêts et les campagnes
terrestres. Mais l’écologiste, qui est le spécialiste des milieux
vivants, sait par expérience qu'un cycle biologique ne peut persister
qu'en se bouclant, et que là où il y a un chou, il y a une chèvre pour
manger le chou, un loup pour manger la chèvre, des parasites sur le
chou, la chèvre et le loup, des bactéries pour rendre leurs cadavres au
" terreau " de la biosphère.
Le peu que nous savons de la vie
martienne nous la montre donc globalement semblable à la vie terrestre
par les grands processus de son évolution, même si le détail est
destiné à nous échapper pendant quelques années encore, et, précision
d'une importance capitale, même si son infrastructure biologique,
climatologique, géophysique, est presque totalement différente de celle
de la vie terrestre. Ce dernier fait nous contraint à la généralisation
suivante: puisque la vie existe avec tous ses caractères essentiels
dans des milieux aussi différents que le milieu terrestre et le milieu
martien, c’est qu'elle n'est nullement tributaire du milieu terrestre,
et qu'il faut s'attendre à la voir proliférer sur des myriades de
planètes, même très différentes de la Terre et de Mars.
Une pensée technologique et scientifique?
Mais
ce n'est pas tout. Sur Terre, la vie est entrée en évolution dès ses
origines. La paléontologie en suit le progrès constant et accéléré à
travers les âges géologiques depuis le précambrien jusqu'à l’homme. La
haute adaptation de la vie martienne, qui se traduit par l’aisance et
la rapidité de ses variations saisonnières, nous montre qu'il en a été
de même sur la planète Mars. On peut, certes, en attendant la preuve
formelle, décider de croire que la Terre et Mars sont des exceptions,
qu'elles sont les deux seules planètes à biologie évolutive de
l’univers, mais il est évident que les motifs d'une telle croyance ne
sauraient être que d'ordre théologique et que les connaissances
acquises à ce jour nous inclinent toutes à penser le contraire. Le même
raisonnement s'impose à nous sur la question de savoir si le niveau
humain atteint par l’évolution terrestre à l’ère quaternaire est une
exception ou une généralité. II s'impose même avec encore plus de
force, car toute la paléontologie terrestre nous montre avec une
invincible évidence le processus d'hominisation en marche dans le règne
animal depuis les âges les plus reculés, depuis l’apparition des
premiers mammifères, et même depuis les premiers êtres à système
nerveux central.
Les millions d'espèces qui ont précédé les
animaux actuels témoignent que l’homme n'est nullement le produit d'un
hasard miraculeux, mais bien l’aboutissement d'une longue recherche de
toute la vie animale terrestre, un aboutissement inévitable et fatal.
La meilleure preuve en est le nombre extravagant d'ébauches humaines
variées qui ont précédé notre réussite, si c'en est une, et dont les
paléontologistes retrouvent un peu partout les fossiles: si nous
n'étions pas là, nous, les Homo Sapiens, quelqu'un d'autre y serait.
La
pensée technologique et scientifique a donc toutes les chances d’être
presque aussi répandue dans l’univers que la vie elle-même. Là encore,
certes, on peut arguer de raisons théologiques pour croire le
contraire. Mais toutes les évidences scientifiques vont dans ce sens.
Songez au temps...
Et
c'est ici qu'il faut rappeler les précisions données tout à l' heure
sur l’âge des étoiles. La pensée rationnelle est apparue dans le
système solaire (sur Terre) vers le huitième ou le dixième milliard
d'années de son âge. D'autre part, l’histoire humaine montre que le
stade historique de la conquête de l’espace par cette pensée a été
atteint après quelques siècles à peine du développement de la recherche
technologique. Trois cent cinquante ans après Galilée, les premiers
engins humains croisent au large de Vénus (MarinerII) et de Mars (Mars
I). Où en seront les hommes dans un millénaire? Mais surtout, où en
seront-ils dans un million, dans un milliard d’années?
Or, nous
l’avons vu, il existe une foule innombrable d'étoiles qui ont commencé
à évoluer des milliards, et peut-être des dizaines de milliards
d'années avant le Soleil. Quels niveaux inimaginables ont pu atteindre
et franchir les sociétés intelligentes apparues dans ces systèmes
planétaires? N'est-il pas conforme à toutes les vraisemblances de
prévoir que ces sociétés ont depuis des temps fabuleux pleinement
domestiqué la technique de la communication et du voyage intersidéraux?
c) Les enseignements de la Physique
La
théorie de la relativité nous avertit qu'aucune masse physique ne
saurait atteindre la vitesse de la lumière, et à plus forte raison la
dépasser. Si cette théorie était le dernier mot de la science, les
voyages intersidéraux seraient difficiles à cause de leur durée,
quoique possibles cependant. L’aller et retour vers la plus proche
étoile prendrait huit ans. Mais nous savons que la relativité n'est pas
le dernier mot de la science, et ceci pour une raison fort simple:
c'est que toutes les tentatives pour établir une théorie unitaire ont
jusqu'ici échoué. L’Univers physique échappe donc encore à notre
intelligence, au moins par un de ses aspects fondamentaux. Nous ne
connaissons pas les limites du possible en science et en technique, et
aucun homme de science ne saurait se risquer à fixer d'avance ces
limites qui n'existent probablement pas.
Les présomptions les
plus raisonnables et les plus assurées de la science nous conduisent
par conséquent à admettre qu'en un nombre immense de points de
l’espace, la technique du voyage intersidéral est depuis longtemps
maîtrisée, et que des engins conduits par une pensée voyagent
constamment dans la Galaxie. Pour avoir le droit de refuser cette idée
(familière depuis longtemps à la science-fiction), il faut
préalablement récuser l’une ou l’autre des certitudes suivantes: l’âge
commun des planètes et du Soleil, l’apparition de l’homme sur la terre
à l’ère quaternaire, la vie sur Mars, l’existence de systèmes
planétaires autour d'une forte proportion des étoiles, et enfin la
formidable antiquité d'un nombre énorme d'entre elles. Accepter cela,
c'est reconnaître l’existence des soucoupes volantes, que nous les
ayons vues ou non. Et pour le refuser, il faut se mettre en
contradiction avec l’une ou l’autre des principales sciences actuelles.
