Le rapport Condon ou Projet du Colorado (1966-1968)
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    Le rapport Condon ou Projet du Colorado (1966-1968)

    Recommander ce site ::    :: ::Par ovni :: 09/01/2008 à 19:04 :: Général

    Le rapport Condon ou Projet du Colorado

    Des sceptiques vous parleront du rapport Condon, lequel est sensé avoir tranché la question des OVNIS de manière scientifique et définitive (les OVNIS n'existent pas). C'est en réalité une farce énorme. Voici une partie des explications de cette farce. Car il y en a bien d'autres, y compris que le rapport Condon, si on le lit au-delà de sa conclusion, indique qu'il y a bien des cas pour lesquels il n'y a pas de meilleure explication que celle qu'ils sont des engins volants extraterrestres.

    E. Condon

    Le rapport Condon[1] est publié en 1968. Sa conclusion est que l'hypothèse extraterrestre n'est pas nécessaire pour rendre compte du phénomène ovni. Le rapport Condon reste donc encore aujourd'hui un document fondateur de l'approche sceptique du phénomène ovni.

    Les conclusions de cette étude américaine sont néanmoins de plus en plus contestées car incohérentes avec le contenu du rapport. En ettet, les auteurs du rapport constatent dans celui-ci qu'environ 30% des cas étudiés n'ont pu être élucidés, et finissent par arriver à la conclusion que "l'hypothèse extraterrestre n'est pas nécessaire pour rendre compte du phénomène ovni". De graves erreurs méthodologiques apparaîssent effectivement dans ce fameux rapport Condon.

    Le rapport final de l'Etude Scientifique des Objets Volants Non Identifiés fut édité à l'origine par l'Université du Colorado, un corps constitué. Il fut par la suite publié dans les rapports de l'USAF et d'autres agences gouvernementales et fut publié commercialement par Bantam Books (aujourd'hui épuisé).

    Couverture du rapport, tel que publié par Bantam

    Consultable sur ce site:

    http://rr0.org/data/1/9/6/8/CondonReport/

    Une étude controversée 

    Les auteurs ont placé les conclusions et recommandations, ainsi que le résumé de l'étude, au début de l'ouvrage, sans doute conscients de la difficulté de lire un pavé de 965 pages, imprimé, de surcroit, en petits caractères. La première page emmène directement le lecteur à l'essentiel : « Notre conclusion générale est que l'étude des OVNI durant ces vingt et une dernières années n'a rien apporté à la connaissance scientifique. L'examen soigneux du dossier tel qu'il nous est disponible nous amène à conclure que d'autres études approfondies des OVNI ne peuvent probablement pas se justifier par l'espoir qu'elles pourraient faire progresser la science. » Les journalistes se sont contentés des conclusions alors que le contenu de l'étude contredit celles-ci : 30 % des cas étudiés par la commission Condon demeurent inexpliqué. Cette étude scientifique publique était pourtant la plus importante sur les OVNI, et aussi a plus chère (500 000 dollars).

    Autant les conclusions négatives du rapport auraient pu se justifier avec des cas explicables ou des canulars autant elles devenaient aberrantes face à des cas parfaitement documentés. Cette autorité scientifique a pourtant conclut, à propos du cas de McMinnville (11 mai 1950, Oregon), que « tous les facteurs étudiés, géométriques, psychologiques et physiques paraissent être cohérents avec l'assertion d'un objet volant extraordinaire, argenté, métallique, en forme de disque, de dizaines de mètres de diamètre, et évidemment artificiel, qui volait à portée de vue des deux témoins ». Condon ne trouve aucun intérêt aux OVNI mais accepte la direction du projet par devoir civique. Il s'intéresse presque uniquement aux canulars, et n'écrira que 49 pages sur les 965, dont celles des conclusions et recommandations. Le psychologue David Saunders divulgue une note interne de l'administrateur de la commission, Robert Low, de 1966, précisant comment conduire l'étude pour arriver à des conclusions négatives : « Notre étude sera conduite exclusivement par des personnes qui n'y croient pas et qui, bien qu'elles ne pourront probablement pas prouver un résultat négatif, pourront fournir un ensemble impressionnant de preuves qu'il n'y a aucune réalité dans les observations. Le truc serait, je le pense, de présenter le projet de telle manière que pour le public, il apparaisse comme une étude tout à fait objective alors que, pour la communauté scientifique, il présenterait l'image d'un groupe de sceptiques faisant de leur mieux pour être objectifs mais avec un espoir pratiquement nul de trouver une soucoupe ».[2] Le magazine Look publie en avril 1968 un article virulent contre Condon et l'armée de l'air, et Frank Drake presse le président de l'Académie des sciences de condamner le futur rapport Condon, tandis que le député Edward Roush demande une enquête à la Chambre des représentants. L'Académie des sciences, dont le président est un vieil ami de Condon, valide l'étude scientifique mais l'Institut américain de l'aéronautique et de l'astronautique (AIAA) estime que « la conclusion inverse aurait pu être déduite de son contenu, c'est-à-dire, qu'un phénomène avec un ratio aussi élevé de cas inexpliqués (environ 30 %) devrait produire assez de curiosité scientifique pour continuer son étude ».

    Edward Uhler Condon

    Rejoignant Westinghouse en 1937, Condon quitte le monde de la recherche universitaire et entâme une carrière réussie de directeur de recherche [1]  

    "Ed" Condon naît le 2 mars 1902 à Alamogordo (Nouveau-Mexique). Il fait partie de ces jeunes scientifiques qui vont en pélerinage en 1926 à Gottingen et Munich et comprend vite la signification et la puissance de la nouvelle théorie des quantas. De retour de Gottingen, il travaille un court moment comme chargé des relations publiques pour les laboratoires Bell, fait des conférences à l'université de Columbia, puis démarre une carrière académique qui l'emène jusqu'à l'université de Princeton (Minnesota). Là, il publie divers travaux (le premier texte anglais sur la mécanique quantique avec Philip M. Morse en 1929, Théorie du Spectre Atomique avec G. Shortley en 1936) et continue à enseigner (notamment à l'élève Seitz) jusqu'en 1937, où il quitte Princeton pour un poste de Directeur Adjoint des Recherches à Westinghouse, qu'il va faire entrer dans l'âge du nucléaire. Le magazine Time le qualifie même de Roi du Monde Atomique.

    Puis la guerre arrive. Il met alors ses compétences au service de la nation en travaillant pour le NDRC et le projet Manhattan. Il ne sera pas à Alamogordo, son lieu de naissance, lors de l'explosion de Trinity sur la petite ville du Nouveau-Mexique.