L’afflux des témoignages
Ce
raisonnement n'est pas nouveau. Un homme de génie, l’Américain Charles
Fort, l’avait déjà fait très clairement il y a une quarantaine
d'années. La seule différence, c'est que Charles Fort ne pouvait
appuyer sa pensée que sur des présomptions, et que ces présomptions
sont devenues par la suite des certitudes. II supposait que les étoiles
avaient des planètes comme le Soleil, que certaines étaient plus âgées
que lui, et que la vie pouvait apparaître presque n'importe où. Mais
rien de cela n'était encore prouvé. Sa conclusion n'en était pas moins
limpide: "S'il y a tant d'astronefs dans l’espace sidéral, se
demandait-il, pourquoi ne les voyons-nous pas?"
Actuellement, la
même question doit être posée différemment. Un nombre considérable de
personnes affirment en effet les avoir vus, et une nouvelle discipline
est née, celle de l’étude des témoignages. Des commissions d'enquête
ont été créées, les unes officielles comme l’Air technical Intelligence
Center aux Etats-Unis, d'autres privées. Des chercheurs se sont peu à
peu spécialisés dans cette recherche depuis une quinzaine d'années. Ils
sont une cinquantaine dans le monde, et je les connais tous. La plupart
d'entre eux poursuivent leur travail clandestinement en raison du
discrédit jeté sur ce genre de recherche, réputé "pas sérieux". Ce sont
des astronomes professionnels, des techniciens de l’aéronautique, des
ingénieurs, des physiciens. Les extravagances et les impostures d'un
nombre considérable de charlatans les incitent d'ailleurs autant à la
prudence que la suspicion de leurs collègues. Mais les résultats acquis
ne sont pas moins intéressants. Ce sont ces résultats que nous allons
maintenant examiner.
Le nombre des témoins
Il
existe deux méthodes susceptibles d'opérer une évaluation grossière du
nombre de personnes qui, dans le monde entier, disent avoir vu des
objets dont la description ne peut être expliquée ni par des bolides,
ni par des météores, ni par des ballons sondes, ni par quelque
phénomène connu que ce soit. La première consiste à faire la somme des
dossiers répandus dans les fichiers existants. Mon propre fichier
comporte près de deux mille cas, dont les quatre cinquièmes environ en
provenance du territoire français. Diverses supputations aboutissent à
un nombre de l’ordre de trente à quarante mille dans le monde entier.
Dans une bonne partie des cas, disons la moitié, il y a eu plusieurs
témoins.
Mais cette évaluation ne vaut pas grand-chose, car la
plupart des observations ne sont pas communiquées aux chercheurs: les
témoins répugnent en effet à passer pour fous. Nous éprouvons ici
l’effet des campagnes de presse orchestrées par ceux que Louis Pauwels
appelle les "Messieurs en noir", et qui sont, non pas précisément les
savants en place, mais ceux d'entre eux dont ils dépendent
administrativement, augures qui tranchent du haut de leur position
officielle sans avoir le moins du monde étudié ce dont ils parlent, et
qui ont d'ailleurs, pour les honneurs, abandonné depuis longtemps toute
recherche.
Les sondages
D'où
l’intérêt de la seconde méthode, qui est le sondage. Dès 1958,
l’expérience de mes enquêtes m'avait conduit à la conclusion suivante:
en France, on peut dire qu'une personne prise au hasard, ou bien a vu,
ou bien connaît quelqu'un qui a vu. La difficulté est de chiffrer le
nombre moyen d'individus que connaît personnellement chaque Français.
Si l’on admet le chiffre de 200, cela donne pour la France entière plus
de 200 000 témoins.
Voici un deuxième type de sondage,
réalisé aux Etats-Unis par le capitaine Ruppelt du temps qu'il
dirigeait la commission d'enquête de l’A T I C, vers les années 1952-53
. Une enquête confidentielle effectuée auprès des astronomes américains
observateurs (les théoriciens, qui ne regardent jamais le ciel, étant
évidemment laissés de côté) aboutit à fixer le pourcentage des témoins
à 11% dans cette corporation supérieurement entraînée à l’étude du
ciel. A noter qu'en public tous ces témoins proclament hautement que
les soucoupes volantes sont une fumisterie, et que jamais quelqu'un de
sérieux n'a aperçu l’ombre d'une.
Troisième type de sondage: un
de mes amis américains, professeur dans une université et spécialiste
très connu de Mars, a fait aux Etats-Unis en 1962 une série de
conférences sur cette planète; le public était essentiellement
constitué d'hommes de science; ayant eu la malice de terminer chacun de
ses exposés par cette phrase: "... mais évidemment, la meilleure preuve
de l’existence d'une vie extra-terrestre serait l’observation d’un
engin venu d'une autre planète", il obtint presque régulièrement le
témoignage d'un ou de plusieurs de ses auditeurs. Pourcentage des
témoins: 1,5 pour cent, soit nettement plus que ma propre évaluation de
1958. Détail du plus haut intérêt: aucun de ces cas n'avait été
rapporté à la Commission d'enquête de l’Armée de l’Air ni aux journaux.
Il est donc bien certain que nous ne possédons dans nos fichiers qu'une infime proportion des observations.
Le témoignage des radars
A
côté du témoignage humain, il y a celui des appareils. Ecartons tout
d'abord un certain type de cas, bien étudiés en France par le
professeur Vassy, ou l’apparition de taches mobiles sur l’écran radar
est imputable à des inversions de température et à un effet de mirage
dans le spectre des ondes utilisées. Il s'agit là d'un phénomène bien
connu des spécialistes et sans aucun rapport avec l’objet de cette
étude. La tache de l’écran radar ne peut jamais, dans ce cas, être
observée visuellement, et pour cause: elle n'existe que sur l’écran. Voici en revanche un cas français que j'ai bien étudié à l’époque.
L'Affaire d'Orly
Dans
la nuit du 17 au 18 février 1956 à 23 heures, apparaissait sur le radar
d'Orly une tache correspondant à un objet d'une taille deux fois
supérieure à celle des plus grands appareils alors en service. Aucun
avion n'étant signalé dans la région, les techniciens se bornèrent
d'abord à suivre les évolutions de l’objet supposé, évolutions
fantastiques, puisque les vitesses variaient du sur-place le plus
rigoureux à 2'500 kilomètres/heure (notons, au passage, que, d'après
une étude américaine que je citerai tout à l’heure et qui fait
autorité, cette vitesse exclut déjà l’hypothèse de l’inversion de
température).
Mais voici qu'un DC 3 de la ligne de Londres
apparaît dans le champ de l’appareil. L’objet inconnu, qui à ce moment
était stationnaire, est vu sur l’écran démarrant à une vitesse
foudroyante et fonçant vers le DC 3. La tour d'Orly appelle alors ce
dernier pour lui demander s'il ne voit rien.
- Je vois une lumière rouge clignotante qui se dirige vers moi apparemment à très grande vitesse, répond le pilote.
- Quelle position attribuez-vous à cette lumière?
- La verticale des Mureaux.
C'était
la position repérée au radar. Le pilote du DC 3 dut changer de cap pour
éviter une collision qui lui semblait imminente, puis l’objet disparut
à ses yeux.
- Je ne vois plus rien. Avez-vous perdu le contact?
- Non, répond la tour de contrôle. L’objet semble être du côté du Bourget.
En
effet, le pilote, en se tournant de ce côté, aperçoit de nouveau non
seulement la mystérieuse lumière clignotante, mais bien l’objet
lui-même, énorme et noir sur le fond du ciel. Ce manège dura trois
heures consécutives. Au dire des enquêteurs de l’aviation civile, les
pilotes des divers appareils qui atterrirent cette nuit-là à Orly après
avoir vu la lumière clignotante, et parfois l’objet, manœuvrer autour
d'eux à des vitesses folles, étaient blêmes de peur.
Mais ce n'est pas tout:
a)
l’objet "connaissait " l’existence et la position des radio-balises. II
se déplaçait fréquemment de l’une à l’autre à des vitesses atteignant
3'600 kilomètres-heure.
b) Il "connaissait" l’existence et les
limites du radar. Quand aucun avion n'était en vue, il sortait du champ
du radar par la verticale, et n'y rentrait que pour foncer vers l’avion
en train d'approcher.
c) Et voici le plus fantastique. A un moment, pour en avoir le cœur net, les opérateurs appelèrent le radar du Bourget:
- Avez-vous la même réception que nous?
Aussitôt,
le radar d'Orly fut brouillé par une puissante interférence. Pour
échapper au brouillage, les opérateurs d'Orly changèrent de fréquence.
Plus de brouillage pendant quelques secondes, au cours desquelles
l’objet redevint parfaitement visible sur l’écran. Après quoi le
brouillage reprit sur la nouvelle fréquence: tout se passait comme si
l’objet, ayant intercepté et compris la conversation entre Orly et Le
Bourget, avait jugé importun le repérage radar et l’avait brouillé, et
ceci de fréquence en fréquence, car radar et brouillage ne cessèrent à
partir de ce moment de se poursuivre! Cette interprétation, il faut le
souligner, je la tiens des techniciens de l’aéronautique qui
enquêtèrent ensuite sur l’incident. Détail: le radar du Bourget, en
dérangement, ne fonctionnait pas cette nuit-là.
La commission Militaire Américaine
Ainsi,
dans ce cas particulier, l’observation radar fut doublée non seulement
de l’observation optique, visuelle, par les pilotes qui aperçurent
l’objet en vol, mais par tout un manège chat et souris évoquant
irrésistiblement une activité intelligente.
Quelques années plus
tard, je reçus à Paris la visite d'un des membres les plus éminents de
la Commission d'Enquête de l’U.S. Air Force venu consulter mes dossiers
et échanger avec moi ses impressions. Interrogé sur ce qu'il pensait du
cas d'Orly, il poussa un soupir désabusé:
- Des cas de cette sorte, nous en avons tous les mois aux Etats-Unis. - Et vous les expliquez? - Les expliquer? Comment les expliquerions-nous? C'est parfaitement inexplicable
-
Mais alors, pourquoi diable publiez-vous périodiquement des communiqués
affirmant que 99,5 % des cas qui vous ont été soumis ont reçu une
explication satisfaisante, et que les autres n'ont aucune importance? Nouveau soupir désabusé:
-
Pourquoi? Pour avoir la paix. N'oubliez pas que la commission
américaine est une commission militaire. Ah! si l’U.S. Air Force
confiait cette tâche à des hommes de science... "Tous les mois", disait cet honnête homme.
Certes,
les cas que l’U.S. Air Force a laissé publier ne sont ni les plus
nombreux ni les meilleurs. Mais nous disposons quand même de quelques
sources américaines suffisamment édifiantes.
Le Rapport du Capitaine Ruppelt
D'abord,
le rapport du capitaine Ruppelt, déjà cité. Nous y voyons que le cas
type, maintes fois répété avec quelques variantes, est le suivant: un
radar repère, en plein jour, un objet volant à des vitesses nettement
aberrantes, par exemple, le sur-place, ou des milliers de
kilomètres-heure. Les opérateurs du radar mettent le nez dehors et
voient l’objet, rond, en forme de soucoupe renversée, argenté, brillant
au soleil. Ils appellent un autre radar, qui le repère aussi. Ils
alertent une base militaire, qui fait prendre l’air à un chasseur. Le
chasseur approche, voit l’objet, le décrit par radio, et le prend en
chasse. L’objet le laisse approcher, puis s'éloigne plus vite qu'aucun
avion de chasse. Le pilote décrit la manœuvre, laquelle est suivie par
les autres radars. Objet et chasseur s'éloignent rapidement, arrivent
dans le champ d'un troisième radar qui se met à observer la scène à son
tour. Le chasseur épuise son carburant, vire et rentre à sa base.