    Après la guerre, Condon est président de l'APS et conseiller scientifique pour le sénateur Brian McMahon, président du comité spécial du Sénat sur l'énergie atomique. McMahon milite pour le contrôle civil du programme des armes nucléaires et reçoit en ce sens le plein soutien de Condon, qui considère ce contrôle civil indispensable pour éviter une guerre nucléaire.

    NBS

    Howard Menzel, Condon et Walt Roberts partagent un moment de détente le 5 mars 1950  

    A la même époque il quitte Westinghouse pour prendre la direction du NBS, dont il fonde notamment les laboratoires de Boulder (Colorado). Mais très rapidement, et probablement en raison de ses positions sur le contrôle civil de l'armement nucléaire, il est victime d'attaques de l'HUAC (House Un-American Activities Committee) et de son président membre de Congrès J. Parnell Thomas, qui indiquent dans un rapport le 1er mars 1948 qu'il semble que le docteur Condon soit l'un des maillons les plus faibles de notre sécurité atomique. Encore et encore, son accréditation est moult fois révisée, suspendue par le Secrétaire de la Marine, puis re-attribuée, pour être réexaminée à nouveau. Parmi ses détracteurs figure le Vice-Président Nixon, également membre de l'HUAC. En 1951, Il est finalement blanchi, Thomas à la prison de Danbury, mais est convaincu de recevoir des dessous-de-table du personnel de son équipe. Il quitte alors le gouvernement, le NBS, et prend la tête du département de Recherche et Développement de Corning Glass Works. En octobre 1954, la Marine lui redonne son accréditation dans le cadre d'un contrat de recherche chez Corning pour le gouvernement.

    Il retourne ensuite vers l'enseignement, 2 ans à Oberlin et 7 ans à l'Université de Washington, pour enfin revenir à Boulder (Colorado), en tant que professeur de physique et chargé de cours pour le JILA (Joint Institute for Laboratory Astrophysics). Son accréditation est discrètement rétablie, le blanchissant une nouvelle fois. A cette époque en 1964, il est même président de l'Association des Enseignants en Physique (Association of Physics Teachers).

    Projet Colorado

    Condon, invité par le président Johnson à la Maison Blanche le 1er août 1966 pour marquer le 20ème anniversaire de l'acte McMahon, dont Condon a fait campagne pour le passage [2]  

    C'est en 1966 que l'USAF charge son université, celle du Colorado, de faire une étude du phénomène ovni, jusqu'en 1968. Dès le début des travaux du projet, Condon déclare :

    Je tiendrais à recommander dès maintenant que le gouvernement abandonne l'affaire. Je suis, quant à moi, persuadé qu'il n'y a rien là-dedans. Mais je ne suis pas censé déposer mes conclusions avant 1 an encore. Peut-être que l'étude des phénomènes d'ovnis pourrait être valable pour les groupes qui s'intéressent aux phénomènes météorologiques.

    Durant les années 1966 et 1967, un des membres de la commission, David Sauders, fait des recherches dans les archives des négociations avec l'USAF et tombe sur un mémo de Robert Low, coordinateur du projet. Celui donne sa vision de l'organisation du projet dans le but avoué de conclure à la non-inexistence des "soucoupes volantes". Saunders, qui croyait travailler pour une enquête scientifique, découvre qu'il participe à une imposture. Avec son collègue Levine, autre membre du projet, il communique le mémo à MacDonald, qui vocifère sur le directeur Condon, mais commet l'erreur de donner les noms de ses indicateurs : Saunders et Levine sont renvoyés du projet. Suite à cette découverte qui est en fait la goutte faisant déborder le vase, Mary Louise Armstrong, autre membre du projet, démissionnera le 24 février 1968.

    Alors que Mstislav Keldysh est président de l'Académie de Sciences russes, le New York Times annonce en décembre 1967 que l'URSS établit un projet gouvernemental pour étudier les ovnis (le Comité Stolyarov). Frederick Seitz écrit alors le 16 janvier 1968 à Keldysh, incluant en attachement une lettre de Condon pour Feliks Zigel. Les américains déclareront n'avoir reçu aucune réponse, malgré leurs relances [3]. De fait, c'est dès Janvier que la dissolution prochaine du Comité Stolyarof est annoncée.

    "Restez calme, Dr. Condon — dites-leur simplement que vous ne croyez pas en eux !" [4]  

    Attaqué de toutes parts, après une déclaration de Hynek le 17 décembre 1968, Condon perd son sang froid et déclare :

    Ceux qui édictent des livres sur l'ufologie et les enseignants qui permettent à leur élèves de s'intéresser à cette pseudo-science devraient être fouettés en place publique et bannis à jamais de leur profession.

    En 1969, ce qu'il reste de la commission publie le Rapport Condon qui met un terme définitif à la seule étude officielle des ovnis par l'USAF : le projet Blue Book [5].

    Condon lui, part en retraite du JILA en 1970, et décède le 26 mars 1974, sans avoir quitté Boulder (Colorado).

    [6] [7] [8] [9]

    Wang, Jessica, "Edward Condon and the Cold War Politics of Loyalty", Physics Today, décembre 2001, p. 35
    Physics Today
    [Blue Book]
    Oliphant, Denver Post
    Condon, E. U.: Scientific Study of Unidentified Flying Objects, 1969
    Condon, E. U.: "UFOs I have Loved and Lost", Bulletin of the Atomic Scientist, vol 15, n° 10.
    Clark, Evert: "Study of Saucers Gains Acceptance", The New York Times, mercredi 16 novembre 1966
    "Edward Condon: A physicist Never Afraid of a Fight", Physics Today, vol. 22, n° 3, mars 1969, pp. 66-67

    http://www.rr0.org/personne/c/CondonEdwardUlher/index.html

    Lettre de soumission de l'Université du Colorado

     

     

    UNIVERSITE DU COLORADO BUREAU DU PRESIDENT BOULDER,COLORADO 80302 le 31 Octobre 1968:

     

    L'Honorable Harold Brown
    Secrétaire de l'Air Force
    Le Pentagone
    Washington (D. C.)

     

    Cher Dr. Brown,

     

    Suivant le Contrat n° F44620-67-C-0035 entre la Force Aérienne des Etats-Unis et l'Université du Colorado, je transmets par la présente le rapport final de l'Etude Scientifique des Objets Volants Non Identifiés.

     

    Comme vous le savez, l'Université a entreprit cette étude à la demande pressante de l'Air Force, non seulement pour ses aspects purement scientifiques, mais afin qu'il ne puisse pas être mis en question qu'un quelconque des sujets signalés en son sein ne reflètent autre chose qu'une stricte attention à la découverte et la révélation des faits. Je veux saisir cette occasion pour vous assurer que, sous la direction du Dr. Edward U. Condon, l'étude a été faite et le rapport préparé avec cette idée constamment à l'esprit. L'Air Force a été très coopérative, tant en ce qui concerne le fait de fournir au projet l'ensemble des informations en sa possession touchant au sujet de l'enquête et, tout aussi important, en respectant très scrupuleusement une politique de non-interférence complète avec le travail du Dr. Condon et de son équipe. Il n'y a jamais eu la moindre suggestion de quelque effort de la part de l'Air Force pour influencer la conduite de l'enquête ou le contenu de ce rapport.

     

    En conséquence de cette coopération et d'un effort diligent de la part des scientifiques à cette Université, à l'Environmental Science Services Administration, au National Center for Atmospheric Research, et à d'autres universités et institutions scientifiques, le rapport qui vous est transmis par la présente est, je crois, aussi approfondi que le temps et les fonds alloués dans ce but auraient pu le permettre.

     

    Nous espérons et croyons qu'il aurait l'effet de placer la controverse quant à la nature des objets volants non identifiés dans une perspective scientifique adaptée. Nous sommes également confiants quant au fait qu'il stimulera la recherche scientifique dans des voies qui pourraient peut-être déboucher sur de nouvelles connaissances importantes.

     

    Bien sincèrement,
    J. R. Smiley
    President

     

    Le projet du Colorado


    Le Hérisson du 20 octobre 1966, titrant sur la création du projet Colorado :

     

    Les U.S.A. décident : 300 000 $ pour élucider le mystère des soucoupes volantes. En encart, le loufoque cotoie le sérieux : La princesse Negonnah et le prince Nœsam délégués de la planète Tythan au congrès des engins inconnus.  


    Suite à la pression du public pour la divulgation des informations sur les ovnis, attisée par le scandale de l'affaire du gaz des marais, le secrétaire de l'USAF Harold Brown propose lors d'une commission qu'un organisme civil indépendant mène une étude des ovnis, dont la scientificité serait garantie par la NAS.

     

    Négociations

     

    Plusieurs universités sont envisagées, mais seule celle du Colorado est un candidat plausible. Une figure scientifique respectée est nécessaire pour diriger ce projet, et Edward Condon est pressenti. Ce dernier ne cache pas son scepticisme mais choisit tout de même d'accepter : au cas où l'on découvre quelque chose, il veut faire partie de l'histoire. Avec Robert Low, administrateur du projet, ils laissent entendre que le projet pourrait offrir une face objective, tout en ayant un fond sceptique, comme le montreront des interviews de Condon ou le mémo de Low. De plus, le budget alloué à l'université n'est pas négligeable.

     

    Démarrage

     

    En octobre 1966 le Secrétaire à la Défense annonce que l'USAF avait choisi Condon et l'Université du Colorado (d'où son futur qualificatif de "Projet Colorado") pour mener l'Etude Scientifique des Objets Volants Non-identifiés. L'USAF lui ouvre tous les dossiers de son projet Blue Book, et va la subventionner à hauteur de 313 000 $ 1. Le ton est donné quant Low déclare que le projet d'étude des ovnis n'est pas loin des critères de non-acceptabilité pour une université [1].

     

    Recrutement


    Diverses personnes fort compétentes pourraient faire partie du projet, mais la recommandation est d'éviter toute personne "impliquée", c'est-à-dire ayant exprimé un avis sur le sujet. En particulier, Hynek ou McDonald, même s'ils seront conviés pour faire des exposés au membres de l'équipe.

     

    On va donc compter parmi les membres "Commission Condon" :

     

    Directeur du programme Edward Condon   2     1
    Administrateur et coordinateur du programme Robert Low       8  
    Enquêteur principal Stuart Cook       1  
    Franklin Roach       2  
    David Saunders -7 février 1968         
    Co-enquêteur principal William A. Scott          
    Chercheur associé Ronald I. Presnell          
    Gerald M. Rothberg       1  
    Herbert J. Strenz          
    James Wadsworth       17  
    Norman Levine Juin 1967-7 février 1968      8  
    Membre de l'équipe Roy Graig Mars 1967-27 septembre 1968    3 13  
    William Hartmann     1 14  
    Aldora Lee     1    
    Gordon Thayer Juillet 1968   1    
      Mary Louise Armstrong -24 février 1968        
      J. H. Rush          
      Ahrens          
      M. Wertheimer          

    2 étudiants en psychologie, 1 en lettres, 2 secrétaires, 1 imprimeur, ...et de nombreux autres spécialistes.

     

    Enquêtes

     

    Le projet va étudier de nombreux cas (sortis des cartons de l'USAF ou non), et plus particulièrement 91 qu'elle considère comme les plus difficiles à expliquer. Cependant le projet n'est pas la seule occupation de Condon, et c'est surtout Low qui va le gèrer.

     

    Le 25 janvier, Condon parle devant la fraternité scientifique honoraire Sigma Xi, déclarant : Mon inclinaison en ce moment est de recommander que le Gouvernement sorte de ces affaires. Mon attitude actuellement est qu'il n'y a rien là-dedans ; ajoutant avec un sourire, mais je ne suis pas supposé atteindre une conclusion avant une autre année [2]. Cela emeut certains experts et associations bien utiles au projet comme le NICAP, et Condon assure que la presse a sorti la phrase de son contexte à Keyhoe, qui passe l'éponge.

     

    Le 13 septembre 1967, Condon se rend au Symposium de Spectroscopie Atomique de Gaithersburg (Md.). Il y parle principalement de choses risibles, racontant qu'un contacté lui a proposé de le présenter à l'équipage d'un ovni moyennant une somme d'argent [3].

     

    Le 27 septembre, Condon déclare : Je suis presque enclin à penser que de telles études devraient être interrompues à moins que quelqu'un n'arrive avec une nouvelle idée sur la manière d'approcher le problème... Le 21ème siècle pourrait mourrir de rie en regardant en arrière les nombreuses choses que nous avons faites. Ceci [l'étude sur les ovnis] pourrait en être une [4]

     

    Une fuite fatale


    En cherchant dans les archives du projet pour préparer une allocution sur la création du projet, Roy Craig tombe sur le mémo de Low. Le trouble particulièrement la phrase indiquant que l'investigation apparaisse comme une étude totalement objective pour le public. Il le montre à Levine, qui le montre à d'autres membres de l'équipe, dont Saunders, et qui ont la même réaction.