L’objet s’arrête et revient là où il était, jusqu’à l’arrivée d'un
autre chasseur, et le petit jeu recommence.
- Quoi! tout cela se serait réellement passé et l’on n'en saurait rien?
Non
seulement tout cela s'est réellement passé une fois, mais c'est
justement la le type d'observation dont mon interlocuteur disait que
l’U.S. Air Force en avait tous les mois de semblables sur les bras.
Voyez le rapport de Ruppelt, édité en livre de poche par Ace Books, à
New York. Il y a, je l’ai dit, des variantes. Parfois, c'est un simple
citoyen qui déclenche tout en appelant une base militaire au téléphone.
Parfois, c'est un pilote qui appelle une tour de contrôle. Mais c'est
là, peut-on dire, du tout-venant.
Chaque fois que j'expose ce que l’on vient de lire, la réaction est la même: - Mais enfin, vous rêvez! C'est impossible! Cela se saurait!
Autres Rapports Officiels
Cela
se sait, précisément. Mais il faut, pour en acquérir la preuve, avoir
envie de se renseigner, c'est-à-dire, d'abord, de déverrouiller le
blocage mental provoqué de façon quasi automatique dans l’esprit de
tout contemporain par l’expression "soucoupe volante". J'ai cité
Ruppelt. Mais il y a mieux encore en fait de source. Et l’on n'a que le
choix. Voici un rapport officiel publié en mai 1953 par
l’administration de l’Aéronautique civile américaine. C'est une étude
consacrée aux observations-radar enregistrées sur la seule base de
Washington pendant une brève période de douze semaines, du 23 mai au 16
août 1952, période d'ailleurs quelconque. Le tableau des pages 2 et 3
de ce rapport relève 19 contacts radar. Quatre de ces contacts sont
doubles, c’est-à-dire que, dans quatre cas, l’objet a été repéré
simultanément par deux radars différents. Dans 16 cas, l’objet a été
vu. Dans trois cas, il était bleuâtre. Dans un autre cas, il était
rouge. Le 20 juillet, c'était un objet orange. Le 27, à 19 heures
30, c'est un objet sombre, sans luminosité, qui fut aperçu. Le 29
juillet, à 15 heures, un objet blanc. Et ainsi de suite.
Les
altitudes varient de 300 mètres, le 14 juillet, à 17 000 mètres, le 27
du même mois. Les vitesses repérées varient du surplace le 14 août à
1800 kilomètres à l’heure le 14 juillet. Un autre jour, la vitesse, non
indiquée, est qualifiée de fantastique (tremendous).
Veut-on
d'autres détails? Le 30 juillet, l’objet était de forme oblongue. Le 27
juillet, c'était un petit objet circulaire, sombre, à la tranche
parfois visible. Aucun bruit. Il se déplaçait vers le nord-est à faible
vitesse en oscillant et en ondulant. Les nuages allaient en sens
inverse. Il a disparu en entrant dans un nuage. Si maintenant on
étudie le tableau d'un peu plus près, on se rend compte que plusieurs
de ces "contacts" concernent le même objet, qui a été vu et cueilli au
radar en plusieurs endroits successivement dans des évolutions variées.
Le 27 juillet, par exemple, les observations se succèdent de 19 heures
30 (vitesse faible, disparition dans un nuage) jusqu'à minuit trente
(contact radar et visuel). A deux reprises, il y eut deux objets volant
de conserve et sept observations se succèdent ce jour-là en quelques
heures.
C'est au cours de l’une d'elles que fut notée la vitesse
"fantastique". Cette question de vitesse est très importante. La
seconde partie du rapport est en effet une étude des échos radar
provoqués par les inversions de température, et la conclusion de nos
deux auteurs est que la vitesse attribuée à l’objet fictif résultant de
tels échos ne peut être en aucun cas supérieure au double de la vitesse
du vent à l’altitude de l’inversion. De ce fait, l’explication par
le mirage, la seule possible, se trouve exclue, sauf dans une
observation du 13 août n’ayant d’ailleurs reçu aucune confirmation
visuelle.
La Vague sur L'Europe
La
"rumeur" des soucoupes volantes, comme dit Jung, est née, on s'en
souvient, aux Etats-Unis au début de l’été 1947. Pendant plusieurs
années la lecture des journaux put donner à croire qu'il s'agissait
d'un phénomène strictement américain.
Détail
curieux et bien oublié maintenant, la première interprétation du public
et de quelques techniciens qui s’y intéressaient ne fut nullement celle
d'engins d'origine extra-terrestre: l’opinion unanime fut d'abord qu'il
s'agissait d'une arme secrète américaine ou russe. L’hypothèse
extraterrestre ne commença à prendre corps qu'à la suite des démentis
de Washington et de Moscou, fréquemment réitérés en 1948 et 1949. Il
est encore question de la théorie de l’arme secrète dans mon premier
livre *, paru en 1954. Je l’écartais d'ailleurs, car les conversations
que j'avais eues en 1953 avec des officiers de la Sécurité de l’armée
de l’air avaient fini par me convaincre de l’inexistence du secret
militaire, fût-ce dans la Russie stalinienne. Mais dès l’instant que
l’origine extra-terrestre était envisagée, une question s'imposait qui
était aussi une objection: si des êtres intelligents originaires d'une
planète lointaine se donnaient la peine de venir jusqu'ici, pourquoi
n'atterrissaient-ils pas? Il me parut toutefois que cette façon de
poser le problème ressortissait à la pure spéculation et qu'une
recherche objective n'avait pas à en tenir compte. La véritable
question était une question de fait: ces engins existent-ils, oui ou
non, tout le reste relevant de la psychologie intersidérale, je veux
dire de la science-fiction.