     

    Le 12 décembre, Saunders, Levine, Hynek, Mary Louise Armstrong et McDonald se retrouvent et s'accordent sur le fait qu'une nouvelle organisation pourrait être formée avec des professionnels. Après le départ de Hynek, McDonald y a pour la 1ère fois connaissance du mémo de Low. Il ne manque pas d'exprimer son choc le 19 janvier 1968, lorsque Low l'appelle ; une conversation qui tourne court, et que McDonald prolonge par une lettre qu'il lui adresse, citant le scandale du memo de son correspondant. Low ne lit la lettre que le 6 février, mais entre alors dans une colère sans précédent. McDonald a commis l'erreur de donner les noms de ses indicateurs : Saunders et Levine. Le lendemain, mercredi 7 février, les 2 enquêteurs sont convoqué dans le bureau de Condon et Low. Ils sont renvoyés.

     

    C'est en trop pour Mary Louise Armstrong, l'assistante de Condon et Low qui, arrivée sans a priori, est elle aussi convaincue que le projet est mal dirigé. Elle décide de démissionner. mais avant fait part de son opinon à Condon le 28 février. Celui-ci l'incite à rédiger une lettre à ce sujet, et lui répond, tout en l'avertissant de garder ce courrier confidentiel. Elle n'en fera rien.

     

    Le 14 mai, l'article de John G. Fuller, Le fiasco des soucoupes volantes paraît dans le magazine Look, relatant l'affaire.

     

    Rapport

     

    Le 30 juin marque l'arrêt officiel des enquêtes pour se consacrer à la rédaction du rapport. Conformément aux idées émises dans son mémo, Low a une vision claire de ce qu'il veut mettre dedans. Il veut un rapport volumineux, avec une masse d'informations techniques qui donnerait l'image d'une véritable étude scientifique.

     

    En juillet, Gordon Thayer est dépéché à la rescousse du projet par l'ESSA pour rédiger chapitre sur les analyses de cas optiques et radar sur le terrain (assisté de Burgette A. Hart) et la partie sur les particules aérosols du chapitre sur les mirages optiques. Il travaille avec Roy Craig, qui le met au courant des internes du projet.

     

    Le 31 octobre 1968, la rédaction du rapport est terminée. Celui-ci, qui proposera une explication pour 61 des 91 cas sélectionnés, est remis au Secrétaire de l'USAF, Harold Brown, par le président de l'université du Colorado. Il est alors soumis à un panel de la NAS, pour approbation. On donne 2 semaines au panel de la NAS pour examiner le rapport de 1465 pages. Celui-ci se réunit à Washington le 2 décembre, puis le 6 janvier 1969 et approuve le rapport .

     

    Une édition bon marché à destination du public est disponible en janvier 1969. Le rapport officiel est présenté à l'Automne, sous la forme de 900 pages relativement indigestes. On y trouve des passages susceptibles d'appuyer les témoignages d'astronautes, tels que : compte tenu de l'entraînement des astronautes et de leur perspicacité, on peut accorder le maximum de crédibilité aux rapports qu'ils ont transmis concernant ces observations.

     

    Mais le rapport contient les conclusions suivantes :

     

    Aucun cas d'ovni rapporté, enquêté ou évalué par l'Air Force n'a jamais montré signe de menace pour notre sécurité nationale.


    Il n'existe aucune preuve soumise à l'Air Force ou découverte par elle que les observations classées comme "non-identifiées" représentent des développements technologiques ou des principes dépassant la connaissance scientifique moderne

    .
    Il n'existe aucune preuve que les observations classées comme "non-identifiées" soient des véhicules extraterrestres.


    La conclusion générale du rapport, remis le 1er janvier 1969 et rédigée par Condon, est la suivante :

    90 % des rapports d'ovnis ont été prouvés comme étant dus à des phénomènes connus. L'étude des ovnis pendant les 21 années précédentes n'a rien ajouté aux connaissances scientifiques. Une étude extensive ultérieure des ovnis ne peut probablement pas être justifiée pour faire progresser la science.

    Une conclusion fort surprenante, puisque le rapport indique que 9501 des 10147 cas examinés entre 1947 et 1965 sont explicables, c'est-à-dire 30 % de phénomènes connus et non 90 %. Le rapport contient également, en annexe U, les conclusions déclassifiées de la Commission Robertson, un groupe d'étude secret monté 15 ans plus tôt pour évaluer le problème ovni et y proposer des solutions. A la clôture officielle du projet le 17 décembre 1969, 701 cas restent sans explication certaine, probable ou possible, sur les 12618 cas étudiés (on arrive là aux 90 %).

     

    Critiques


    La publication du rapport va faire l'objet de nombreuses critiques, internes ou externes. Parmi ces dernières, des articles de Robert M. L. Baker dans Scientific Research en avril, de Thorton Page dans l'American Journal of Physics en octobre, le Symposium de l'AAAS organisé en décembre à Boston (Massachussetts), William T. Powers dans Physics Today en juin 1970 ou encore l'article de Joachim P. Kuettner dans la revue de l'AIAA en novembre suivant.

     

    Voici certaines des critiques formulées :

     

    La sélection des cas étudiés dans le rapport est désastreuse. En effet, la commission n'étudie que 90 cas, dont beaucoup sont à l'évidence de mauvaises interprétations de phénomènes connus. Ainsi que le fait remarquer Joseph Hynek : Examiner des rapports qui résultent d'évidentes erreurs d'interprétation (pour quiconque a de l'expérience dans ce domaine) peut apporter peu à la connaissance scientifique. (...) Même une évaluation préliminaire des ces incidents aurait indiqué que les approfondir serait une perte de temps.


    Certaines des enquêtes sont menées avec un manque de sérieux flagrant : des témoins ne sont même pas interrogés, la description de faits de base est déficiente, des omissions de détails importants sont faites, etc.


    Le résumé préliminaire écrit par Condon, singulièrement tendancieux, contredit l'étude elle-même. Ce résumé, cité plus haut, prétend que 90 % des cas d'observations sont dus à des causes connues. En réalité, plus de 30 % des cas étudiés dans le rapport sont classés "non identifiés", et cela alors même que les cas n'ont pas été sélectionnés au début de l'étude pour rejeter les cas facilement explicables. Malheureusement, l'importance et l'aridité du rapport Condon expliquent que la plupart des lecteurs ne lisent que le résumé préliminaire tronqué de Condon.


    Le mémo Bolender indique que les observations d'ovnis pouvant affecter la sécurité nationale ne sont pas dirigées vers Blue Book mais vers d'autres organes conformément aux directives.
    Malgré ces critiques, l'USAF dissout le projet à la suite de la publication de ce rapport et ne s'occupera plus, officiellement, du problème ovni.

     

    Archives détruites ?