Tout avait été vu en Automne 1954
Sur
ces entrefaites, survint la fameuse vague d'observations de l’automne
1954. Pendant cinq semaines environ, de la mi-septembre au 20 octobre,
les journaux européens jusque-là pratiquement muets sur la question se
mirent à publier chaque jour des dizaines et des dizaines de récits de
témoins. En Italie, en Angleterre, en Suisse, en Belgique, dans la
péninsule Ibérique et naturellement en France, il ne fut pendant cette
brève période question que de cela. Quelques flatteurs affirmèrent
alors que la source de cette vague devait être cherchée dans mon livre,
paru le printemps précédent. Hélas! mon livre était un four. On ne
commença à le lire (peu) qu’après la fin de la vague. Et les
innombrables témoins que j’interrogerai ignoraient jusqu'à mon
existence, je dis en France, et à plus forte raison, à l’étranger.
La
vague passée, quelques amis et moi travaillâmes des mois durant à
réunir tous les documents et à faire remplir des questionnaires.
Vers
1956, je me trouvai ainsi à la tête d'une documentation énorme,
chaotique et parfaitement délirante, dont il était impossible de tirer
la moindre conclusion. Tout avait été "vu" en septembre-octobre 1954.
Des objets en l’air, des échos radar, des objets en formation, des
objets au sol, et même leurs pilotes! En cent endroits, des moteurs
d'auto ou de camions avaient été stoppés "lors du passage en
rase-mottes d'une soucoupe", des phénomènes électriques d'induction
observés, de la terre arrachée au sol par un engin "prenant l’air
brutalement". II y avait des traces au sol, des rémanences magnétiques
faisant dévier la boussole, des témoignages concordants d'observateurs
éloignés les uns des autres et ne se connaissant pas. On pouvait même
souvent, par exemple le 3 octobre, suivre un "engin" à la trace à
travers la France, de témoignage en témoignage. Mais, d'un autre côté,
le tout présentait un aspect si délibérément démentiel que même les
chercheurs les plus blasés penchaient à donner raison au professeur
Heuyer, auteur d'une retentissante communication à l’Académie de
Médecine sur l’origine psychopathologique de la psychose soucoupique. Je fis moi-même plusieurs conférences dans ce sens.
Une
question pourtant nous intriguait, le petit groupe d'amis et moi qui,
ayant tué père et mère, nous obstinions à chercher un fil dans ce
labyrinthe: où diable se cachaient les victimes de cette psychose
supposée? Car le public, je ne dis pas dans sa majorité, mais bien dans
son unanimité, y compris la presque totalité des témoins, refusaient de
croire aux soucoupes volantes.
- Je ne sais pas ce que vous
racontent vos cinglés, me disait par exemple un mécanicien dont la
voiture avait été stoppée, moteur bloqué et phares éteints, sur une
petite route près de Dammartin-en-Goële, et, pour moi, je ne marche pas
dans ces histoires à dormir debout.
En pleine période de vague,
c'est-à-dire au moment où la psychose aurait du être à son comble, je
fus invité à prendre la parole dans le plus grand théâtre de Lille.
Cette conférence avait été préparée de main de maître par ses
organisateurs: affiches énormes sur les murs de la ville, interviews à
la radio, articles de presse. Je suppose que mes hôtes escomptaient de
somptueux bénéfices de leur opération.
L’avouerai-je? quand le
rideau se leva devant moi et que trente ou trente-cinq personnes au
plus se laissèrent apercevoir dans le désert de l’immense salle, je
poussais un soupir de soulagement.
Mais la vague n'en était pas moins réelle en tant que rumeur, et il fallait en trouver l’explication.
La découverte des alignements
-Si
ce que racontent ces gens est vrai, me dit un jour Jean Cocteau, si ces
engins existent et si on les a vus, il est inconcevable qu'un ordre
quelconque ne se cache pas sous ce désordre. C'est cela qu'il faut
chercher: l’ordre caché sous le désordre. Et, en effet, le désordre
d'une bataille cache les plans d'un état-major. Le tas de pierres peut
être la ruine d'un temple. Il y avait bien quelque chose derrière le
chaos de 1954, et ce quelque chose commença à m'apparaître en 1957.
La ligne Bayonne-Vichy
Si
l’on porte sur une carte de l’Europe tous les points où des soucoupes
volantes ont été observées pendant l’automne 1954, on obtient ce que
les mathématiciens appellent une répartition aléatoire. L’impact des
plombs d'une cartouche sur une cible, celui des gouttes de pluie sur un
trottoir, la position des arbres dans une forêt sont des répartitions
aléatoires: c'est le désordre du hasard.
Mais au lieu de porter
sur la carte toutes les observations de la vague, bornons-nous aux
observations d'un seul jour, le 3 octobre, ou le 14 du même mois, ou le
15 ou n'importe quel autre. Alors, dès le premier coup d’œil, quelque
chose se laisse reconnaître. Le 15 octobre par exemple, il y eut 8
observations: à Southend en Angleterre, une à Calais, une à
Aire-sur-la-Lys, une sur la Nationale 68 entre Niffer et Kembs
(frontière franco-allemande), une à l’embouchure du Pô, une à l’est de
Paris, une sur la Nationale 7 au sud de Montargis, une enfin à
Fouesnant, près de Quimper.
Si l’on joint l’observation
italienne à celle de la Nationale 68, cette ligne droite embroche très
exactement, à 400 kilomètres de là, l’observation d'Aire-sur-la-Lys,
puis celle de Calais, puis celle de Southend. Longueur de la ligne:
1'100 kilomètres. Cinq observations se trouvent rigoureusement alignées
sur cette longue distance. De plus, la droite Nationale 68 - Montargis aboutit à Fouesnant, et la droite Montargis-Calais passe par Paris. Hasard? Soit.
Prenons
un autre jour, le 24 septembre. Neuf observations ce jour-là. Sur les
neuf, six se trouvent sur une même droite allant de Bayonne à Vichy.
Deux des trois autres sont alignées avec une observation du précédent
alignement. La dernière est en dehors de tout alignement.
Ne
retenons que ]a première de ces lignes, la droite Bayonne-Vichy à
laquelle nous avons donné le nom de code de Bavic, car elle a fait
couler beaucoup d'encre dans le monde entier depuis 1954 et constitue
probablement une des clés du problème Soucoupe.