     

    Quelques temps plus tard, McDonald cherche à obtenir les archives des cas, stockées à la Bibliothèque Norlin de l'Université du Colorado. Il lui faut cependant l'autorisation de Condon, qui le renvoie vers l'USAF. Réussissant à obtenir une autorisation de l'USAF, McDonald se rend à la Bibliothèque Norlin et apprend que Condon est venu quelques jours plus tôt enlever toutes les archives

     

    Quelques temps après, Kuettner demande à Thayer d'écrire un article sur le cas de Lakenheath pour la revue de l'AIAA. Ce dernier demande à son tour la permission d'accéder aux archives à Condon, qui lui répond : Elles sont parties -- J'ai brûlé ces maudites choses ! En apprenant cela, McDonald s'étrangle de rage. 5 ans plus tard, Thayer découvre que Condon mentait : il avait fait stocker le tout aux Archives de la Société Américaine de Philosophie à Philadelphie (Pennsylvanie), juste pour fruster McDonald, pensa ce dernier.

     

    La suite ?

     

    Des documents ayant circulé au FBI (une lettre-réponse datée du 12 septembre adressée à William S. Sessions, directeur du FBI de l'époque) semblent montrer que le projet a repris en 1989 sous une forme "civile", sous le nom de "New Projet Blue Book", au sein duquel des anciens membres du projet Blue Book, du Pentagone, et d'autres cherchent encore à trouver la véritable réponse au phénomène ovni.

     

    Références :

     

    "Air Force to Press Study Of Unidentified Objects", The New York Times, 15 juillet 1966
    Sullivan, Walter, "Air Force Selecting University to Study 'Flying Saucer' Data", The New York Times, 14 août 1966
    Clark, Evert, "Study of Saucers Gains Acceptance", The New York Times, mercredi 16 novembre 1966
    Frost, Luke, "A Cloak of Respectability: $313,000", (Dell) Flying Saucers Ufo Reports,vol. 2, 1967, p. 26
    "Flying Saucer Study to Get $183,155 More for Project", The New York Times, 17 janvier 1968
    Scientific Study of Unidentified Flying Objects, 1969 — Rapport final du projet Blue Book, l'étude sur les ovnis que l'USAF mena publiquement pendant plus de 15 ans.
    Project Blue Book. Special Report #14: Analysis of Reports of Unidentified Aerial Phenomena par l'ATIC (Wright-Patterson Air Force Base, Ohio, projet n° 10073)
    Fuller, J. G., Flying Saucer Fiasco, Magazine Look, 14 mai 1968, pp. 58-63 - Critique du projet Colorado, et du scandale du mémo Low.
    Boffey, Philip M., "UFO Study: Condon Group Finds No Evidence of Visits from Outer Space", Science, vol. 163, 17 janvier 1969, pp. 260-62.
    McDonald, J. E., "UFOs And The Condon Report - A Scientist's Critique", Synthèse d'une Talk présentée au Dupont Chapter of The Scientific Research Society of America (RESA), Wilmington, Delaware, 12 février 1969.
    "Condon Study Rebuts UFOs; Critics Offer Own Version", Physics Today, vol. 22, n° 3, mars 1969, p. 67, p. 71.
    "Edward Condon: A physicist Never Afraid of a Fight", Physics Today, vol. 22, n° 3, mars 1969, pp. 66-67.
    Hynek, J. A., "The Condon Report and UFOs", Bulletin of the Atomic Scientist, avril 1969, pp. 39-42.
    Baker, R. M. L., Jr. "The UFO Report: Condon Study Falls Short", Scientific Research, 14 avril 1969, p. 41 — Critique du Rapport Condon suite à sa parution.
    Armagnac, Alden P., "Condon Report on UFOs: Should You Believe It?", Popular Science, avril 1969, pp. 72-76.
    McDonald, J. E., "The Dissenting View", Engineering Opportunities, avril 1969, p. 33.
    Hersey, Irwin, "UFOs and the Condon Report: Are All the Answers in?", Engineering Opportunities, avril 1969, pp. 39-42.
    Mallan, Loyd, "The Condon Report: Fact or Fiction?", Science and Mechanics, 40.5, mai 1969, pp. 38-40, 86,88,90.
    Page, T. L.: "Scientific Study of Unidentified Flying Objects", American Journal of Physics, octobre 1969, vol. 37, n° 10, pp. 1071-1072 — Critique du Rapport Condon suite à sa parution, et peu avant le symposium de l'AAAS sur les ovnis.
    McDonald, J. E.: "The Condon Report", Icarus, vol 11, n° 3, novembre 1969, pp. 443-447.
    Friedman, Stanton T. et Slate, B. Ann, "Une étude "secrète" de la Force Aérienne dit que les ovnis sont réels", Rapport ovni Saga, p. 28, Vol. 1, n° 5— Sur le rapport spécial n° 14 du Projet Blue Book, étude statistique préparée par le BMI
    Fuller, J. G., Aliens in the Skies: The Scientific Rebuttal to the Condon Committee Report, Putnam, 1969


    Préface du Rapport

     

    Le 31 août 1966, le colonel Ivan C. Atkinson, Directeur Executif Adjoint du Bureau de la Recherche Scientifique de l'Air Force, adressa une lettre à l'Université du Colorado. Dans celle-ci il décrit la conviction de l'AFOSR qu'une investigation scientifique des objets volants non identifiés menée entièrement hors de la juridiction de l'Air Force serait d'une signification inhabituelle du point de vue de l'intérêt scientifique comme de la préoccupation du public pour le sujet. Le colonel Atkinson demanda que l'Université du Colorado participe à cette investigation en tant qu'institution autorisée. On demanda à l'Université d'entreprendre cette étude scientifique avec la garantie inconditionnelle que les scientifiques impliqués auront une liberté complète de concevoir et développer des techniques pour l'investigation des diverses questions physiques et psychologiques levées en conjonction avec le phénomènon en accord avec leur meilleur jugement scientifique.

    La demande l'AFOSR faisait suite à la recommandation faite en Mars 1966, d'un panel ad hoc du Comité de Conseil Scientifique de l'Air Force des Etats-Unis, présidé par le Dr. Brian O'Brien. Par la suite, en tant que président de l'Advisory Committee to the Air Force Systems Command de l'Académie Nationale des Sciences-Conseil National de Recherche, le Dr. OBrien avait conseillé l'AFOSR sur l'adéquation de l'Université du Colorado en tant qu'institution autorisée.

    Suite à la réception de la demande du colonel Atkinsons au nom de l'AFOSR, l'administration de l'Université et les membres intéressés de la faculté discutèrent du projet d'étude. Le sujet fut reconnu comme étant à la fois élusif et controversé dans ses aspects scientifiques. Pour cette seule raison, il y eut une réticence compréhensible de la part de nombreux scientifiques à entreprendre une telle étude. Les scientifiques hésitent à investir de leur temps dans une recherche qui n'apparaît pas raisonnablement offrir de claires avenues par lesquelles un progrès défini pourrait être fait. De plus, le sujet avait atteint une notoriété considérable au fil des années. De nombreux livres et articles de magazines populaires avaient accusé l'Air Force de ne pas consacrer plus d'attention au sujet ; d'autres avaient critiqué l'Air Force pour avoir porté une attention quelconque aux ovnis.

    Ayant ces faits à l'esprit, l'administration de l'Université conclut qu'elle avait une obligation vers le pays de faire ce qu'elle pouvait pour clarifier une queston embrouillée et troublée tout en rendant complètement certain que les standards académiques et scientifiques les plus élevés seraient maintenus. Heureusement, le Dr. Edward U. Condon, professeur de physique et Fellow du Joint Institute for Laboratory Astrophysics, partageait cette préoccupation et souhaitait accepter d'être nommé directeur scientifique du projet. Désignés comme enquêteurs principaux avec le Dr. Condon furent le Dr. Stuart Cook, professeur et président du Département de Psychologie, et le Dr. Franklin E. Roach, physicien spécialisé dans la physique atmosphérique à l'Environmental Science Services Administration. Assistant Dean Robert J. Low of the Graduate School fut nommé coordinateur du projet.

    L'Université entreprit l'étude à la seule condition qu'elle soit conduite comme un projet de recherche scientifique normal, sujet au seul jugement scientifique professionnel du directeur et de ses assistants. Une indépendance de tout contrôle par l'agence granting fut garantie non seulement par les assertions du colonel Atkinson, mais aussi par la provision que le rapport complet des conclusions de l'étude serait rendu accessible au public.

    De plus l'Université reconnu que cette étude, en tant que 1ère entreprise à une large échelle dans ce domaine, aurait un effet séminal. Elle désira par conséquent la coopération de la communauté scientifique dans son ensemble. Des assurances de soutient et conseil were forthcoming from such institutions as the Centre National pour la Recherche Atmosphérique (NCAR) et l'Environmental Science Services Administration (ESSA), et de la part de nombreux scientifiques et d'institutions scientifiques dans d'autres parties du pays.

    L'Université accueilli aussi avec bienveillance un arrangement par lequel les méthodes et résultats de l'étude seraient examinés de manière critique à la conclusion du projet. Cette coopération fut étendue par l'Académie Nationale des Sciences, qui annonça dans son News Report d'octobre 1966 que l'Académie avait accepté d'examiner l'étude de l'Université du Colorado à son achèvement en 1968. Acceptant sans hésiter cet examen indépendant de l'étude, l'AFOSR annonça qu'il considérerait l'examen de la NAS comme une vérification indépendante de plus de la validité technique de la méthode de cette investigation.

    En octobre 1966, le directeur scientifique assembla une équipe modeste centrée sur le campus de l'Université à Boulder et le travailla commença. De plus, des accords furent passé entre l'Université des institutions telles que le NCAR, les Instituts de l'ESSA, l'Institut de Recherche de Stanford et l'Université de l'Arizona pour les services scientifiques et techniques de personnes dans des domaines de connaissance spécialisés touchant au sujet à l'étude. Il devint ainsi possible d'étudier des sujets spécifiques à la fois à Boulder et ailleurs et to bring to bear upon the données recueillies par les équipes d'enquête sur le terrain du projet quelle que soit l'expertise nécessaire pour une analyse complète de l'information.

    Le rapport de l'étude qui fut menée au cours des 18 mois suivants est présenté dans les pages qui suivent. Il est conséquent et divers dans les sujets qu'il traite, qui vont de l'histoire à l'examen critique de rapports de témoins occulaires ; de l'analyse en laboratoire à la présentation de principes scientifiques généraux. Aucune prétention de perfection n'est faite dans cette étude ou concernant ses résultats, puisque comme toute entreprise scientifique, elle aurait pu être encore améliorée — en particulier du point de vue avantageux rétrospectif. Le lecteur devrait donc garder à l'esprit que cette étude représente la 1ère tentative par un groupe de scientifiques et spécialistes hautement qualifiés d'examiner froidement et de manière dépassionnée un sujet qui a éveillé l'imagination et les émotions de certaines personnes et en a intrigué de nombreuses autres. L'étude de personne ne peut répondre à toutes les questions ; mais elle peut désigner de nouvelles lignes de recherches, elle peut éliminer certaines idées comme non fructueuses pour une étude ultérieure, et elle peut au moins enterrer certaines rumeurs, exaggérations et imaginations.

    Thurston E. Manning
    Vice-President des Affaires Académiques
    Boulder, Colorado
    31 octobre 1968


    http://rr0.org/data/1/9/6/8/CondonReport/preface.htm

     

    Conclusions et recommandations


    Edward U. Condon

     

    Nous pensons que les données et les résultats existants de l'Etude Scientifique des Objets volants Non Identifiés de l'Université du Colorado, présentés en détail dans les sections suivantes, soutiennent les conclusions et recommandations qui suivent.

     

    Comme son titre l'indique, cette étude s'est attachée à tenter d'apprendre des rapports d'ovnis tout ce qui peut être considéré comme un apport à la connaissance scientifique. Notre conclusion générale est que rien n'a débouché de l'étude des ovnis dans les 21 dernières années qui a apporté à la connaissance scientifique. Un examen attentif des données qui nous ont été accessibles amène à conclure qu'une étude complète plus poussée ne peut probablement pas être justifiée en espérant que la science en soit avancée.

     

    Il a été indiqué que ce manque de contribution à la science resulte du fait que peu d'effort scientifique a été consacré au sujet. Nous ne sommes pas d'accord. Nous pensons que la raison du peu d'étude scientifique sur le sujet est que les scientifiques les plus directement concernés, les astronomes, physiciens de l'atmosphère, chimistes, et psychologues, ayant amplement l'occasion de se pencher sur le sujet, ont chacun décidé que les phénomènes ovnis n'offrent pas un domaine fructueux où chercher des découvertes scientifiques majeures.