Compte tenu de
la précision des points d'observation, l’Américain Lex Mebane a pu
établir que la probabilité pour que, sur neuf points donnés au hasard
sur une surface, six se trouvent sur une même droite, cette probabilité
devrait être chiffrée à 1 contre 500'000 au moins, et peut-être à 1
contre 40'000'000. Autrement dit il y a certainement 500'000 à parier
contre 1, et probablement 40'000'000 contre 1, que la disposition des
observations du 24 septembre 1954 n'est pas aléatoire, qu'elle
correspond à un ordre.
Toujours sur le Bavic...
Ce
n'est pas tout. Un an environ après la parution du livre où j'exposais
ces faits étranges, Jacques Bergier me signala une observation de ce
même 24 septembre 1954 et qui m'avait échappé. Elle était signalée dans
un numéro du Parisien Libéré de la fin du mois et reprise de la presse
portugaise. Ce même 24 septembre, donc, il y avait eu au Portugal une
dixième observation: une "soucoupe" vue par un paysan près d'un petit
village de la sierra de Gardunha, non loin de la frontière espagnole.
Quand je pointai ce lieu d'observation sur la carte, j'eus la stupeur
de constater qu'il se situait très exactement sur le prolongement de
"Bavic", vers le sud-ouest. J'aurais pu, avec plus de confiance,
retrouver l’observation du paysan portugais en me contentant de
prolonger ma ligne droite de quelques 600 kilomètres vers l’Atlantique!
"Bavic" ne comptait donc pas six observations sur neuf, mais bien sept
sur dix, et la probabilité pour que le hasard seul en fût cause
devenait pratiquement nulle. A peu près vers la même époque, et à
force de comparer les cartes d'alignements de l’automne 1954, une
remarque s'imposa à moi avec une force croissante: tous ces alignements
ne semblaient pas de même nature. Le 7 octobre 1954, par exemple, ils
formaient sur la France une sorte de réseau géométrique. Le 24
septembre et le 15 octobre, par contre, le réseau se réduisait à une ou
deux lignes, mais très longues, franchissant les frontières, invitant
invinciblement l’imagination à sortir des limites de l’épure. Or,
tandis que je réfléchissais à la signification possible de cette
différence, une nuit, coup sur coup, deux observations me furent
signalées à Tulle et à Brive. Ces observations se situaient encore sur
"BAVIC". Mais cette fois, plus de deux ans s'étaient écoulés depuis la
vague de 1954. Coïncidence? Ou indice d'une piste nouvelle?
Un Grand cercle Terrestre
Je
repris mes dossiers et constatai que pendant la seule vague de 1954, un
bon nombre d'autres observations se situaient également sur "Bavic".
Parfois
même - par exemple à Dôle, dans le Jura - on notait sur cette ligne
plusieurs retours à des dates différentes. D'où la question: certaines
lignes ne seraient-elles pas permanentes? N'ordonneraient-elles pas de
façon chronique le phénomène soucoupe dans son ensemble? Pour obtenir
une réponse significative à cette question, il fallait d'abord amasser
une documentation suffisante sur le phénomène à l’échelle mondiale. Je
disposais d'un certain nombre de revues spécialisées anglaises et
américaines, ainsi que d'un réseau non négligeable de correspondants
étrangers. Depuis les événements de 1954, cinq autres vagues
d'observations s'étaient succédé dans le monde, toutes plus ou moins
semblables à la vague européenne: une aux Etats-Unis, une dans les
provinces septentrionales du Brésil et au Venezuela, une en République
Argentine, une en Nouvelle-Zélande et une en NouvelleGuinée orientale.
Les surfaces où ces vagues s'étaient développées présentaient
généralement une extension assez restreinte. La plus vaste, aux
Etats-Unis, semblait concentrée sur les Etats du nord-est, dans la
région des Grands Lacs. Sur une mappemonde, elles se présentaient sous
la forme de taches assez bien délimitées.
Je pris donc la ligne
européenne la plus suggestive et la plus riche, qui était précisément
"Bavic", et, en faisant l’hypothèse que cette ligne apparemment droite
était un grand cercle terrestre, je demandai à un ami disposant du
matériel nécessaire à l’opération de calculer ce grand cercle avec la
plus grande précision possible (on peut le calculer "à la main" , mais
c'est une opération longue et laborieuse).
Le résultat, je dois
le dire, nous stupéfia. Qu'on en juge: le grand cercle déterminé par
l’alignement Bayonne-Vichy survole successivement le Portugal, les
Provinces septentrionales du Brésil, la République Argentine, la
Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Guinée orientale, Formose et le continent
Eurasiatique. Sur six des vagues survenues depuis 1954, inclusivement,
cinq sont donc embrochées par cet énigmatique grand cercle découvert à
la seule lumière des observations françaises de 1954! Au moment où nous
faisions cette découverte, nous avions parmi nous à Paris M. Christian
Vogt, le très compétent animateur de la Commission d'Enquête CODOVNI,
de Buenos Aires. II partagea notre étonnement et notre enthousiasme.
Pour la première fois. un début d'ordre se laissait deviner à l’échelle
planétaire dans ce phénomène condamné. II y avait donc un espoir d'en
venir à bout avec les moyens traditionnels de la recherche scientifique.
La
vague américaine de l’automne 1957 restait seule en dehors de la ligne:
mais elle coïncidait dans le temps avec le lancement du premier
Spoutnik, et pouvait s'interpréter autrement.
La signification des alignements
Le
fait expérimental des alignements, que chacun peut contrôler à partir
des sources données dans mon livre et à l’aide de cartes, comporte un
ensemble d'enseignements qu'il faut maintenant souligner:
1)
Dans le fatras des récits plus ou moins certains pris un à un, ce fait
émerge comme une constatation objective, libérée de toute appréciation
personnelle: pour savoir si l’alignement existe, il suffit de refaire
le calcul. Les sources utilisées sont des textes publiés par la presse
avant la découverte des alignements eux-mêmes. On ne peut donc supposer
que les observations ont été inventées après coup pour justifier les
alignements.
2) Que l’immense multitude des observations
s'organisant suivant un ordre déterminé suppose que ces observations
concernent un phénomène unique, de même nature dans chaque cas,
obéissant à une structure homogène.