    Cette conclusion est si importante, et le public semble en général avoir une si piètre compréhension du fonctionnement des scientifiques, que des commentaires supplémentaires sont souhaitables à son sujet. Chaque personne qui choisit de faire une carrière dans la recherche scientifique choisit un domaine général de large spécialisation dans lequel acquérir une compétence. Au sein de ce domaine il recherche des domaines spécifiques dans lesquels travailler. Pour ce faire il se tient au courant de la littérature scientifique publiée, assiste aux réunions scientifiques, où des rapports sur les progrès en cours sont fournis, et discute avec énergie de ses intérêts et de ceux de ses collègues à la fois face-à-face et par correspondance avec eux. Il est motivé par une curiosité active sur la nature et par un désir personnel de contribuer à la science. Il est constamment à la recherche d'erreurs et d'incomplétudes dans les efforts réalisés dans ses domaines d'intérêt, et cherche de nouvelles idées sur de nouvelles manières de s'attaquer à de nouveaux problèmes. De cet effort débouche des décisions personnelles sur l'endroit où son propre effort peut être le plus fructueux. Ces décisions sont personnelles au sens où il doit estimer ses propres limitations intellectuelles, et les limitations inhérentes à la situation de travail où il se trouve lui-même, y compris les limites de soutien de son travail, ou son implication dans d'autres engagements scientifiques préexistants. Alors que des erreurs de jugement individuelles puissent arriver, il n'est généralement pas vrai que l'ensemble des scientifiques cultivant activement un domaine donné de la science se trompent pendant longtemps.

     

    Même en concédant que l'ensemble du corps de la science "officielle" puisse être dans l'erreur pendant un moment, nous pensons qu'il n'y a pas de meilleure manière de corriger l'erreur que de donner libre cours aux idées de scientifiques individuels quant à prendre les décisions concernant les directions dans lesquelles le progrès scientifique est le plus susceptible d'être fait. Pour un travail légal les personnes censées recherchent un mandataire, et pour le traitement médical les personnes censées recherchent un médecin qualifié. La meilleure garantie de la nation d'une excellence scientifique est de laisser le processus de prise de décision au jugement individuel et collectif de ses scientifiques.

     

    Les scientifiques ne sont pas respectueux de l'autorité. Notre conclusion que l'étude des signalements d'ovnis n'est pas susceptible de faire avancer la science ne sera pas acceptée par eux sans critiques. Pas plus qu'elle ne devrait, ni que nous souhaitions qu'elle le soit. Pour les scientifiques, nous espérons que la présentation analytique détaillée de ce que nous avons été en mesure de faire, et de ce que nous n'avons pas pu faire, les aideront à décider si oui ou non ils s'accordent avec nos conclusions. Notre espoir est que les détails de ce rapport aideront d'autres scientifiques à voir quels sont les problèmes et les difficultés d'y faire face.

    S'ils s'accordent avec nos conclusions, ils tourneront leur attention et leurs talents valeureux ailleurs. S'ils sont en désaccord ce sera parce que notre rapport les aura aidé à atteindre une image claire de où les études existantes possèdent des failles ou sont incomplètes et aura par là même stimulé les idées pour des études plus précises. S'ils ont effectivement de telles idées et peuvent les formuler clairement, nous n'avons aucun doute que le soutien viendra pour mener de telles études spécifiques clairement définies. Nous pensons que de telles idées de travail devraient être soutenues.

     

    Certains lecteurs pourraient penser que nous nous sommes maintenant égarés dans une contradiction. Auparavant nous avons dit que nous ne pensions pas que l'étude des signalements d'ovnis était succeptible d'être une direction fructueuse d'avancement scientifique ; maintenant nous venons juste de dire que les personnes avec de bonnes idées pour des études spécifiques dans ce domaine devraient être soutenues. Ce n'est pas une contradiction. Bien que nous concluions après près de 2 ans d'étude intensive que nous ne voyions pas quelque lignes d'avancement fructueuse issue de l'étude des signalements d'ovnis, nous pensons que tout scientifique avec une formation et un crédit adéquat qui arrive avec une proposition d'étude spécifique clairement définie devrait être soutenu.

     

    Ce que nous disons ici a été dit dans un contexte plus général il y a près d'un siècle par William Kingdon Clifford, un grand physicien mathématique anglais. Dans ses Buts et Instruments de la Pensée Scientifique il l'exprime lui-même de cette manière :

     

    Souvenez-vous, alors, que [la pensée scientifique] est le guide de l'action ; que la vérité à laquelle elle arrive n'est pas celle que nous pouvons idéalement comtempler sans erreur, mais celle sur la base de laquelle nous pourrions agir sans peur ; et vous ne pouvez pas ne pas voir que la pensée scientifique n'est pas un accompagnement ou une condition du progrès humain, mais le progrès humain en lui-même.

     

    De la même manière que des scientifiques individuels peuvent faire des erreurs de jugement quant aux directions fructueuses pour l'effort scientifique, tout administrateur individuel ou comité en charge de décider du soutien financier à des propositions de recherche peut également faire une erreur de jugement. Cette possibilité est minimisée par l'existence de canaux parallèles, pour considération par plus d'un seul groupe, des propositions de projets de recherche. Dans la période depuis 1945, le gouvernement fédéral a évolué en une machinerie souple et efficace pour accorder une considération attentive aux propositions de scientifiques correctement qualifiés. Ce qui pourrait sembler à certains une machinerie dupliquée agit en fait comme une sauvegarde contre les erreurs faites par tel corps officiel individuel. Même dans ce cas, des erreurs peuvent être faites par le danger est réduit presque à zéro.

     

    Par conséquent nous pensons que l'ensemble des agences du gouvernement fédéral, tout comme les fondations privées, devraient être disposées à considérer les propositions de recherche sur les ovnis comme les autres qui leur sont soumises avec ouverture d'esprit et sans compromis. Alors que nous ne pensons pas actuellement que quoi que ce soit d'intéressant soit susceptible de déboucher d'une telle recherche chaque cas individuel devrait être considéré avec attention sur ses propres mérites.

     

    Cette formulation comporte avec elle le corrolaire que nous ne pensons pas qu'à cette époque le gouvernement fédéral doive mettre en place une nouvelle agence majeure, comme certains l'ont suggéré, pour l'étude scientifique des ovnis. Cette conclusion pourrait ne pas être vraie indéfiniment. Si, par le progrès de la recherche basée sur de nouvelles idées dans ce domaine, il apparaît alors intéressant de créer une telle agence, la décision de le faire pourrait être prise à ce moment.

     

    Nous voyons qu'il existe des domaines importants de l'optique atmosphérique, y compris la propagation des ondes radio, et de l'électricité atmosphérique dans lesquels la connaissance actuelle est relativement incomplète. Ces sujets sont venus à notre attention en relation avec l'interprétation de certains signalements d'ovnis, mais ils sont également d'un intérêt scientifique fondamental, et relèvent de problèmes pratiques liés à l'amélioration de la sûreté des vols militaires et civils.

     

    Des efforts de recherche sont actuellement menés dans ces domaines par le Département de la Défense, l'Administration des Services de Science Environmentale, l'Administration Nationale de l'Aéronautique et de l'Espace, et par des universités et des organisations de recherche à but non lucratif telles que le Centre National pour la Recherche Atmosphérique, dont le travail est soutenu par la Fondation Nationale pour la Science. Nous recommendons ces efforts. By no means should our lack of enthusiasm for study of UFO reports as such be misconstrued as a recommendation that these important related fields of scientific work not be adequately supported in the future. A une époque de développement majeur du voyage aérien, d'exploration de l'espace, et d'activités aérospatiales militaires, tout ce qui est possible devrait être fait pour améliorer notre compréhension de base de l'ensemble des phénomènes atmosphériques, et pour améliorer la formation des astronautes et pilotes d'appareils dans la reconnaissance et la compréhension de tels phénomènes.

     

    Comme le lecteur de ce rapport pourra le juger facilement, nous avons concentré l'attention presque entièrement sur les sciences physiques. Ce fut en partie une question de définir des priorités et ne partie parce que nous avons trouvé plutôt moins de personnes may have expected in the way of psychiatric problems related to belief in the reality of UFOs comme des appareils de civilisations distantes galactiques ou intergalactiques. Nous pensions que l'étude rigoureuse des croyances — non soutenues par des éléments valides — held by individuals and even by some groups might prove of scientific value to the social and behavioral sciences. Il n'y a pas d'implication ici que la psychopathologie d'un individu ou d'un groupe soit un domaine d'étude principal. Les signalements d'ovnis offrent des défis intéressants à l'étudiant en processus cognitifs dans la mesure où ils sont affectés par des variables individuelles et sociales. By this connection, nous concluons qu'une analyse de contenu de la couverture presse et télévisée des signalements d'ovnis pourraient révéler des données de valeur à la fois pour le sociologue et le spécialiste des communications. L'absence d'une telle étude dans le rapport présent est due à un jugement de notre part que d'autres domaines d'enquête ont été d'une priorité supérieure. Nous ne suggérons pas, cependant, que le phénomène ovni soit, par nature, plus adapté à l'étude dans ces disciplines que dans les sciences physiques. Au contraire, nous concluons que la même spécificité dans la recherche proposée dans ces domaines et aussi souhaitable qu'elle l'est dans les sciences physiques.

     

    La question reste quant à, s'il doit en faire quelque chose, ce que devrait faire le gouvernement des signalements d'ovnis qu'il reçoit du grand public. Nous sommes enclins à penser que rien ne pourrait être fait par eux s'ils s'attendent à contribuer à l'avancement de la science.

     

    Cette question est indissociable de la question de l'intérêt pour la défense nationale de ces signalements. L'histoire des 21 dernières années a amené de manière répétée les officiers de la Force Aérienne à la conclusion qu'aucune des choses vues, ou pensées être vues, passant par le nom de signalements d'ovnis, n'a constitué un danger ou menace quelconque pour la sécurité nationale.

     

    Nous avons pensé qu'il était hors de notre province de tenter une évaluation indépendante de cette conclusion. Nous avons adopté l'attitude que, sans essayer d'assumer la responsabilité de défense qui est celle de l'Air Force, si nous tombons sur de quelconques éléments qui nous semblaient indiquer un danger pour la défense nous attirerions l'attention de l'Air Force en cette occasion. Nous n'avons pas trouvé de telle preuve. Nous ne voyons aucune raison de remettre en question la conclusion de l'Air Force que l'ensemble de la classe des rapports d'ovnis considérés jusqu'ici ne pose pas de problème de défense.

     

    Dans le même temps, cependant, la base pour atteindre une opinion de ce type est que de tels rapports aient reçu une attention, 1 par 1, à mesure qu'ils soient reçus. S'ils aucune attention d'une sorte ou d'une autre ne leur avait été accordée, nous ne serions pas dans la position de nous sentir confiants par rapport à cette conclusion. Par conséquent il semble qu'autant d'attention pour le sujet ne doive être accordé que quand le Département de la Défense le considère nécessaire d'un point de vue de défense strictement. Le niveau d'effort ne devrait pas être augmenté à cause d'arguments selon lequel le sujet à une importance scientifique, so far as present indications go.

     

    Notre impression est que la fonction de défense pourrait être réalisée au sein du cadre établi pour les opérations de renseignement et de surveillance sans la continuation d'une unité spéciale comme le projet Blue Book, mais ceci est une question de spécialistes de la défense plutôt que de chercheurs scientifiques.

    Il a été affirmé que le sujet avait été enveloppé d'un secret officiel. Nous concluons le contraire. Nous n'avons aucun indice de secret concernant les rapports d'ovnis. Ce qui a à tort été qualifié de secret n'a été rien de plus qu'une politique intelligente de délai dans la diffusion des données de manière à ce que le public ne soit pas troublé par la publication prématurée d'études de rapports incomplètes.

     

    Le sujet des ovnis a été largement mal représenté au public par un petit nombre d'individus ayant fait des présentations sensationalisées dans des écrits et des conférences publiques. Autant que nous puissions en juger, pas beaucoup de gens n'ont été dûpés par un tel comportement irresponsable, mais quel qu'en ait été l'effet il a été mauvais.

     

    Un problème lié vers lequel nous souhaitons attirer l'attention publique est la mauvaise éducation dans nos écoles qui vient du fait que de nombreux enfants sont autorisés, si ce n'est activement encouragés, à consacrer leur temps d'étude de la science à lire des livres et des articles de magazines sur les ovnis du type auquel il est fait référence dans le paragraphe précedent. Nous pensons que les enfants sont en danger éducatif en absorbant des choses défaillantes et erronées comme si elles étaient scientifiquement fondées. Une telle étude est dangereuse non seulement en raison de la nature erronée des données en eux-mêmes, mais aussi parce qu'une telle étude retarde le développement d'une faculté critique concernant la preuve scientifique, qui à un certain degré devrait faire partie de l'éducation de tout américain.

     

    Par conséquent nous recommandons vivement que des enseignants se gardent d'accorder crédit à des étudiants pour un travail scolaire basé sur leur lecture des livres et articles de magazines actuellement disponibles sur les ovnis. Les enseignant trouvant leurs étudiants fortement motivés dans cette direction devraient tenter de canaliser leurs intérêts dans la direction d'une étude sérieuse de l'astronomie et de la météorologie, et dans la direction d'une analyse critique des arguments de propositions fantastiques soutenues par l'appels à des raisonnements fallacieux ou de données fausses.

     

    Nous espérons que les résultats de notre étude se révèleront utiles pour les scientifiques et ceux responsables de la formation de la politique publique en général dans le traitement de ce problème que nous cotoyons maintenant depuis 21 ans.

     

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