3) Ce phénomène unique, quel
est-il? Une psychose, une hallucination, une imposture? Dans ce cas, iI
faut admettre que les impostures, les hallucinations et les psychoses
se propagent de façon orthodromique sur les grands cercles terrestres.
On peut, si l’on veut, appeler cela le "bon sens".
4) On peut
aussi, avant de se faire une opinion, s’enquérir auprès des témoins de
ce qu'ils disent avoir vu. Et alors on découvre que ce phénomène
apparemment si aberrant est en fait toujours le même ou, plutôt, que
l’objet décrit se trouve être dans 99 % des cas l’un des objets
suivants:
a) un objet
d'aspect nébuleux et de vastes dimensions, de forme allongée, lumineux
la nuit, vertical à l’arrêt, s'inclinant au départ, restant incliné en
cours de mouvement, émettant ou "absorbant" parfois par son extrémité
inférieure un ou plusieurs objets de dimensions plus restreintes. Cet
objet, que j'ai appelé le "grand cigare des nuées" en raison des nuées
tourbillonnantes qui l’entourent constamment, a été observé partout
dans le monde, par des paysans de la Seine-et-Marne et par des
Tasmaniens, au-dessus de Los Angeles et au Venezuela. On sait que Paul
Thomas en a donné une intéressante interprétation historique dans son
livre "Les Extra-terrestres ".
b)
un objet de petites dimensions que les témoins se disant les plus
rapprochés décrivent comme circulaire, hémisphérique par-dessus,
changeant d'aspect par-dessous. La nuit et en vol, l’objet est
généralement lumineux, le dessus rougeâtre, orangé ou doré, le dessous
susceptible d'émettre des couleurs vertes, blanches, rouges, violettes,
soit séparément, soit simultanément; les témoins se disant rapprochés
déclarent que, dans ce dernier cas (émission simultanée de plusieurs
couleurs), les sources lumineuses sont des sortes de tigelles
verticales pendant sous l’objet et qui ont été vues apparaissant,
disparaissant, échangeant entre elles leurs couleurs et donnant ainsi
une impression de tournoiement (par exemple, le 3 octobre 1954, à
Armentières, à Château-Chinon, à Montbéliard, et à d'autres dates un
peu partout dans le monde). A la place des tigelles, sous l’objet
principal, apparaît parfois un objet plus petit, très lumineux,
solidaire du premier mais susceptible de descendre verticalement
au-dessous de lui (par exemple, ce même 3 octobre, à Marcoing, à
Liévin, Ablain-St-Nazaire, Milly, Champigny).
c)
un objet de mêmes dimensions que le précédent et de même forme
par-dessus, mais ne présentant par-dessous aucun des phénomènes décrits
plus haut. Cet objet est souvent aperçu au sol. Il est alors soit
lumineux et de couleur rougeâtre, orange ou dorée, soit obscur, et
fréquemment associé à l’objet décrit au paragraphe suivant.
d)
un être ayant les apparences de la vie, haut d'environ un mètre dix,
décrit comme vêtu d'un scaphandre de couleur claire, peut-être
translucide, large de corps, de "démarche" balancée et sautillante. Les
témoins disant avoir aperçu l’être lui-même à travers le scaphandre
parlent d'un teint sombre, peut-être pileux, d'une "tête" basse et
large. Dans certains cas, les témoins disent avoir vu, associé à cet
être, ou à l'objet décrit au paragraphe précédent, ou aux deux, un
autre être de taille et d'aspect franchement humain. Les témoignages
sont uniformes en France et en Nouvelle-Guinée, aux Etats-Unis et au
Venezuela, au Brésil, et partout dans le monde, y compris en Union
Soviétique (voir là aussi l’interprétation de Paul Thomas). Les
témoins ont-ils réellement vu tout cela? L’ont-ils rêvé ou inventé?
J'abandonne cette question aux historiens, me bornant à constater que
leurs témoignages se portent sur des lignes droites que le hasard
n'explique pas. Mais ce n'est pas tout.
e) les
témoins associent souvent, et dans toutes les parties du monde,
l’observation rapprochée des objets ci-dessus à un certain nombre de
phénomènes, eux aussi toujours les mêmes: arrêts de moteurs,
extinctions de phares, interruptions de circuits électriques,
électrisation et paralysie du corps humain, échauffement d'objets
pouvant aller jusqu'à la dessiccation de corps mouillés et à la
calcination de matières organiques: bois, feuilles, herbe, etc.,
agitation bruyante et magnétisation d'objets métalliques.
f) les
témoins attribuent aux objets en l’air un certain nombre de
comportements caractéristiques et toujours les mêmes: mouvement en
ligne droite, basculement au départ et à l’arrêt, changement de
direction accompagné d'une manœuvre uniformément décrite dans le monde
entier de la façon suivante: ralentissement subit, arrêt, descente en
zig-zag ou feuille morte, puissant souffle vertical, accélération
subite avec basculement et essor dans une nouvelle direction.
Ce comportement complexe correspond toujours, sur la carte, à l’intersection de deux lignes.
Un bilan provisoire
Un
bilan élémentaire du "problème soucoupe" tel qu'il se présente en 1963
devrait encore mentionner les études statistiques de fréquence faites
en France, au Brésil, en Espagne et aux Etats-Unis, ainsi que l’analyse
fine de l’alignement "Bavic", à la suite de la saisissante série
d'observations enregistrées pendant l’été 1962 dans le centre de la
France. Je n'en dirai que quelques mots, car il faudrait un livre pour
en parler convenablement.
Tous les Vingt-six-mois
Sur
le premier point (rythme des fréquences), les faits sont les suivants:
en se fondant sur quatre catalogues différents n'ayant de commun entre
eux qu'un stock minoritaire d'observations, quatre chercheurs
travaillant séparément et sans s'être concertés ont abouti au résultat
identique d'une maximum très net tous les 26 mois. On voit ce qu'évoque
ce cycle: c’est celui des oppositions de la planète Mars. "Elles"
viendraient donc de Mars? Conclusion simpliste. D'abord, les maximums
ne coïncident nullement avec les rapprochements de la planète, mais
avec le troisième mois suivant l’opposition. Ensuite, le Dr Olavo
Fontès, un chercheur brésilien, croit avoir décelé, se superposant au
cycle de 26 mois, un second cycle, plus long, de cinq ans. Mars joue
indiscutablement un rôle dans l’organisation chronologique du
phénomène. Lequel? On en discute. Sur le second point (structure fine des alignements), les recherches actuelles sont beaucoup plus prometteuses.
L’histoire du Vauriat
Il
n'est pas déraisonnable en effet, compte tenu de ce que l’on sait déjà,
d'espérer que l’on pourra un jour prévoir certaines observations et
dire, par exemple, à l’issue d'un calcul, que tel jour, à telle heure
et à tel endroit, il se passera ceci ou cela. Cet espoir se fonde sur
quelques très encourageantes réussites dont voici la plus remarquable.
Le
29 août dernier, un peu avant 14 heures (c’est-à-dire en plein jour),
quatre objets étaient observés coup sur coup à faible distance
au-dessus d'un hameau du Puy-de-Dôme appelé Le Vauriat. Il y avait
plusieurs témoins, dont un pilote expérimenté, membre de l’Aéro-Club
d'Auvergne.
Le journal de Clermont-Ferrand “la Montagne”, par
qui nous fûmes alertés, donnait dans son numéro du 30 août de
nombreuses et intéressantes précisions, car les objets, descendus à
basse altitude, avaient manoeuvré pendant plusieurs minutes sous les
yeux des témoins. Mais la précision la plus précieuse pour nous
manquait: on ne disait pas où se trouvait Le Vauriat. Un de mes amis
(que je ne nommerai pas parce qu'il appartient au Centre national de la
Recherche scientifique) entreprit de repérer ce lieudit sur la carte du
Puy-de-Dôme au 200'000ème, tâche fastidieuse et sans espoir: cette
carte mesure un mètre dix de long sur cinquante centimètres de large et
comporte des milliers de noms (c'est la Michelin n° 73). Après avoir
vainement cherché pendant une heure ou deux, il eut soudain une idée:
l’alignement "Bavic" ne traverserait-il pas le Puy-de-Dôme? Si,
précisément, si donc l’observation était authentique, il y avait une
bonne chance pour que Le Vauriat se trouvât sur cet alignement, car la
manœuvre décrite était celle d'une intersection de lignes. II porta donc sur la carte les coordonnées de "Bavic" qu'il traça avec beaucoup de soin, et se reporta au récit des témoins.
"Les quatre objets, pouvait-on lire dans la Montagne, se mirent alors à décrire une sorte de ballet au-dessus de la gare..."
La
gare! Il y avait donc une voie de chemin de fer! Notre ami mit le doigt
sur une extrémité de la ligne et la suivit jusqu'à ce qu'elle coupât
une voie. A ce point précis, "Bavic" traversait un tout petit village.
Notre ami se pencha et lut: le Vauriat. Il m'appela aussitôt au
téléphone et, je dois le dire, sa voix tremblait.
L’abjuration est prête...
On
comprendra que le jour où nous en saurons autant sur les chronologies
du phénomène que nous en savons déjà sur ses lois spatiales, ou, si
l’on préfère, topographiques, la prévision deviendra possible. Mais ce
résultat, s'il peut être atteint, ne le sera qu'au prix d'une étude
minutieuse et de beaucoup de travail. C'est dans ce but qu'un certain
nombre de chercheurs français - astronomes professionnels, techniciens
de l’aéronautique, physiciens, ingénieurs - ont décidé vers la fin de
1962 de se constituer en groupe d'étude(1). Forts d'une expérience
classique dans l’histoire des sciences et qui veut que les recherches
nouvelles ne soient poursuivies qu'au prix des plus graves risques
professionnels, ces chercheurs garderont l’anonymat. Ils savent trop ce
que seraient les réactions des maîtres administratifs de l’astronomie
et de la recherche spatiale française à leur égard pour risquer
l’avenir de leurs travaux en les divulguant sous leur nom. De quoi
s'agit-il en effet? De proclamer urbi et orbi que tel ou tel savant
français travaille sur les soucoupes volantes, ou de faire progresser
la connaissance? Tous les travaux effectués en France sur ce sujet
condamné seront donc publiés sans nom d'auteur(2), et, s'il le faut,
hautement récusés et abjurés. La formule d'abjuration est toute prête. Planète l'a publiée dans son numéro 8: c'est l’abjuration de Galilée.
Moyennant
quoi, et étant bien entendu qu'elles n’existent pas, on finira
peut-être par savoir ce que sont les soucoupes volantes.
1. Le Groupe d'Etude des Phénomènes Aériens et des Objets Spatiaux Insolites, 74, rue Etienne-Dollet, Cachan (Seine). 2. Dans le bulletin du G.E.P.A.
Bibliographie:
- Charles Fort: "Le Livre des Damnés", traduction française parue aux Editions des Deux-Rives, Paris. - Jacques Bergier et Louis Pauwels: "Le Matin des Magiciens", Gallimard. - Edward J. Ruppelt: "Report on Unidentified Flying Objects", Ace Books, New York 1956. -
Richard C. Borden, Electronics Division, and Tirey R. Vickers,
Navigation Aid Evaluation Division (Civil Aeronautics Administration
Technical Development and Evaluation Center), Indianapolis, Ind.,
Technical Development Report n° 180, May 1953: "A Preliminary Study of
Unidentified Targets Observed on Air Trafic Control Radars". *- Aimé Michel: "Lueurs sur les Soucoupes Volantes", Mame 1954. - Aimé Michel: "Mystérieux Objets Célestes", Arthaud 1958. -
Lex Mebane: "Flying Saucers and the Straight Line Mystery", Criterion
Books, New-York. (Supplément à l'édition américaine de Mystérieux
Objets Célestes, p. 261).
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Je sais de groupes, en Belgique, de resistences aux extraterrestre. Cela pourrait être drôle ou bien précis, on ne sait pas.